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Un fragment de doigt qui rappelle celui d’Homo sapiens

Représentation artistique de l'apparence de l'homme de Denisova.

L’analyse d’un fragment de phalange a révélé que certaines parties du squelette des Dénisoviens étaient proches de celui des humains.

Photo : Institut Max Planck

Radio-Canada

L’analyse d’un fragment de phalange a révélé que certaines parties du squelette des Dénisoviens étaient plus proches de celui des Homo sapiens que de celui des Néandertaliens. Une surprise.

On a longtemps pensé que les Dénisoviens, dont l’existence a été établie en en 2010, étaient plus proches sur le plan anatomique des Néandertaliens que des Homo sapiens (humains) avec lesquels ils auraient eu moins de contact.

Fragment de phalange de l'Homme de Denisova, et sa position dans la main.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fragment de phalange de l'Homme de Denisova, et sa position dans la main.

Photo : Musée des sciences naturelles de Bruxelles.

Une morphologie inconnue

Mais leur morphologie restait encore largement méconnue en raison de la minime quantité d’ossements retrouvés.

Les Néandertaliens et les Dénisoviens sont des populations qui se sont chevauchées. Elles ont vécu à la même période, mais pas forcément au même endroit, même si la grotte de Denisova contient des restes des deux.

Eva-Maria Geigl, Institut Jacques Monod associé à l’Université de Paris

Les premiers ossements fossilisés et objets des Dénisoviens ont été retrouvés en 2008 dans la grotte de Denisova, située dans les montagnes de l'Altaï, en Sibérie. Il s'agissait d'un morceau de phalange de la main d'une fillette datant de plus de 60 000 ans. C’est à la suite d’une analyse génétique qu’on a établi en 2010 qu’il s’agissait d’une espèce inconnue du genre Homo.

L'os à la base du petit doigt d'une jeune fille dénisovienne.

Les Dénisoviens ont été identifiés à partir de l'ADN d'un os à la base du petit doigt d'une jeune fille, montré ci-dessus. D'autres ossements ont été découverts par la suite. Ces restes fossilisés sont semblables à ceux des humains modernes et différents du bout du doigt des Néandertaliens.

Photo : Université de Toronto

Repères

  • Les trois espèces se sont séparées il y a environ 400 000 ans;
  • Les Dénisoviens ont quitté l'Afrique vers l'Asie de l'Est;
  • Les Néandertaliens ont mis le cap vers l'Europe et l'ouest de l'Asie;
  • Les Homos sapiens sont sortis d'Afrique il y a seulement 65 000 ans pour gagner l'Eurasie;
  • Les trois espèces se seraient ensuite croisées.

La présente recherche a été réalisée par des équipes françaises, russes et canadiennes associées aux universités de Bordeaux, Paris, Toronto, et de l'académie russe des sciences.

Dans un premier temps, les chercheurs ont mesuré et photographié un autre fragment de phalange, provenant lui aussi de la grotte de Denisova. Grâce à la génomique, ils ont montré que le fragment correspondait à la partie manquante de la phalange qui avait permis, il y a 9 ans, de déchiffrer le génome Dénisovien.

Ces mesures nous ont permis de comparer ce fragment avec d’autres groupes de population, comme les Néandertaliens et les Homo sapiens.

Eva-Maria Geigl
Un fragment de phalange. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L’analyse morphologique du fragment de phalange a montré que cette partie du corps des Dénisoviens se rapproche plus d’Homo sapiens que des Néandertaliens.

Photo : Université de Toronto

Ensuite, les scientifiques ont comparé ce fragment aux phalanges de Néandertaliens et d’humains anatomiquement modernes. Ces analyses ont montré que la phalange est très proche de celles des humains modernes et plus éloignée de celles des Néandertaliens.

Cette proximité contraste ainsi avec les molaires et la mandibule récemment identifiées au Tibet qui possèdent des caractères plus archaïques « rappelant Homo erectus, une population encore plus ancienne, et les Néandertaliens ».

 Des dents.

Des dents de Dénisoviens découvertes sur le plateau tibétain à plus de 3000 mètres d'altitude.

Photo : iStock / Institut Max Planck

Cet ensemble de caractéristiques morphologiques interroge les scientifiques, à la recherche de nouveaux ossements qui permettront de mieux caractériser cette « troisième » humanité.

Le squelette des Dénisoviens semble être comme une mosaïque, qui montre bien que l’évolution n’est pas linéaire.

Eva-Maria Geigl

Le détail de cette analyse est publié dans la revue Science Advance (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Les Homo sapiens ont coexisté avec les hommes de Néandertal et de Denisova, mais aussi avec une autre espèce inconnue à ce jour.

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