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Les films canadiens à ne pas manquer au TIFF cette année

Un couple âgé s'enlace tendrement près d'un lac

La première du film « Il pleuvait des oiseaux » de Louise Archambault se déroule à Toronto au 44e TIFF

Photo : Courtoisie du TIFF

Radio-Canada

Que voir au sein de la programmation du 44e Festival international du film de Toronto? Pourquoi pas un film canadien? Nous vous offrons quelques recommandations.

ANTIGONE

Une jeune femme regarde vers la droite.

Le film « Antigone » de Sophie Deraspe est attendu au 44e TIFF.

Photo : Courtoisie du TIFF

Enfant, suite au meurtre de ses parents, Antigone a quitté l’Algérie pour s’installer à Montréal avec sa grand-mère, ses frères et sa sœur.

Aujourd’hui adolescente, élève méritoire vivant sa première histoire d’amour, elle voit son frère aîné tomber gratuitement sous les balles d’un policier nerveux, et son cadet menacé de déportation. Elle décide alors de tout risquer pour sa famille, quitte à mettre en danger son propre futur.

S’inspirant librement de la tragédie grecque de Sophocle, Sophie Deraspe actualise le mythe d’Antigone dans le Montréal-Nord d’aujourd’hui, pour en faire un commentaire poignant sur l’immigration, la justice et sur les idéaux de la jeunesse.

Dans le rôle-titre, Nahéma Ricci est une révélation. Très justement nommée au TIFF comme étant une des étoiles montantes de la catégorie Rising Stars, Nahéma Ricci porte le film sur ses épaules avec une performance incandescente, courageuse, et d’une grande droiture.


IL PLEUVAIT DES OISEAUX

Un couple agé se serre près d'un lac.

La première du film « Il pleuvait des oiseaux » de Louise Archambault se déroule à Toronto au 44e TIFF.

Photo : Courtoisie du TIFF

Trois vieux ermites vivent dans les bois, savourant leur solitude.

À la mort de l’un d'eux, sa cabane sera reprise par une nouvelle amie, une octogénaire fuyant enfin le centre psychiatrique où on l’a injustement internée depuis l’adolescence. Débarque également à leur refuge une jeune photographe, récoltant les témoignages sur les grands feux ayant ravagé la région, des décennies plus tôt.

Louise Archambault (Gabrielle) adapte ici le roman du même nom de Jocelyne Saucier, avec une distribution de grands acteurs.

Si les comparses joués par Gilbert Sicotte et Rémi Girard valent le détour, c’est Andrée Lachapelle qui insuffle la vie au film. Grande dame du théâtre québécois, elle joue ici ce qui sera son dernier rôle au cinéma, une ultime offrande fragile, pleine de tendresse — le rôle romantique d’une femme qui, au crépuscule de sa vie, est toujours à l’âge des premières fois.


KUESSIPAN

Deux femmes s'enlacent.

Myriam Verreault s'est inspirée de l'œuvre de Naomi Fontaine pour son film « Kuessipan ».

Photo : Courtoisie du TIFF

Pour son premier long-métrage de fiction, la Québécoise Myriam Verreault (À l’ouest de Pluton) a choisi d’adapter les mots de l’autrice innue Naomi Fontaine.

Là où le roman Kuessipan était fait de fragments du quotidien sur la réserve autochtone de Uashat, le film se concentre sur deux adolescentes, Mikuan et Shaniss, amies depuis toujours, mais à la croisée des chemins.

L’une est déjà mère, dans une relation difficile avec un copain imprévisible. L’autre commence à regarder au-delà des limites de la réserve, amoureuse d’un blanc, prête à partir pour Québec afin d'y étudier la littérature. Est-ce que partir est une trahison?


THE TWENTIETH CENTURY

Un homme avec un sac de papier sur la tête marche dans une forêt d'arbres coupés.

Le film « The Twentieth Century » de Matthew Rankin s'inspire des journaux de William Lyon Mackenzie King.

Photo : Courtoisie du TIFF

Nous sommes à l’orée du vingtième siècle. Le jeune William Lyon Mackenzie King a de grandes ambitions, et s’apprête à aller vers le destin que lui a prédit sa mère : celui de premier ministre du Canada. Mais tout d’abord, il devra affronter la charismatique compétition et combattre ses pulsions charnelles envers les chaussures de femmes! 

