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L’Alberta se dirige vers une restriction des dépenses

Travis Toews est assis avec une femme qui l'écoute parler. Les têtes du public sont visibles devant eux.

Le ministre des Finances, Travis Toews, a pris la parole devant la Chambre de commerce de Calgary, au lendemain de la publication d'un rapport sur l'assainissement des finances de l'Alberta.

Photo :  CBC

Radio-Canada

Le gouvernement albertain a bien l’intention de réduire ses dépenses d'au moins 600 millions de dollars. Devant la Chambre de commerce de Calgary, mercredi, le ministre des Finances, Travis Toews, a en plus indiqué que le rapport MacKinnon lui avait fourni « de très bons conseils » pour l’élaboration de son prochain budget prévu en octobre.

M. Toews affirme que le budget comportera un chemin clair pour atteindre l’équilibre budgétaire; un chemin, dit-il, qui se doit de régler « le problème de dépenses de l’Alberta ».

« Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons réalisé qu’il ne suffirait pas d’augmenter les revenus du gouvernement en nourrissant l’économie et le groupe de travail le confirme. Il faudra restreindre les dépenses », a-t-il soutenu à la Chambre de commerce en faisant référence au rapport MacKinnon, publié la veille.

Celui-ci présente les conclusions du groupe de travail que le gouvernement a mis sur pieds pour étudier les finances de la province. Il propose, entre autres, de renégocier les salaires et les avantages sociaux de plusieurs employés du secteur public, de changer la formule de financement des établissements scolaires et de mettre fin au gel des frais de scolarité.

« Nous avions un groupe de travail très crédible, qui, je pense, nous a donné de très bons conseils, alors nous allons prendre ces recommandations très au sérieux », dit-il, précisant néanmoins que ça ne signifiait pas que toutes les recommandations seraient appliquées tel quel.

Des années « transformatives » à prévoir

Le groupe de travail présidé par l’ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan, Janice MacKinnon, conclut que l’Alberta dépense beaucoup plus par habitant que l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique. Elle avance que l'Alberta pourrait faire jusqu’à 10 milliards de dollars d'économies si ce n’était pas le cas.

D'après le rapport, pour atteindre l’équilibre budgétaire, le gouvernement devra « réduire de façon substantielle ses dépenses en capital », ce qui signifie surtout le financement accordé pour de nouvelles infrastructures. Il devra aussi dénicher 600 millions de dollars dans ses budgets opérationnels.

Le ministre et le groupe de travail ont tous deux souligné que les revenus de la province, qui reposent largement sur une seule ressource naturelle, sont extrêmement volatiles. Il faut donc prévoir les dépenses en conséquence, croient-ils.

Nous devrons ralentir les dépenses pour avoir ce montant de contingence. Je m’attends à ce qu’on doit couper plus que 600 millions.

Travis Toews, ministre des Finances

L’exercice financier en cours est déjà bien amorcé, mais le ministre dit que les Albertains devraient s’attendre à des « changements transformateurs » dans les deux prochaines années du mandat conservateur.

« Nous ne pouvons plus dépenser comme l’enfant riche du quartier, parce que, bien honnêtement, nous ne le sommes plus », a-t-il dit à la foule rassemblée à la Chambre de commerce.

L’Alberta demeure la province canadienne avec le plus haut produit intérieur brut par habitant.

Accueil mitigé dans la classe politique

Le député néo-démocrate Irfan Sabir a écouté le discours du ministre avec un opprobre évident.

« C’est une recette pour un désastre », a-t-il commenté.

Il accuse le gouvernement d’avoir instrumentalisé le groupe de travail pour promouvoir ses propres priorités : « Ce rapport a donné au gouvernement exactement ce qu’il voulait et c’est une excuse boiteuse pour couper dans les dépenses publiques [....] et les services desquels les Albertains dépendent ».

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, s’est montré moins incisif. Il reconnaît l’importance de contrôler les dépenses de la province, mais s’inquiète que le gouvernement finisse par se tirer dans le pied en faisant payer la note à ses employés.

« On ne peut pas se retrouver avec une société où les travailleurs de la fonction publique n’ont pas les moyens de vivre dans les communautés qu’ils desservent », commente-t-il.

Il précise toutefois qu’il ne s’inquiète pas trop pour le budget de la Ville, étant donné que les transferts de la province n’en constituent qu’une petite partie.

Avec les informations de Scott Dippel, CBC News

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