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Francisation des immigrants : des organismes peinent à répondre à la demande

Le reportage de Kim Vermette

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Même s’ils saluent la décision de Québec d’injecter 70 millions de dollars afin de bonifier l’accès à la francisation, les responsables de ces organismes tirent la sonnette d’alarme et soutiennent qu’il faut plus de ressources pour mener à bien leur mission.

La situation est difficile pour de nombreux organismes comme le Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri, qui affiche complet. Ses 12 classes de francisation sont remplies au maximum de leur capacité et les derniers arrivés sont forcés de s'inscrire sur une liste d'attente.

Nadège Béguineau répond aux questions d'une journaliste dans le corridor d'un centre de formation.

Nadège Béguineau, agente de liaison, Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri

Photo : Radio-Canada

On est dans le rouge au téléphone. Je reçois environ 50 courriels par jour de demandes d'informations.

Nadège Béguineau, agente de liaison, Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri

Depuis la mise en place de nouvelles mesures par Québec, il y a deux mois, davantage d'immigrants ont accès à la francisation. De plus, les allocations de participation ont été bonifiées.

Elles sont passées de 141 $ à 185 $ par semaine. Une nouvelle allocation de 15 $ par jour a été créée pour les personnes qui suivent les cours à temps partiel et l'allocation de frais de garde est passée de 7 $ à 9 $ par jour, par enfant ou par personne handicapée à charge.

Un homme répond aux questions d'une journaliste dans une classe.

Bernard Bohmert est directeur du Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri.

Photo : Radio-Canada

Le nombre d'étudiants étrangers voulant s'inscrire a quadruplé.

Bernard Bohmert, directeur du Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri

Nadège Béguineau explique que la situation est similaire dans les autres organismes. Je parle avec d'autres collègues et on se dit tous la même chose. Comment va-t-on va faire pour absorber toutes ces personnes-là?

De nombreux immigrants tiennent à apprendre le français, même si ce n'est pas obligatoire.

C'est le cas de Ghada Waly, arrivée à Montréal en 2015.

Pour moi, pour s'intégrer dans la société, on doit apprendre la langue.

Ghada Waly

Son mari a préféré aller sur le marché du travail. Mais aujourd'hui, il constate qu'apprendre le français est nécessaire pour s'épanouir dans sa carrière.

Comme je sais rien en français, je suis resté à la même position, confie Mahmoud Eltonamly.

Mais pour M. Eltonamly, comme pour bien d'autres tentés de s'inscrire à des cours de francisation, l'attente pourrait être longue.

Le problème perdurera au cours des prochaines sessions, fait remarquer Nadège Béguineau.

Déjà, on pense à la prochaine session et on ne sait pas si on va être capables d'accueillir tout le monde, avance Bernard Bohmert, du Comité d'éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri.

Les organismes se réjouissent de la volonté du gouvernement de faciliter et de bonifier l'accès à leurs services, mais ces mesures entraînent de nouveaux défis.

Des ressources financières, il y en a désormais sur le terrain. Il va falloir faire nos preuves […] concrètement, ça veut dire trouver de nouveaux locaux quelque part, ajoute M. Bohmert.

Avec les informations de Kim Vermette

Éducation

Société