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Il y a 50 ans, l'éducation était en pleine effervescence dans l'Est-du-Québec

Vue aérienne de la polyvalente et des terrains environnants.

La polyvalente de Matane en 1969

Photo : Société d’histoire et de généalogie de Matane

Jean-François Deschênes

De nombreuses écoles secondaires de la province, de cégeps et d'universités également célèbrent 50 ans d'existence cette année. À l'époque de leurs fondations, le gouvernement mettait en place une vaste réforme de l’éducation qui a complètement changé le visage de l’instruction de la province et des régions.

Albert Bastien n'a pas arpenté les corridors de la polyvalente de Matane depuis longtemps. Les lieux n’ont pas tellement changé, constate-t-il. Il y a peut-être eu de petits ajouts, mais pas plus que ça.

M. Bastien faisait partie de l’équipe de direction lorsque les portes de l'école ont ouvert pour la première fois en 1969. À Matane, il y avait un directeur général et quatre directeurs adjoints.

Les deux hommes discutent dans un corridor, devant une rangée de casiers.

Albert Bastien a été directeur de la formation professionnelle de 1969 à 1974. Il discute avec le directeur général actuel, Pascal Demers.

Photo : Radio-Canada

L'homme, âgé de 88 ans aujourd'hui, se souvient des heures incalculables qu’il a dû faire pour assurer le bon déroulement des cours.

Moi, j’aurais attendu encore, mais la direction voulait ouvrir. Il fallait ouvrir, ça fait qu’on s’est organisé pour ouvrir. On a fait les horaires pour tout caserces élèves-là. [...] C’était presque 24 heures sur 24 heures. On faisait les horaires à la main. Il n’y avait pas les ordinateurs dans ce temps-là.

Il n’y avait rien de fait. Même au niveau des ateliers, les outils étaient tous à terre. [...] On commençait à zéro.

Albert Bastien, directeur de la formation professionnelle à la polyvalente de Matane de 1969 à 1974

Le rapport Parent

À cette époque, le monde de l’éducation bouillonnait.

En 1961, le gouvernement de Jean Lesage mettait en place une commission pour réformer le système de l’éducation. C'est Mgr Alphonse-Marie Parent qui avait pris en charge cette mission.

Vue aérienne de la polyvalente en noir et blanc.

Photo d'époque de la polyvalente Antoine-Bernard, à Carleton

Photo : Commission scolaire René-Lévesque

Ainsi, le premier volume du rapport Parent propose plus de 500 recommandations, dont l’école gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, ainsi que la création d’un ministère de l’Éducation.

À la fin des années 1960 et au début de la décennie suivante, les polyvalentes, les cégeps et les universités ont poussé comme des champignons au Québec.

L’historien Louis Blanchette se souvient très bien de cette époque en effervescence. Ça a créé un certain bouleversement parce que nous, on était habitué à une structure plus calme, plus classique.

En tant qu’étudiant au Collège de Matane, il a vécu ce passage de l’enseignement donné par les religieux à une éducation laïque. Le cégep matanais a été inauguré quant à lui en 1970. Ça a été une période de transition et de modernisation et puis changement d’attitude. Changement de mœurs aussi dans le langage.

Il était essentiel que Québec fasse cette transition, pense-t-il.

À peine 4 % des Québécois de langue française accédaient au niveau universitaire. Alors que du côté anglophone que c’était plus du triple de ce pourcentage-là. Alors il y avait vraiment un virage à faire.

Louis Blanchette, historien
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Le Cégep de Rivière-du-Loup en construction

Photo : Radio-Canada

L'Est-du-Québec en 1969

Uniquement en 1969, neuf nouvelles écoles sont inaugurées dans la région.

Établissements scolaires inaugurés en 1969

  • Polyvalente de Matane
  • Polyvalente d'Amqui
  • Polyvalente de Carleton
  • Polyvalente de Squatec
  • Polyvalente de Cabano
  • Polyvalente de Mont-Joli
  • Cégep de La Pocatière
  • Cégep de Rivière-du-Loup
  • Université du Québec à Rimouski
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L'inauguration officielle de la polyvalente de Matane a eu lieu en décembre 1969.

Photo : Société d’histoire et de généalogie de Matane

L’ex-enseignante de français, Monette Bérubé, faisait partie des 150 membres du personnel présents au premier jour de classe.

La polyvalente comptait à ce moment-là 1742 élèves en formation générale et professionnelle.

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Monette Bérubé a enseigné le français à la polyvalente de Matane de 1969 à 2000.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

On s’est débattu et ça a été un gros avantage, je pense, pour la région parce que nos jeunes étaient mieux formés.

C’était motivant. On avait une espèce de volonté de montrer que ce n’est pas parce qu’on venait de la Gaspésie ou du Bas-du-Fleuve qu’on était des imbéciles.

Monette Bérubé, enseignante à la polyvalente de Matane de 1969 à 2000
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Photo d'époque d'enseignantes de la polyvalente de Matane

Photo : Société d’histoire et de généalogie de Matane

Malgré les difficultés des premiers temps, Albert Bastien est heureux d'avoir participé à cette période importante de l'histoire du Québec. On a eu des souvenirs douloureux-là, mais ça reste que c'est de bons souvenirs pareil.

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Des élèves de la polyvalente de Matane aujourd'hui.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le budget déposé en 1969 par le gouvernement accordait 700 millions de dollars au ministère de l'Éducation (Nouvelle fenêtre).

Un demi-siècle plus tard, le Ministère dispose d'un budget de plus de 24 milliards de dollars (Nouvelle fenêtre).

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Éducation