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Le bar rayé pourrait complexifier la construction du 3e lien

Le reportage de Nicolas Vigneault

Photo : CBC/Robert Short

Radio-Canada

Le projet de troisième lien et même la construction du nouveau pont de l'Île-d'Orléans pourraient être complexifiés parce qu'ils risquent de mettre en danger l'habitat du bar rayé dans le secteur.

La population de ce poisson dans le fleuve Saint-Laurent est classée en voie de disparition par le gouvernement du Canada. Elle est protégée par la Loi sur les espèces en péril.

Dans le document fédéral du programme de rétablissement du bar rayé, il est expliqué que tous développements d'infrastructures portuaires et routières peuvent avoir d'importantes répercussions sur l'habitat du poisson.

Le troisième lien n'y fait pas exception. Le ministère des Transports confirme que le corridor envisagé se situe dans un secteur sensible du fleuve Saint-Laurent, en raison de la proximité d'habitats du bar rayé, précise le porte-parole du Ministère, Guillaume Paradis.

Il indique tout de même qu'il reste encore à déterminer et à analyser plusieurs facettes du projet, comme où le tunnel sortira et quels seront les empiètements sur le fleuve de la construction.

Le secteur sensible est le même que pour le prochain pont de l'Île-d'Orléans. À ce sujet, l'étude d'impact environnementale est toujours en cours, affirme M. Paradis.

Il croit tout de même qu'il est possible de prendre des dispositions. Nous sommes habitués de travailler dans des secteurs en eau et nous respectons les conditions établies par le ministère. On peut faire de la compensation faunique, notamment. On adapte nos travaux et nos calendriers, assure le porte-parole.

Interrogé sur la question en marge d'une conférence de presse jeudi matin, le premier ministre François Legault a réitéré l'importance qu'il accorde à ce projet pour la région de Québec et de Chaudière-Appalaches. C'est loin d'être prouvé, les impacts, que ça soit sur le bar rayé et sur l'environnement, mais on va faire ce projet-là correctement, promet-il.

Un problème de plus, selon l'opposition

Le député libéral Pierre Arcand souligne que son gouvernement avait déjà prédit la complexité du projet. À l'époque, on avait fait un travail très rigoureux, on avait dit que ça allait prendre des études, que ça allait prendre un BAPE et qu'on ne prévoyait pas qu'il y aurait un troisième lien avant 2026, relate-t-il.

Il rappelle que malgré les multiples demandes, le directeur du bureau de projet du tunnel Québec-Lévis, Frédéric Pellerin, n'a toujours pas paru en commission parlementaire pour répondre de façon détaillée aux questions sur l'avancement du dossier.

Selon Sylvain Gaudreault, député du Parti québécois, l’embûche potentielle que sème le bar rayé est un élément de plus pour illustrer l'entêtement du gouvernement dans ce projet.

Si le gouvernement Legault se dit pragmatique, il n'irait certainement pas les yeux fermés creuser un tunnel d'au minimum 4 milliards de dollars alors que tout va contre ça. Ce n'est pas du pragmatisme, c'est du dogmatisme, décrie-t-il.

Habitat essentiel limité

Dans la région de Québec, le bar rayé a déjà un espace de vie restreint à cause des infrastructures en place entre le pont de Québec et l'actuel pont de l'Île-d'Orléans.

Le tunnel aboutira au bout de l'autoroute 40, à l'est de Québec.

Selon les plans préliminaires, le tunnel Québec-Lévis aboutirait au bout de l'autoroute 40 en passant sous la pointe de l'Île-d'Orléans.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le Port de Québec avait d'ailleurs dû cesser des travaux de forage au début de l'été puisqu'ils auraient pu nuire à sa reproduction.

D'après le document gouvernemental, seulement deux frayères soutiennent l'ensemble de la population. Selon les secteurs choisis pour les projets, l'impact peut donc être très important.

Les conditions nécessaires au frai du bar rayé et à la dispersion de ses œufs peuvent facilement être dégradées par l'installation de murets, le dragage ou l'empiètement des constructions sur le fleuve.

Le poisson était déjà disparu du fleuve durant les années 1960 après la construction de la voie maritime. Depuis 2002, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a procédé à sa réintroduction.

Ces espèces qui bloquent des projets

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Protection des espèces