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TIFF 2019 : du Joker au Laundromat, les films à surveiller cette année

Un homme déguisé en clown est debout dans un escalier, les mains levées.

Le « Joker », de Todd Phillips, est présenté en première nord-américaine au TIFF.

Photo : Courtoisie du TIFF

Claudia Hébert

Dur de faire des choix dans la – trop? – vaste offre du 44e Festival international du film de Toronto (TIFF), qui s'ouvre jeudi. Voici quelques titres à surveiller, et à mettre à son horaire de festivalier.

JOKER

Qu’il est attendu ce film, signé Todd Phillips, sur les origines du personnage du Joker!

Loin de la fantaisie de la proposition de Jack Nicholson chez Tim Burton, de la flamboyance de Jared Leto dans Suicide Squad, et plus sombre encore que l’incarnation du regretté Heath Ledger, ce Joker sous les traits de Joaquin Phoenix est ancré dans un réalisme très noir, dans un Gotham qui est un calque de New York à la fin des années 70. 

Avant d’être l’ennemi juré de Batman – lequel ne sera pas du film puisqu'aucun personnage de l’univers de DC Comics ne fait ici d’apparition –, le Joker était Arthur Fleck, un clown malchanceux, rêvant de devenir humoriste. 

On trace ici un portrait de la folie, le portrait d’un homme en crise, brisé, qui choisit de rire de sa malchance, avant de complètement perdre pied. On entend déjà venir de Venise, où le film est en compétition, des rumeurs d’un film fort troublant, voire toxique… et d’un candidat sérieux pour l’Oscar du meilleur acteur.


JOJO RABBIT

Un jeune garçon, une femme souriante et Hitler sont assis autour d'une table.

« Jojo Rabbit », de Taika Waititi, est présenté en première mondiale.

Photo : Courtoisie du TIFF

Le Néo-Zélandais Taika Waititi sera lauréat cette année du premier prix TIFFEbert, remis à un réalisateur. Après s’être fait remarquer entre autres avec un documenteur sur les vampires (What We Do in the Shadows) et une incursion dans le monde des superhéros (Thor : Ragnarok), le cinéaste d’origine maorie arrive au TIFF cette année avec un film complètement déjanté, une comédie qui dénonce l’antisémitisme. 

Jojo est un garçon allemand, membre enthousiaste des jeunesses hitlériennes. Tout son système de valeurs est ébranlé lorsqu’il découvre que sa mère (Scarlett Johansson) fait partie de la résistance et cache des juifs. Forcé de revoir ses croyances, il pourra s’appuyer sur les bons conseils de son ami imaginaire, un charmant, jovial et sympathique... Adolf Hitler (joué par Waititi lui-même). 


PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU

Deux femmes en costumes d'époque sont côte à côte. L'une touche le visage de l'autre.

« Portrait de la jeune fille en feu », de la réalisatrice Céline Sciamma

Photo : Courtoisie du TIFF

Bretagne, 18e siècle. Marianne (Noémie Merlant), jeune peintre, reçoit la commande de faire le portrait nuptial d’une jeune noble, tout juste sortie du couvent. Mais Héloïse (Adèle Haenel) ne désire pas poser, n’a aucune hâte de voir son image envoyée pour l’approbation de celui qui sera son mari.

Marianne débarque donc sur l’île où la jeune femme vit en recluse, sous le couvert d’un autre rôle – celui de dame de compagnie. Chaque jour, les deux jeunes femmes sortiront marcher ensemble et Marianne observera Héloïse, pour ensuite la peindre de mémoire.

Dans l’intimité de leur regard l’une sur l’autre, se développera entre elles un grand amour qui ne pourra vivre que pendant ce bref instant de grâce sur cette île balayée par les vents. 