Matthew Rankin a étudié l’histoire avant de se tourner vers le cinéma, ce qui le pousse depuis longtemps à explorer de façon très singulière des personnages historiques, avec des courts-métrages comme Mynarski, Chute mortelle et Tesla, lumière du monde

Pour son premier long-métrage,The Twentieth Century, le cinéaste a plongé dans les journaux personnels de Mackenzie King et les a interprétés selon sa fantaisie. Comblant les non-dits avec ses propres conclusions, brodant autour des faits historiques et exaltant les destins de différents personnages, il signe une œuvre artisanale dense, extrêmement libre, audacieuse et hilarante.

Moins une leçon d’histoire qu'un cauchemar enfiévré; tourné en 8 et 16 mm dans des décors de carton-pâte, le film a bien trouvé sa place au sein de la programmation de Midnight Madness, où le public nocturne devrait l'accueillir avec une certaine jubilation.


BLOOD QUANTUM

Trois hommes sont debout avec des armes aux mains.

Le film « Blood Quantum » du cinéaste néo-brunswickois Jeff Barnaby.

Photo : Courtoisie du TIFF

L’ouverture de la section Midnight Madness a été confiée cette année à un film canadien, deuxième long-métrage du cinéaste d’origine micmaque Jeff Barnaby (Rhymes for Young Ghouls).

Dans Blood Quantum, une réserve autochtone se retrouve être l’unique sanctuaire contre une sévère épidémie de zombies — ses habitants étant les seuls ayant une immunité contre le fléau.

Alors que les blancs des villages voisins demandent asile, la communauté micmaque doit décider si pour les aider ils sont prêts à mettre en péril leur survie… et celle de la race humaine.

Commentaire critique sur l’assimilation et le colonialisme, Blood Quantum ne boude tout de même pas son plaisir et s’approprie les codes du film de zombie avec tout ce qu’ils contiennent de violent y compris de festifs démembrements de morts-vivants!


SONG OF NAMES

Un jeune garçon joue du violon.

« The Song of Names » du réalisateur québécois François Girard

Photo : Courtoisie du TIFF

Le Québécois François Girard a fait sa marque avec de grands films musicaux — que ce soit le biographique 32 short films about Glenn Gould, ou la grandeur épique de son Violon Rouge.

Après avoir creusé dans l’histoire de Montréal avec Hochelaga, Terre des âmes, il nous revient maintenant avec un nouveau film en anglais, une nouvelle grande œuvre épique traversant les époques, bercées par le son du violon.

Un jeune violoniste prodige, orphelin survivant de l’Holocauste, disparaît avant sa première performance publique. Des décennies plus tard, celui qui était son meilleur ami (Tim Roth) décide de retrouver sa trace.

The Song of names est adapté du roman de Norman Lebrecht et met également en vedette Clive Owen.


GUEST OF HONOUR

Un homme est assi et tient un porte-bonheur dans sa main.

« Guest of Honour » est le plus récent film d'Atom Egoyan.

Photo : Courtoisie du TIFF

Jim (David Thewlis) est un inspecteur sanitaire qui s’assure de la propreté des restaurants de la banlieue de Toronto. Quand sa fille, une enseignante accusée d’avoir abusé d’un élève, refuse l’aide de son père pour laver sa réputation, il se jette avec ardeur dans son travail.

Casse-tête en plusieurs époques, Guest of Honour lève doucement le voile sur un drame familial en plusieurs volets.

Le Torontois Atom Egoyan aura eu l’honneur de présenter son film en compétition à la Mostra de Venise avant de l’offrir au public de sa ville.


COPPERS

Un homme tient un verre d'eau et regarde vers la gauche.

Le documentaire « Coppers » du Torontois Alan Zweig

Photo : Courtoisie du TIFF

Pour son nouveau documentaire, le Torontois Alan Zweig est allé à la rencontre de policiers ontariens retraités, des hommes et des femmes qui ont longtemps fait partie des forces de l’ordre.

D'une part, on confirme certains préjugés sur les policiers d’une autre époque — sexistes, racistes, abusant avec arrogance de leur pouvoir… Mais surtout, on s’attarde sur le fait qu’on ne quitte pas toujours la profession indemne; qu’être appelé sur les lieux de crimes et d’accidents violents laisse des traces.

Ce sont d’anciens officiers blessés, en rémission de leurs traumas, qui se confient généreusement sur la nature de leurs peurs, de leurs regrets et de leurs traumas; sur les images et les morts qui les hantent.

Récipiendaire du prix du meilleur film canadien en 2013 avec When Jews Were Funny, et du prix Platform 2015 avec Hurt, Zweig signe avec Coppers un film dépouillé et extrêmement humain, à l’écoute de ses sujets avec une infinie empathie.

Le 44e Festival international du film de Toronto se déroule du 5 au 15 septembre.

Toronto

Cinéma