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Malgré les coups, Laurence Jalbert veut chanter pour vivre

Laurence Jalbert

Laurence Jalbert

Photo : Label

Angie Landry
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La chanteuse Laurence Jalbert est tout feu tout flamme : elle a surmonté un cancer, elle assume maintenant sa voie (et sa voix) plus country et elle amorce, à 60 ans, une nouvelle tournée qui lui permettra de présenter Au pays de Nana Mouskouri, son nouvel album, qui sort vendredi. Rencontre avec celle pour qui la chanson a été une bouée de sauvetage.

D'après une entrevue menée par Catherine Richer

Elle a les yeux pétillants, elle dégage une énergie à tout rompre, et son sourire ne ment pas. Laurence Jalbert est de retour, après des mois plus difficiles, et elle se dit prête à tout.

« Un jour, quelque part, je ne me souviens pas de la date ni du lieu ou de l’heure, mais j’ai décidé d’avoir ce sourire-là. Je traverse des périodes difficiles, et personne ne s’en rend compte à cause de mon sourire. Mais ils n’ont pas besoin de s’en rendre compte. J’aime mieux me promener avec les yeux pétillants, parce que je suis en amour avec la vie », confie-t-elle, d’entrée de jeu, en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

La douceur et les marques

L’année 2019 restera marquée au fer rouge dans la vie de la Gaspésienne d’origine. Avoir 60 ans, selon elle, c’est un chemin qui se traverse en enjambant plusieurs étapes. Certaines sont merveilleuses, d’autres, ténébreuses. Quarante ans, c’est l’idéal pour une femme. Tout est à sa place. Moi, je m’étais arrangée pour en arriver là et la vie en avait fait une bonne partie pour que je voie les choses de cette façon. J’étais en pleine possession de toutes mes décisions et de mes moyens.

Elle admet que son passage à la cinquantaine a été plus difficile, voire brutal.[C'est] plus rough, mais je parle pour moi. Je me suis comme effondrée. Dépression majeure, avec psychose et tout, mais j’ai le syndrome de la femme forte. Elle ajoute que la conjoncture du moment et une relation conjugale toxique ont aussi contribué à son « effondrement ».

C’est son fils, Nathan, qui l'a amenée vers une prise de conscience et qui lui a insufflé le courage pour mieux remonter la pente ensuite. Il m’a dit : "Maman, je ne te reconnais plus. Toi qui riais tout le temps avant, tu ne ris plus jamais."

À ce moment, je suis tombée comme un fœtus sur le plancher. C’est ce qui a fait exploser toute la somme de peines, de douleurs que j’avais à l’intérieur.

Une citation de :Laurence Jalbert

Malgré une dépression majeure, elle a continué à travailler. Et ce n’est pas fou. Moi, je n’ai fait que ce que j’aime.

À huit heures moins cinq, avant chaque show, je retrouvais la « petite fille ». J’avais les yeux bouffis, j’avais braillé toute la journée, j’avais mangé une cuillère de gruau le matin, mais quand on me disait : "Stand by, 5 minutes pour le show", je regardais mes musiciens, je disais : "OK, on y va", et il y avait quelqu’un d’autre qui apparaissait derrière moi. C’était la petite Lison, de 7 ou 8 ans, qui chantait dans la balançoire avec ses lulus jaune orange. Je la retrouvais de soir en soir.

À 60 ans, c’est l’aboutissement, un retour à l'équilibre, selon la chanteuse.

« Je ne voulais plus faire d’albums. »

Récemment, Laurence Jalbert a reçu un autre uppercut, physique cette fois. Toutefois, recevoir un diagnostic de cancer des ovaires n’a pas été une raison pour elle de mettre en plan sa passion, la chanson.

Je cherchais des dates avec mon docteur pour mon opération, et je disais : "Non, pas celle-là, je suis en studio!" dit-elle en ricanant. Si on m’avait dit que je n’avais pas le choix d’y aller, c’est certain que je l’aurais fait. Je ne suis pas folle! Mais j’ai quelque chose à comprendre de chaque bobo que j’ai.

L’album, malgré tout, a été enregistré.

Au pays de Nana Mouskouri, un hommage aux grands succès de cette chanteuse, avec des titres à saveur country et folk, a vu le jour « dans le bonheur », dit Laurence Jalbert. C’est pour ma maman. C’est pour elle que j’ai fait cet album-là.

Je ne voulais plus faire d’albums. Je donne trois ou quatre jours par semaine, je m’amuse, j’ai la chance d’avoir des shows tout le temps... Me stresser avec un album? Pas sûre. Et, est arrivée cette conversation que j’ai eue avec mon agent, le même que Mario Pelchat.

Cette idée d’un album consacré à Nana Mouskouri, chanté par une seule interprète, est venue la frapper d’un trait.

J’ai dit : "C’est moi ça. Sors-moi une chanson du répertoire de Nana Mouskouri, je te la chante tout de suite."

Une citation de :Laurence Jalbert

Avec une voix qui traverse les âges et plus posée qu’au début de la carrière de la chanteuse, celle-ci s’approprie l’œuvre emblématique de Mouskouri, la met au goût du jour avec un mélange qui colle au son rocailleux et typique de Laurence Jalbert.

Quand Mario pensait au projet, c’était un album country, et encore plus quand je suis embarquée dedans. N'ayez pas peur du country. J’ai décidé d’embarquer complètement dans cette musique, que j’ai toujours aimée.

C’est ce que j’ai toujours fait. Pour mes premières compositions (Tomber, ou Au nom de la raison), les arrangements de voix étaient country. Je fais juste me remettre où j’étais. Le public, il est tellement extraordinaire.

Une citation de :Laurence Jalbert

Cette musique qu’elle embrasse désormais totalement, elle la présentera dès samedi dans le spectacle Pionnières, au Festival western de St-Tite, en Mauricie.

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