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L’image que vous projetez en ligne est-elle authentique?

Une jeune femme se fait photographier à l'aide d'un cellulaire.

Les experts et les gens du milieu ont des opinions variées lorsqu'il est question de savoir si notre représentation sur les réseaux sociaux est authentique.

Photo : Josh Rose/Unsplash

Geneviève Lasalle

En cette période de rentrée scolaire, les photos d’enfants souriants aux vêtements tout neufs se multiplient sur les réseaux sociaux. Cette publication semble être devenue obligatoire, entre celles des barbecues ensoleillés, de la famille au verger et des sorties à la plage.

Ces images soignées d’une vie enjolivée, dépourvue de difficultés et d’embûches mènent certaines personnes qui en ressentent de la pression et à se poser la question : l’image que l'on projette en ligne est-elle le reflet authentique de notre véritable quotidien?

Une authenticité à géométrie variable

Quand vient le temps de parler d'authenticité sur les réseaux sociaux, Janni Aragon, directrice du programme de Technologie et Société à l’Université de Victoria, laisse peu de place à la nuance.

Elle souligne que nous présentons tous notre moi idéal : qui nous voulons être au lieu de qui nous sommes vraiment. On s’assure de publier la photo la plus flatteuse [...] on prétend ne jamais connaître de mauvaise journée, dit Mme Aragon.

Une femme regarde une photo d'elle-même sur Instagram.

Au Canada, 96% des 15 à 24 ans utilisent les réseaux sociaux, selon Statistique Canada. Ils sont nés dans un monde où Internet existait déjà, rappelle le professeur Richard Smith, de l'Université Simon Fraser.

Photo : Kate Torline/Unsplash

Richard Smith, professeur à la l'Université Simon Fraser et directeur du programme numérique du Centre des médias, croit pour sa part qu’il faut remettre les choses en perspective.

Après tout, plaide-t-il, l’humain a toujours cherché à montrer les meilleures facettes de sa personnalité .

Différentes images pour différentes occasions

Notre image et notre personnalité varient en fonction de notre emploi du temps, dit M. Smith. En famille, à l’église, dans un bar ou au travail, nous ne dévoilons qu’une image adaptée au contexte et aux gens avec qui nous nous trouvons.

Selon lui, l’image que nous projetons en ligne n’est donc qu’une extension de ce phénomène.

Des jeunes fêtards dans un bal masqué.

Poser la question des personnalités « authentiques » revient à se demander si nous avons une seule image, croit le professeur Richard Smith. « Si vous sortez le soir, vous vous maquillez, vous portez des vêtements différents, vous vous présentez de manière différente [...] qu'au travail », par exemple.

Photo : Efren Barahona/Unsplash

Les plateformes comme Facebook et Instagram ne créent rien de nouveau, elles canalisent ce que les êtres humains ont toujours fait.

Richard Smith, professeur à l'Université Simon Fraser

Eva Taylor, responsable des médias sociaux à Hootsuite, abonde dans le même sens.

Nos interactions face à face présentent souvent une image complète de nous-mêmes, et ne reflètent pas toujours notre véritable personnalité. Par contre, en ligne, vous pouvez trouver des groupes d’intérêts et potentiellement parvenir à vous exprimer plus facilement, estime-t-elle.

Influencer avec des faussetés?

Plusieurs influenceurs, ou créateurs de contenus comme ils préfèrent être appelés, ressentent la pression de toujours devoir présenter une image soignée et une vie idyllique s’ils veulent conserver leurs abonnés et réussir à décrocher les contrats lucratifs qu’ils ont ciblés.

Une jeune femme se fait photographier en contre-plongée de dos dans un champ de lavande. Des ballons enjolivent la scène.

Nicolas Bon, fondateur de l'agence Clark Influence, croit que la majorité des influenceurs sont des gens qui aiment à la base partager tout ce qu’ils font sur les réseaux sociaux. C’est un trait de personnalité qui les rend authentiques auprès de leurs abonnés.

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Claudie Laporte est une blogueuse « art de vivre » québécoise vivant sur la côte ouest. Elle a bien connu cette pression, qui, selon elle, émane de la comparaison excessive avec d’autres gens à qui tout semblait mieux réussir.

Des gens croyaient que ma vie était parfaite. Je me suis rendu compte que, si c’était faux pour moi, alors, c’était faux pour d’autres.

Claudie Laporte, blogueuse « art de vivre »

Elle tente désormais de faire preuve de plus d’authenticité et de présenter sa vie telle qu’elle est, de jour en jour.

Même s'il estime que le phénomène n'est pas prévalent, l'agent d'influenceurs Nicolas Bon reconnaît qu’il existe parfois une distorsion entre la personnalité réelle de ses clients et ce qu’ils projettent en ligne.

Le côté négatif de certains influenceurs, c’est d’essayer de diffuser un côté de leur vie qui n’est pas propre à leur personnalité , dit-il.

Ça peut nuire à une génération qui pense que des personnes vivent une vie qui n’est pas vraiment leur vie.

Nicolas Bon, de l'agence Clark Influence

Partager davantage, gage d’authenticité?

Pour Eva Taylor, de Hootsuite, l’utilisation moderne des réseaux sociaux rend le fait de manquer d’authenticité difficile. Le partage constant et en temps réel montre les utilisateurs sous leur vrai jour, avec ses bons côtés comme ses mauvais.

Le problème, selon Janni Aragon, c’est qu’on n’arrive plus à discerner le vrai du faux. Certains blogueurs de style de vie vont même jusqu'à utiliser des logiciels de manipulation d'images pour faire semblant de voyager explique-t-elle.

Colombie-Britannique et Yukon

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