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Élections : bilan et attentes des organismes francophones

Le premier Forum de la francophonie manitobaine de la SFM s'est déroulé à l'Université de Saint-Boniface.

Les représentants des organismes francophones ont-ils des attentes face aux élections provinciales du 10 septembre? Ci-haut, un Forum de la francophonie manitobaine en 2017.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

À quelques jours des élections provinciales, plusieurs organismes et leaders francophones font le point sur les thèmes et les priorités qu'ils souhaitent aborder avec le prochain gouvernement.


ÉDUCATION

Dans le domaine de l'éducation, le président de la Commission scolaire franco-manitobaine (CSFM), Bernard Lesage, semble surtout exaspéré par la lenteur du processus pour faire avancer les dossiers au cours des trois dernières années.

« Prenons par exemple l'École Noël-Ritchot, qui avait été reconnue par l'ancien gouvernement comme étant un grand besoin. On avait annoncé l'agrandissement et, ensuite, ça nous a pris trois ans avant de pouvoir remettre ce projet sur les rails. La construction vient tout juste de commencer », déplore-t-il.

Quant à la question de l’avenir du Bureau de l’éducation française (BEF), Bernard Lesage reste prudent. Il estime néanmoins qu’après l’épisode du BEF « où il y a eu un manque de communication et de consultations », les relations avec le gouvernement se sont améliorées « notamment en termes de consultations ».

Ça a pris une petite crise pour arriver à des consultations bidirectionnelles.

Bernard Lesage, président de la CSFM

Bernard Lesage « espère qu'on aura un gouvernement qui va faire avancer les choses un peu plus rapidement ». Sa priorité? « Les infrastructures », assure-t-il. « On a depuis longtemps misé sur de nouvelles écoles et ce sont des dossiers sur lesquels on doit avancer. »


PETITE ENFANCE

La Fédération des parents du Manitoba (FPM) tire un bilan plutôt positif des trois dernières années en petite enfance.

« Un bon nombre de centres francophones de la petite enfance ont pu profiter ou vont profiter de l'argent que le fédéral a remis aux provinces. Il y a eu une soixantaine d'espaces nouvellement financés qui ont été réservés aux centres francophones et on peut s'attendre à 200 nouveaux espaces francophones d'ici quelques années », affirme la présidente de la FPM, Brigitte L’Heureux.

« Ils ont aussi augmenté l'appui aux services de garde familiaux et ils ont accéléré le processus pour les éducatrices formées qui veulent ouvrir une garderie », ajoute-t-elle.

Brigitte L’Heureux déplore néanmoins le manque d’argent auquel font face beaucoup de garderies. « Les centres existant n'ont pas reçu d’augmentation des fonds qu'ils reçoivent pour leur fonctionnement opérationnel depuis trois ans et demi, explique-t-elle. Le budget est le même alors qu’il y a des augmentations de coûts comme le loyer, les salaires, etc. Ça a mis beaucoup de pression sur les centres. »

Elle espère que le prochain gouvernement offrira plus d’écoles et davantage de programmes éducatifs en français. « Des parents de l'École Taché demandent une école dans la zone de Transcona/North Kildonan. Il y a certaines écoles qui débordent, il y a des projets en chemin, en région rurale aussi, il y a des besoins. On veut aussi voir une augmentation de la programmation disponible au niveau secondaire, comme des écoles des métiers », résume-t-elle.


SANTÉ

Il est encore trop tôt pour dresser le bilan des progressistes-conservateurs en matière de services en français dans le domaine de la santé, selon la directrice générale de Santé en français, Annie Bédard, car le système est encore en restructuration.

Santé en français a conservé le même financement sous le gouvernement progressiste-conservateur, « ce qui peut être vu comme une baisse » pour la directrice générale, à cause de l’inflation.

Dans cette période transitoire, le système de santé aura vu l’abolition de trois cliniques express bilingues. Le centre de médecine familiale de Saint-Boniface, qui employait du personnel bilingue, a également fermé ses portes le 1er juillet.

Une clinique sans rendez-vous au Centre Accès Saint-Boniface aura toutefois été mise en place.

Avec la fermeture des services d’urgences de trois hôpitaux de Winnipeg, Annie Bédard relève que l’Hôpital Victoria aura également gagné une désignation bilingue pour les centres de soins d’urgence mineure, en plus des services de gériatrie.

On peut voir ça comme un gain ou une perte.

Annie Bédard, directrice générale de Santé en français

Santé en français a obtenu du ministère de la Santé un « engagement formel et public » que les considérations des francophones seraient entendues dans ces restructurations.

L’organisme travaille également avec Shared Health / Soins Communs pour que ce soit le cas.

« Dans ces transformations, l’avantage, c’est qu’on n’est pas dans un statu quo, on peut faire des changements. On est à la table des discussions, on espère qu’on pourra influencer », ajoute Annie Bédard.


CULTURE

Les organismes francophones du domaine culturel s’accordent à dire que leur situation n’a pas évolué, et ce, même sous les précédents gouvernements.

Geneviève Pelletier, la directrice artistique et générale du Cercle Molière, dit ne pas avoir vu les financements augmenter depuis près de 15 ans.

« On est dans un mode érosion, dit-elle. On est dans une usure de façon annuelle, on voit le coût de la vie augmenter, mais on n’a pas nécessairement de l’argent pour pallier ce manque. »

« Les choses demeurent stables, même stagnantes, il n’y a rien qui a vraiment changé depuis de nombreuses années », confirme Ginette Lavack, directrice générale du Centre culturel franco-manitobain.

Le Festival du Voyageur, de son côté, a subi une restriction budgétaire de 300 000 $ sous le gouvernement de Brian Pallister. Ce montant constitue 10 % de son financement total.

Je sais que les arts sont mis au bas de la liste des priorités, mais faire partie d’une ville, d’une province et même d’un monde, ça prend des idées, des gens dans la créativité qui viennent nous stimuler. Ça démontre la vitalité d’une population.

Geneviève Pelletier, directrice artistique et générale du Cercle Molière

Ces organismes espèrent voir les partis politiques proposer un programme pour appuyer la culture, mais ont peu d’espoir.

« Je n’ai vu aucune promesse dans le domaine de la culture, d’aucun des partis. Ils sont très concentrés sur les soins de santé, les emplois, l’économie, etc. On dirait que la culture et la francophonie sont un peu oubliées », dit le directeur général du Festival du Voyageur, Darrel Nadeau.

Une nouvelle politique culturelle a été déposée au printemps par le gouvernement progressiste-conservateur pour mieux promouvoir les arts. Pour le moment, elle ne comprend aucun financement pour les organismes, indique toutefois Ginette Lavack.

Elle est assez maigre, mais on parle d’appuyer les organismes culturels. Alors, avec le temps, on souhaiterait que ça veuille dire qu’on aura un appui plus fort.


MUNICIPALITÉS

Du côté de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM), on ne souhaite pas s’exprimer sur les trois dernières années du gouvernement progressiste-conservateur.

Le chef de la direction de l'AMBM, Justin Johnson, a cependant des attentes tranchées à l'endroit du prochain gouvernement : « L’objectif est clair, nous souhaitons améliorer la prestation de services en français aux niveaux local et municipal », déclare-t-il.

Pour cela, il espère avoir une meilleure collaboration avec le prochain gouvernement. « Il nous faut une collaboration plus définie, un lien plus étroit et des relations plus renforcées avec le gouvernement provincial. »

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