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La justice ordonne aux employés de Nemak qui sont en grève de se remettre au travail

Un groupe d'employés portant des chandails et des drapeaux d'Unifor.

Les employés syndiqués de Nemak, à Windsor, sont en grève depuis le 2 septembre dernier.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Rose St-Pierre

La Cour supérieure de justice de l'Ontario a ordonné au syndicat Unifor, qui soutient les employés de l’usine de fabrication de pièces automobiles Nemak, de se conformer à la décision de la Commission des relations de travail de l'Ontario de cesser toutes ses activités de grève.

Jeudi, les employés de Nemak poursuivaient leur grève entamée lundi, à Windsor, même si la Commission des relations de travail de l'Ontario a ordonné aux employés de cesser le débrayage. Les employés bloquaient l’entrée de l’usine du Sud-Ouest de l’Ontario.

Le tribunal a toutefois ordonné que personne ne gêne l'accès aux installations de Nemak Canada Corporation, a indiqué dans un communiqué Nemak après avoir déposé une demande d'injonction jeudi après-midi.

Nemak continuera de prendre toutes les mesures juridiques nécessaires pour relancer la production et maintient son appel aux employés pour un dialogue constructif et bénéfique afin de parvenir conjointement au plan de transition le plus favorable pour les employés, a déclaré l'entreprise.

Des centaines de grévistes

Depuis lundi, les 270 travailleurs syndiqués maintenaient une ligne de piquetage. Ils s’opposent à la décision de l’entreprise de fermer le centre de production de Windsor d’ici un an alors que les employés de Nemak avaient accepté un gel salarial de trois ans pour prolonger le travail à l'usine jusqu'en 2022.

Un jour, on nous a tous emmenés à la cafétéria, un homme de Mexico était ici, il a dit on va fermer l’usine et il est parti, pas de questions, se rappelle Marcel Roy, employé de l’usine depuis huit ans.

On n’a pas eu d'augmentation depuis quatre ans parce qu’on nous a promis qu’on serait ouvert jusqu’en 2022, explique M. Roy, qui espère que Nemak revienne sur sa décision. On a besoin des jobs. Il y a 270 personnes ici. C’est beaucoup de familles.

Dans un communiqué publié mercredi, Nemak avait déclaré vouloir reprendre la production à son usine de Windsor le jour même. Mais les employés ont refusé de se présenter au travail et ont poursuivi les manifestations même si la Commission des relations de travail de l’Ontario avait déclaré que ces actions étaient illégales.

Une grève illégale?

La grève des travailleurs est considérée comme illégale, puisque la convention collective en vigueur n’a pas été rompue même si Nemak a annoncé une fermeture. Selon Louis Durand, professeur en relations industrielles à l’Université Laurentienne, la Commission des relations de travail n'avait, dans ces conditions, pas d'autres choix que de déclarer cette grève comme illégale.

John d’Agnolo, président de la section locale 200 d’Unifor, a affirmé qu’aucune discussion avec la compagnie n’avait eu lieu depuis.

Selon lui, la paralysie de l’usine, imposée par les syndiqués, n’est pas contraire à la loi. Ceux qui agissent de manière illégale, c’est la compagnie en brisant notre contrat, avance-t-il, ajoutant qu’il s’attend maintenant à ce que les gouvernements provincial et fédéral interviennent.

Une femme devant quelques manifestants.

Lisa Gretzky, députée provinciale de Windsor-Ouest pour le Nouveau Parti démocratique de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

De son côté, la députée provinciale Lisa Gretzky, présente sur la ligne de piquetage jeudi, explique qu’elle va communiquer par écrit avec le premier ministre Doug Ford pour lui demander d’intervenir.

Il doit parler à la compagnie, contacter ses homologues fédéraux. Mais surtout, il faut que dorénavant, ces compagnies ne puissent plus agir de la sorte et revenir sur un contrat, souligne la députée.

Le chercheur Louis Durand croit que la voie politique pour que l'entreprise revienne à la table des négociations devrait aussi s'imposer puisqu'elle a reçu des subventions publiques.

Ça pourrait faire un précédent, on pourrait commencer à regarder quelles sont les mesures [...] pour garantir ce qui a été négocié à la table de négociations, explique-t-il.

En 2015, Nemak et le gouvernement provincial ont investi environ 15 millions de dollars à Windsor. L'usine a également reçu près de3 millions de dollars en financement du gouvernement fédéral en 2017, avec l'intention de créer 70 nouveaux emplois.

Nemak n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada au moment de la publication de cet article.

Windsor

Relations de travail