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Washington en pourparlers avec les rebelles houthis au Yémen

Les forces de sécurité loyales aux séparatistes du sud du Yémen à Aden.

Le conflit au Yémen a dévasté le pays et affamé les populations.

Photo : Reuters / Fawaz Salman

Agence France-Presse

Les États-Unis ont confirmé jeudi être en pourparlers avec les rebelles houthis du Yémen, pour la première fois sous l'administration de Donald Trump, afin de trouver une solution « acceptable » à un conflit qui dévaste ce pays pauvre, où s'est embourbé leur allié saoudien.

L'annonce a été faite par un diplomate américain de haut rang au cours d'une visite en Arabie saoudite, pays qui mène depuis cinq ans une coalition militaire au Yémen contre les Houthis.

C'est la première fois qu'un responsable américain de l'administration Trump évoque publiquement des pourparlers entre les États-Unis et les rebelles houthis, accusés de proximité avec l'Iran, ennemi commun de Riyad et Washington.

Cette rébellion s'est emparée de la capitale Sanaa en 2014 et contrôle depuis de larges portions du nord du pays, l'intervention de la coalition menée par l'Arabie saoudite ne parvenant pas à changer la donne.

Nous avons [...] des pourparlers dans la mesure du possible avec les Houthis pour essayer de trouver une solution négociée mutuellement acceptable au conflit.

David Schenker, secrétaire d'État adjoint aux affaires du Proche-Orient

Nous nous concentrons [...] sur les efforts visant à mettre fin à la guerre, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse depuis la base aérienne d'Al-Kharj, au sud de Riyad.

Nous travaillons avec [l'émissaire de l'ONU au Yémen] Martin Griffiths et nous sommes en contact étroit avec nos partenaires saoudiens, a-t-il relevé.

M. Schenker n'a pas précisé la nature des contacts avec les rebelles yéménites ni le lieu des pourparlers.

L'ambassadeur des États-Unis au Yémen et d'autres diplomates américains parlent à tous les Yéménites pour promouvoir les objectifs des États-Unis dans le pays, a confirmé un responsable du département d'État à Washington.

Nous sommes déterminés à appuyer un accord politique global qui mettra fin au conflit et à la situation humanitaire dramatique, a-t-il ajouté.

Au cours de la visite de M. Schenker sur la base d'Al-Kharj, les gradés saoudiens lui ont fait un exposé sur les opérations militaires au Yémen. Ils ont également montré des débris de missiles tirés sur leur pays par les Houthis, qu'ils disent être de fabrication iranienne.

Les États-Unis s'efforcent d'empêcher la contrebande d'armes vers les Houthis, a souligné M. Schenker, en condamnant ces attaques contre l'Arabie saoudite.

C'est une priorité pour nous, a-t-il assuré.

Nous ne confirmons pas ni ne démentons. Mais nous sommes ouverts à tout le monde, à l'exception de l'entité sioniste, a de son côté réagi auprès de l'AFP un dirigeant des Houthis, Hamid Assem, en référence à Israël.

Que les États-Unis disent qu'ils nous parlent est une grande victoire pour nous, a ajouté M. Assem, joint par téléphone à partir de Dubaï.

Les discussions avec les Houthis ne se font pas en vase clos, mais très probablement en consultation avec les Saoudiens, a estimé Fatima Abo Alasrar, chercheuse au Middle East Institute, basé à Washington.

Les Houthis ont lancé un déluge de drones et de missiles balistiques vers des installations saoudiennes vitales après une récente flambée des tensions américano-iraniennes, a-t-elle noté.

Des hommes armés à bord d’un camion.

Des combattants houthis à bord d’un camion près du palais présidentiel à Sanaa.

Photo : Reuters / Khaled Abdullah Ali Al Mahdi

Un diplomate chevronné pour les pourparlers

Citant des responsables au fait du dossier, le Wall Street Journal (WSJ) avait rapporté mercredi que les États-Unis s'apprêtaient à entamer des pourparlers secrets à Oman avec les dirigeants Houthis dans le but de négocier un cessez-le-feu au Yémen.

L'équipe de négociateurs américains sera dirigée par Christopher Henzel, un diplomate chevronné qui est devenu le premier ambassadeur de l'administration Trump au Yémen en avril, selon le WSJ.

Sous Barack Obama, les responsables américains ont eu de brefs contacts avec les Houthis en juin 2015 afin de les convaincre d'assister à des pourparlers parrainés par l'ONU, qui n'ont pas réussi à mettre fin au conflit.

Depuis 2014, la guerre a fait des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, d'après des ONG. Elle a plongé le Yémen dans la pire crise humanitaire du monde, selon l'ONU.

Des experts de l'ONU ont fait état mardi dans un rapport de la multitude de crimes de guerre qui auraient été commis par les diverses parties depuis le début du conflit.

En réaction, 17 ONG ont de nouveau pressé jeudi la France de cesser immédiatement toute vente d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, autre pilier de la coalition anti-Houthis au Yémen.

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