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Mort de baleines noires : des pêcheurs du Maine jettent un blâme sur le Canada

Sur cette photo d'avril 2008, une baleine noire plonge dans les eaux au large de Cape Cod, au Massachusetts.

La baleine noire de l'Atlantique Nord est une espèce en voie de disparition. Il n'en reste qu'environ 400 dans le monde.

Photo : Associated Press / Stephan Savoia

Radio-Canada

L’Association des pêcheurs de homard du Maine se retire d’un plan de protection de la baleine noire de l’Atlantique Nord en disant qu’il était précipité d’adopter des mesures sévères alors que, selon elle, les plus grandes menaces pour cette espèce proviennent du Canada et d'autres équipements de pêche.

La directrice de l’Association, Patrice McCarron, a envoyé une lettre datée du 30 août à la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour l’informer que son groupe n’appuyait plus un accord conclu récemment. L’accord prévoyait une baisse du nombre de cordages de bouées utilisés par les pêcheurs afin de réduire de 60 % le risque que des baleines s’empêtrent dans cet équipement.

Des données prouvent clairement que l’empêtrement dans les eaux canadiennes et les collisions avec des navires sont les principales causes de blessures graves et de morts des baleines noires, affirme Mme McCarron dans sa lettre.

À partir de données recueillies de 2010 à 2018, elle attribue les blessures graves et les morts de baleines noires aux causes suivantes :

  • des collisions avec des navires : 48 %, dont 17 % dans les eaux canadiennes;
  • l’empêtrement dans de l’équipement de pêche au crabe au Canada : 31 %;
  • l’empêtrement dans des filets maillants ou d’autres filets : 13 %;
  • des casiers de propriété indéterminée : 4 %;
  • des casiers américains : 4 %.

L’accord en question a été conclu en avril par un organisme consultatif (Atlantic Large Whale Take Reduction Team) formé de représentants du gouvernement américain, de l’industrie et de groupes environnementaux.

Patrice McCarron a dit à la NOAA que le plan était basé sur des données imparfaites qui surestiment les risques associés à la pêche au homard du nord-est des États-Unis et qui minimisent les risques au Canada et ceux d’autres équipements de pêche.

Sur une plage, une dizaine de scientifiques s'affairent sur la carcasse échouée et autour de celle-ci.

Des biologistes et techniciens dépècent une carcasse de baleine noire à Miscou dans l'espoir de déterminer les causes de la mort du mammifère marin (archives).

Photo : CBC/Gabrielle Fahmy

L’Association ne peut recommander à ses membres de changer leurs habitudes de pêche alors que les baleines noires peuvent toujours s’empêtrer dans d’autres équipements de pêche comme les filets maillants dont on ne tient pas compte dans l’accord, explique Mme McCarron dans sa lettre.

Les autorités américaines se servent de cet accord pour formuler une nouvelle réglementation des pêches qui entrerait en vigueur en 2020.

L’Association dit avoir subi des pressions

Patrice McCarron soutient que les pêcheurs de homard du Maine ont subi des pressions pour accepter un accord afin d’éviter le « péril » d’une évaluation distincte de la NOAA des mesures de réduction des risques de la pêche au homard pour la baleine noire.

La NOAA entend produire un communiqué jeudi pour répondre aux préoccupations de l’Association des pêcheurs de homard du Maine.

Dans une déclaration envoyée à CBC, le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) ne réagit pas directement aux propos de l’Association des pêcheurs de homard du Maine, mais il réitère son engagement envers la protection des baleines noires.

Le Canada a mis en oeuvre une série de mesures destinées à réduire les risques d’empêtrement à la suite du nombre sans précédent de baleines noires trouvées mortes en 2017 dans les eaux canadiennes et américaines, rappelle un porte-parole du MPO, Robin Jahn.

Des environnementalistes pressent les États-Unis de garder le cap

Des environnementalistes canadiens et américains jugent décevante la décision de l’Association des pêcheurs de homard du Maine et ils estiment que des mesures de protection supplémentaires sont nécessaires dans les eaux américaines afin de prévenir l’extinction de la baleine noire.

On estime qu’il reste qu’environ 400 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le monde, dont moins d’une centaine de femelles reproductrices.

Le cordage relié à une bouée enserre la baleine qui nage à la surface de la mer.

Une baleine noire empêtrée dans des cordages de pêche.

Photo : International Fund for Animal Welfare

Les pêcheurs du Maine ont tout à fait le droit de ne plus être d’accord, reconnaît une membre de l’organisme Whale and Dolphin Conservation, Regina Asmutis-Silvia, mais elle ajoute que cela ne change rien au mandat des États et du gouvernement fédéral.

Le Canada mérite une partie du blâme, mais il est injuste d’avancer que le pays n’a pris aucune mesure, selon Sean Brilliant, de la Fédération canadienne de la faune. Il rappelle que les autorités canadiennes ont fermé des secteurs de pêche et imposé des limites de vitesse aux navires pour protéger la baleine noire.

Les pêcheurs du Maine, comme tous ceux qui mettent des cordages à l’eau, doivent participer à l’effort collectif visant à réduire les risques, selon M. Brilliant. Lorsqu’un partenaire important fait volte-face en plus de ne pas participer aux efforts de réduction des risques, cela affaiblit tout le processus, dit-il.

D'après un reportage de Paul Withers, de CBC

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