Gagnant du prix du meilleur scénario ainsi que de la Queer Palm à Cannes en mai dernier, ce quatrième film de Céline Sciamma était un prétendant sérieux pour la Palme d’or. Avec des images rappelant les toiles des grands maîtres et des performances sublimes de la part des deux actrices, Portrait de la jeune fille en feu est un grand film féminin, féministe, une grande histoire d’amour entre femmes – du genre qui nous habite longtemps, nous envoûte et nous entre lentement dans le coeur pour y rester. 

MARRIAGE STORY

Une femme sur un lit regarde au plafond. Un enfant et un homme sont couchés à coté d'elle et la regardent.

« Marriage Story », de Noah Baumbach, met en vedette Scarlett Johansson et Adam Driver.

Photo : Courtoisie du TIFF

Ils se sont aimés. Se sont mariés. Ont fait un enfant. Et maintenant, ils divorcent. 

Elle est une actrice qui veut partir pour Los Angeles. Il est un dramaturge qui veut rester à New York. Elle est jouée par Scarlett Johansson. Lui, c’est Adam Driver. Derrière la caméra, Noah Baumbach (The Meyerowitz Stories, Frances Ha). 

Une histoire d’amour, une histoire de séparation, les coulisses d’une famille qui est en train de s’écrouler… Les premiers échos de Venise sur les performances des deux acteurs de ce Marriage Story sont déjà très élogieux. 


PARASITE

Une famille est assise au sol avec une boîte de pizza devant elle. Il y a plusieurs boîtes de pizza derrière eux.

Le film sud-coréen « Parasite », de Bong Joon-ho

Photo : Courtoisie du TIFF

Toute la famille Kim est au chômage, survivant de petites combines ici et là, vivant ensemble dans un minuscule appartement en sous-sol. Un jour, le fils se voit embauché par les Park, une riche famille qui a besoin d’un tuteur d’anglais pour sa fille adolescente. C’est là l'occasion qu'il fallait!

S'insérant dans le quotidien des Park, les Kim leur deviendront indispensables – s'improvisant également qui chauffeur, qui gouvernante et qui professeur d’art. Mais leurs manigances mettront en branle un engrenage insoupçonné qui ne laissera personne intact. 

En couronnant de la Palme d’or ce Parasite, le dernier jury du Festival de Cannes a fait un choix audacieux, récompensant un film de genre et pour la première fois une oeuvre sud-coréenne. Ce film signé Bong Joon-ho (Snowpiercer, Okja, The Host) est à la fois un thriller, une comédie et un commentaire grinçant sur les classes sociales – oeuvre qui fait d’ailleurs étrangement écho à la Palme de 2018, Shoplifters d’Hirokazu Kore-eda, mais dans un tout autre registre – plus léché et plus violent. 


DOULEUR ET GLOIRE

Un homme en habit rouge tient un téléphone cellulaire et regarde au loin.

Toronto reçoit la première canadienne de « Douleur et Gloire », de Pedro Almodóvar.

Photo : Courtoisie du TIFF

C’est l’heure des bilans pour le cinéaste espagnol Pedro Almodovar. 

Avec Douleur et Gloire, il s’offre un alter ego – un personnage de cinéaste qui ne sait pas, ne sait plus s’il peut continuer à créer. Affligé de douleurs persistantes qui le tiennent majoritairement reclus dans son appartement, il replonge dans ses souvenirs d’enfance, repense à cette mère qui l’a récemment quitté. 

Quiconque connaît le cinéma d'Almodovar des années 80 et 90 trouvera dans cette nouvelle offrande tout un vent de nostalgie, les échos de la Movida, et de nombreux clins d’oeil au passé – avec à l’écran certaines de ses actrices fidèles, dont Penelope Cruz. Et qui d’autre pour incarner le réalisateur que celui qui est né à l’écran par son cinéma, Antonio Banderas? Ce complice de longue date trouve ici un de ses plus grands rôles, très justement récompensé du prix d’interprétation masculine à Cannes.


THE GOLDFINCH

Une femme et un jeune homme assis sur un divan se tiennent la main.

