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Un membre des Barenaked Ladies dédommagé pour un faux tableau de Morrisseau

Un homme posant devant une oeuvre d'art.

Le claviériste des Barenaked Ladies, Kevin Hearn, a poursuivi une galerie d'art de Toronto qui n'a pas pu prouver que le tableau qu'il avait acheté (visible en partie sur la photo) était authentique et qui a refusé de le rembourser.

Photo : Cave 7 Productions Inc

Radio-Canada

Kevin Hearn, claviériste du groupe canadien Barenaked Ladies, pourra recevoir 60 000 $ en dommages-intérêts après que la Cour d’appel de l’Ontario eut jugé que la galerie d’art Maslak-McLeod, de Toronto, a été délibérément évasive lorsque le plaignant a demandé de prouver qu’un tableau qu’il avait acheté était une œuvre authentique de l’artiste autochtone nord-ontarien Norval Morrisseau.

M. Hearn, qui avait acheté en 2005 ce qu’il croyait être un tableau de celui qui était surnommé le Picasso du Nord, a été averti par un représentant du Musée des beaux-arts de l’Ontario qu’il s’agissait possiblement d’un faux.

Le musicien avait alors fait part de ses inquiétudes à Joseph McLeod, le propriétaire de la galerie qui lui a vendu le tableau, intitulé Spirit Energy of Mother Earth.

M. McLeod avait alors refusé d’enquêter ou de rembourser M. Hearn, car il craignait pour la survie de sa galerie d’art.

M. Hearn voulait une déclaration de provenance, qui retrace l’histoire de la propriété d’un objet, parce que le travail de M. Morrisseau a inspiré une industrie clandestine ainsi qu’un marché important de fausses peintures, peut-on lire dans la décision de la cour.

La plainte de Kevin Hearn a été rejetée par un tribunal inférieur l’an dernier après qu’un juge eut conclu qu’il ne pouvait dire de façon concluante si le tableau était un vrai Morrisseau.

Un homme pose un tableau sur une table.

Une image tirée du documentaire «There Are No Fakes» qui explore ce qui pourrait être la plus grande fraude artistique de l'histoire du Canada. On y voit la toile «Spirit Energy of Mother Earth», dont l'authenticité a été mise en doute.

Photo : Cave 7 Productions Inc.

Dans une décision unanime rendue mardi, la Cour d’appel a déclaré que le juge de première instance avait commis une erreur en s’appuyant sur ses propres recherches, qui n’ont pas été inscrites en preuve et ne pouvaient donc pas être contestées, lorsqu’il a rejeté le témoignage d’un expert.

Dans un témoignage devant le tribunal, Carmen Robertson, professeure d’histoire de l’art à l’Université de Regina, a déclaré que même si le tableau s’inspirait du vocabulaire visuel de Norval Morrisseau, il ne cadrait pas avec ses autres œuvres de l’époque et elle croyait que c’était un faux.

En ce qui concerne la certification de provenance [du tableau], M. McLeod a fait une fausse déclaration, soit en sachant qu’elle était fausse et sans croire honnêtement à sa véracité, soit en faisant une déclaration imprudente sans se soucier de savoir si elle était vraie ou fausse.

Décision de la Cour d'appel de l'Ontario

Selon la Cour d’appel, les actions de la galerie constituent de la fraude civile et justifient des dommages-intérêts punitifs de 10 000 $. Ces dommages-intérêts s’ajoutent aux 50 000 $ que la galerie doit verser au musicien pour rupture de contrat et violation de la Loi sur la vente de marchandises.

La Cour d’appel a également critiqué le juge de première instance pour une tentative d’humour malavisée.

Le juge de première instance avait dit, au sujet de la décision de Kevin Hearn d’acheter le tableau, s’il avait 1 000 000 $ (ou du moins des dizaines de milliers de dollars), il achèterait un Norval Morrisseau, une référence à la chanson à succès du groupe, If I Had a Million Dollars.

Avec les informations de La Presse canadienne

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