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Erdogan agite le spectre d'une nouvelle crise migratoire en Europe

Le président Erdogan, debout, parle dans des micros, devant des drapeaux turcs.

M. Erdogan a menacé l'Europe d'une nouvelle crise migratoire lors d'un discours prononcé devant des membres de son parti, jeudi, à Ankara.

Photo : Getty Images / AFP/ADEM ALTAN

Radio-Canada

Le président turc Recep Tayyip Erdogan menace de laisser affluer une nouvelle vague de migrants vers l’Europe s’il n’obtient pas l’aide souhaitée pour créer une « zone de sécurité » en Syrie.

Ankara milite depuis longtemps pour qu’une telle zone voie le jour sur une bande de 450 kilomètres à l’est de l’Euphrate. Elle souhaite y installer un des 3,5 millions de Syriens qu’elle a accueillis depuis le début de la guerre dans leur pays, en 2011.

La Turquie dit avoir déjà réinstallé 350 000 Syriens dans des territoires du nord de la Syrie qu’elle contrôle, mais elle estime avoir besoin de soutiens internationaux pour créer la zone de sécurité beaucoup plus importante qu’elle envisage.

Établissons une zone de sécurité où nous, la Turquie, pourront construire des villes, plutôt que des villes de tentes ici, a plaidé le président Erdogan lors d'un discours télévisé, jeudi, à Ankara.

Donnez-nous du soutien logistique et nous irons construire des logements à une profondeur de 30 kilomètres dans le nord de la Syrie. Ainsi, nous pourrons leur offrir des conditions de vie humaines, a-t-il poursuivi.

Si cela n'arrive pas, nous serons obligés d'ouvrir les portes. Soit vous nous aidez, soit, si vous ne le faites pas, désolé, mais il y a des limites à ce que l'on peut supporter. Nous n’avons pas été capables d’obtenir l’aide de la communauté internationale, particulièrement de l’Union européenne.

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie

Selon le président Erdogan, Ankara craint en outre que l'offensive de l’armée syrienne et de ses alliés russes dans la province d'Idlib, dernier territoire rebelle dans le nord-ouest du pays, n’entraîne un nouvel afflux de migrants en Turquie.

Trois millions de civils, dont de nombreux déplacés des précédents combats, vivent actuellement dans cette province.

Un accord menacé

En vertu d’un accord conclu en 2016 avec l'Union européenne (UE), la Turquie s’est engagée à endiguer le phénomène des migrants quittant ses côtes en direction de la Grèce en échange, notamment, d'une aide financière de 6 milliards d'euros.

Le président turc affirme cependant que son gouvernement a dépensé 40 milliards de dollars pour l'accueil des réfugiés syriens, et que l'aide européenne n'a couvert qu'une petite fraction de cette somme.

Jeudi dernier, les autorités grecques ont annoncé que treize bateaux transportant 540 migrants, dont 240 enfants, étaient arrivés sur l’île de Lesbos, ravivant les souvenirs de la crise migratoire des dernières années.

Deux hommes sont assis au-dessus de plusieurs tentes abritant des migrants.

De nombreux migrants sont toujours hébergés au camp Moria, sur l'île grecque de Lesbos.

Photo : Reuters / Alkis Konstantinidis

Cela nous a surpris. Nous n'avions plus constaté ce type d'arrivées simultanées depuis 2016, avait déclaré Boris Tchechirkov, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Grèce.

Le lendemain, le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias a convoqué l’ambassadeur turc en Grèce pour lui rappeler les obligations d’Ankara en vertu de l’accord conclu avec l’UE.

Ankara met aussi de la pression sur Washington

Mettant également la pression sur les États-Unis, avec lesquels la Turquie négocie la création de cette zone de sécurité souhaitée, M. Erdogan s'est dit déterminé à ce qu'elle soit créée d'ici la dernière semaine de septembre.

Selon le président Erdogan, la Turquie a conclu un accord préliminaire avec les États-Unis à ce sujet, mais des questions sont néanmoins demeurées en suspens. Il n’a pas précisé sa pensée à ce sujet.

Ankara veut que Washington convainque les combattants kurdes syriens de se retirer de la zone envisagée. Ces miliciens sont des alliés des États-Unis, mais la Turquie les considère comme des terroristes affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan.

À défaut d'une entente avec les États-Unis, la Turquie est prête à aller de l'avant seule avec la création de la zone de sécurité, a dit M. Erdogan.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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