« The Goldfinch », de John Crowley, prendra l'affiche en salle pendant le festival.

Photo : Courtoisie du TIFF

Theo Decker a 13 ans quand il perd sa mère dans un attentat au Metropolitan Museum of Art, à New York. 

Évoluant douloureusement vers l’âge adulte, résidant brièvement dans la riche famille d’un ami, puis dans la banlieue de Las Vegas et finalement au coeur d’un magasin d’antiquité, Theo protège un grand secret – celui de la toile qui est sortie des décombres du musée avec lui; l’image inestimable d’un chardonneret sur une branche. 

Adaptation très attendue du roman de Donna Tartt lauréat du Pulitzer en 2014, The Goldfinch sort en salle avant la fin du TIFF, mais nous serons curieux d’entendre les échos après la grande première mondiale. Le film est signé John Crowley, réalisateur en 2015 du très joli film Brooklyn, également une adaptation de roman. 


THE LAUNDROMAT

Une femme est devant plusieurs cases postales et regarde au loin.

« The Laundromat », de Steven Soderbergh

Photo : Courtoisie du TIFF

Il y a quelques années, Steven Soderbergh avait annoncé sa retraite du cinéma, une décision qui n’a pas duré très longtemps : le voilà encore une fois de retour avec The Laundromat, un film sur le scandale des Panama Papers

On y suit la quête d’une veuve (Meryl Streep, prix hommage cette année au TIFF), dont la croisade contre une compagnie d’assurance mettra en lumière un immense réseau de corruption, de blanchiment d’argent, et d'autres pratiques criminelles. Derrière ces arnaques, des avocats véreux, représentés par deux spécimens de leur espèce joués avec humour par Gary Oldman et Antonio Banderas.


SYNONYMES

Un homme est derrière une femme. Ils sont sur un pont.

« Synonymes », de Nadav Lapid

Photo : Courtoisie du TIFF

Au sortir de son service militaire en Israël, Yoav débarque à Paris. Un jeune couple bien nanti le prend sous son aile après qu'il se soit fait voler ses maigres possessions. 

Vivant pauvrement dans un minuscule studio, marchant dans les rues de Paris dans le mince manteau et les élégantes chaussures offertes par son nouvel ami, Yoav refuse à présent de parler hébreu, s’appuyant sur un dictionnaire de poche pour améliorer son français. 

Ours d’or à Berlin l’hiver dernier, cette nouvelle offrande de l'Israélien Nadav Lapid est une attaque mordante sur des questions de nationalité et d’appartenance. À travers ce personnage de flâneur, à la fois passif et agressif, se tient un discours politique sur l’attachement à la patrie qui parle tout autant de la France que d’Israël.


THE CLIMB

Deux hommes font de la bicyclette sur une route de campagne.

« The Climb », de Michael Angelo Covino

Photo : Courtoisie du TIFF

C’est l’histoire de la rupture et du rafistolage d’une amitié, racontée en dix chapitres. 

Le premier nous fait rencontrer les deux amis, Michael et Kyle, à vélo dans le sud de la France. Et pendant une montée, l’un confesse avoir couché avec la fiancée de l’autre... Le chapitre deux nous amène quelques années plus tard, à des funérailles. Puis nous voilà encore quelques mois après, à l’Action de grâces. Puis c’est Noël, alors que de nouvelles fiançailles se préparent et que Michael tente de se racheter auprès de l’ami qu’il a trahi. 

Prix coup de coeur à Un certain regard, remporté ex aequo avec La femme de mon frère, de Monia Chokri, The Climb est écrit et interprété par Michael Angelo Covino et Kyle Marvin, deux meilleurs amis depuis une décennie. Covino signe également la réalisation, marquée par de longs plans-séquences au sein de chaque chapitre de cette bromance parfois hilarante, souvent douce-amère. 

Le 44e Festival international du film de Toronto se déroule du 5 au 15 septembre.

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