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Un tapis rouge au TIFF pour la réalisatrice de l’Outaouais, Ariane Louis-Seize

La réalisatrice Ariane Louis-Seize

Photo : Radio-Canada

Marilou Lamontagne

Le 44e Festival international du film de Toronto (TIFF) vient de s’ouvrir. Pendant les 11 jours de l’événement, des centaines de films seront présentés, dont certains en première mondiale. Parmi eux, il y aura Les Profondeurs, le plus récent court métrage d’Ariane Louis-Seize, une réalisatrice originaire de l’Outaouais à qui certains promettent une riche carrière.

Quelques jours avant de quitter en direction du Bas-Saint-Laurent pour le tournage de son prochain et sixième court métrage, Ariane Louis-Seize effectue un arrêt à Toronto au prestigieux TIFF.

Si Les Profondeurs est présenté en première mondiale, ce n’est pas une première pour la réalisatrice de 33 ans à ce festival du film parmi les plus importants dans le monde. En 2016, elle y avait déjà présenté La Peau sauvage, et en 2018, Les Petites Vagues.

Quand c’est ta première mondiale, tu ne l'as pas testé, ton film. Tu n’as aucune idée quelle réception, pis tu ne sais pas quelle vie il va avoir non plus. De te faire dire oui par un festival comme le TIFF, ça part bien la carrière du film, c’est vraiment une belle tape dans le dos, affirme la réalisatrice et scénariste.

Ariane Louis-Seize est debout et souriante.

La réalisatrice Ariane Louis-Seize est originaire de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Une envie de raconter

Son amour pour les histoires et les personnages ne date pas d’hier. Déjà au primaire, la jeune Ariane écrit des nouvelles littéraires et des pièces de théâtre.

C’est au cégep qu’elle découvre le cinéma, un médium qui offre la possibilité de raconter des histoires différemment.

Il y a quelque chose d’intéressant d'aller chercher, d'essayer d’exprimer ce qui n’est pas exprimable avec les mots par les images et les métaphores, et d’essayer de créer une espèce de connexion entre le spectateur et le personnage, explique Ariane Louis-Seize. [C’est] important pour moi de créer ces ambiances-là, qui sont le reflet du monde intérieur des personnages.

Ariane Louis-Seize est debout à côté de son caméraman et regarde en direction d'un moniteur.

Ariane Louis-Seize en train de faire des essais de caméras.

Photo : Radio-Canada

Dans son cinéma, elle invente des univers où le réalisme et l’onirisme se marient, avec comme point d’ancrage les personnages de l'intrigue. Son sujet de prédilection : la jeune femme en quête.

Je trouve que c’est important de créer des personnages féminins qui sortent des archétypes de ce qu’on est habitué de voir.

Ariane Louis-Seize, réalisatrice et scénariste

En effet, la scénariste et réalisatrice aime porter à l'écran des personnages féminins forts, et c’est à travers eux qu’elle traite de sujets sensibles et tente de briser des tabous. Dans Les Petites Vagues, par exemple, elle aborde la découverte du plaisir sexuel par la masturbation.

Le passage à la vie adulte [...] a quelque chose d'extrêmement riche. Il y a beaucoup de films de "coming of age" [NDLR : récit initiatique] qui m'inspirent, qui ont été faits dans les dernières années, mais c’est quelque chose qui va toujours exister et c’est une source inépuisable d’inspiration, précise la réalisatrice.

Un style bien à elle

Ariane Louis-Seize se démarque par les sujets qu’elle porte à l’écran. Sa façon de les mettre en scène la distingue aussi. Selon des observateurs avisés du cinéma québécois, les scénarios qu’elle met en image sont tout en profondeur, avec une touche de sensualité.

Ce qu’il y a d’important pour une artiste, c’est de porter quelque chose. C’est certain qu’il y a de très beaux talents, mais Ariane a, dès ses premiers films, une voix singulière, soutient la directrice générale de Québec Cinéma, Ségolène Roederer.

Elle a des choses à dire, pis ça vient du ventre et c’est bien maîtrisé, donc c’est une énorme force.

Ségolène Roederer, directrice générale de Québec Cinéma
Ségolène Roederer est debout devant des affiches de cinéma.

Ségolène Roederer est la directrice générale de Québec Cinéma

Photo : Radio-Canada

Cette touche personnelle se fait de plus en plus remarquer, au point qu’elle figure comme une réalisatrice en pleine ascension aux yeux de bien des gens dans l’industrie.

C’est vraiment merveilleux quand une femme a le talent et l’assurance d'avancer. Et c’est clair qu’on est très heureux de ce succès-là, [...] que ça rejaillit sur tout le monde… C’est un beau modèle et c’est en même temps quelqu’un qui est train de se lancer dans sa carrière, déclare la directrice générale de Québec Cinéma, Ségolène Roederer.

Depuis la fin de ses études à l’Institut national de l'image et du son, il y a six ans, Ariane Louis-Seize enchaîne les projets de court métrage.

Elle souhaite maintenant s’attaquer à son premier long métrage, dont elle a débuté l’écriture. Le projet, qui pourrait s'intituler Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, pourrait voir le jour d’ici quatre ans.

Ottawa-Gatineau

Cinéma