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YouTube écope d’une amende historique de 170 M$ pour avoir collecté des données d’enfants

Deux jeunes filles regardent une tablette.

YouTube devra désormais mettre en place un système qui obligera les chaînes d’identifier leur contenu qui est adressé aux enfants afin qu’elle ne soient pas accompagnées de publicités ciblées.

Photo : getty images/istockphoto / vladans

Radio-Canada

Google et sa filiale YouTube devront payer 170 millions de dollars d'amende aux États-Unis pour avoir enfreint la loi en exposant les enfants à des vidéos inappropriées ou en collectant leurs données personnelles, a indiqué mercredi l'agence de protection des consommateurs et consommatrices FTC dans un communiqué.

Cet accord à l'amiable, qui doit encore recevoir le feu vert du ministère de la Justice, est le plus important à ce jour dans une affaire impliquant la protection de la vie privée des enfants.

YouTube a vanté sa popularité chez les enfants auprès d'entreprises qu’il courtisait, a souligné le patron de la FTC, Joseph Simons. Toutefois, pour ce qui est du respect de la loi, l'entreprise a refusé de reconnaître qu'une partie de sa plateforme était destinée aux enfants. Il n'y a aucune excuse pour la façon dont YouTube a violé la loi.

En avril 2018, 23 organisations de défense des droits numériques et de protection de l'enfance avaient déposé une plainte auprès de la FTC. Elles accusaient YouTube de recueillir les informations personnelles de personnes mineures (localisation, appareil utilisé, numéros de téléphone) sans que les parents ne le sachent, et de s'en servir pour permettre de la publicité ciblée.

La plateforme a créé en 2015 un site web dédié aux enfants de moins de 13 ans, YouTube Kids. Son site Internet principal, officiellement interdit aux moins de 13 ans, regorge toutefois de dessins animés, de comptines pour tout-petits et de publicités pour des jouets.

Cela enfreint la Children's Online Privacy Protection Act (COPPA), une loi qui interdit depuis 1998 la cueillette et l'utilisation commerciale de données des enfants de moins de 13 ans sans l'accord explicite des parents.

YouTube devra désormais mettre en place un système qui obligera les chaînes à identifier leur contenu qui est adressé aux enfants afin qu’il ne soit pas accompagné de publicités ciblées. Le site web devra aussi obtenir le consentement des parents avant de récolter ou de divulguer des informations personnelles de leurs enfants.

La présidente-directrice générale de YouTube, Susan Wojiciki, a affirmé dans un billet de blogue que la plateforme se servirait également de l’intelligence artificielle pour repérer automatiquement du contenu qui cible les enfants. Elle a également précisé qu’il serait désormais impossible de commenter sur ces vidéos.

Accord critiqué

Dans un communiqué émis la semaine dernière, l'association Center for Digital Democracy (CDD), une des parties plaignantes qui a pour mission de tenir responsables des entreprises qui se servent irresponsablement de données personnelles, a estimé qu’un accord comme celui annoncé mercredi serait terriblement modeste au vu du chiffre d'affaires de Google.

Exiger que Google suive la loi est une sanction inutile, a commenté le chef de la direction du CDD, Jeffrey Chester, en entrevue au New York Times. C’est l’équivalent d’un policier qui intercepte une personne qui roule à 175 km/h et qui la laisse s’en sortir avec un avertissement.

Les deux commissaires démocrates ayant voté en défaveur de l’accord ont dénoncé le fait que, selon eux, celui-ci ne tient pas YouTube suffisamment responsable d’avoir illégalement recueilli des données d’enfants, soulignant que l’entreprise a engrangé énormément de profits à l’aide de cette pratique au fil des ans.

Avec les informations de Agence France-Presse, et New York Times

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