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Le ministre Simon Jolin-Barrette hérite du dossier de la langue

Le reportage de Hugo Lavallée

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

François Legault confiera désormais le dossier de la langue française au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, afin de permettre à sa collègue de la Culture, Nathalie Roy, de se concentrer sur son mandat principal.

Rappelant que la vision du nationalisme de la Coalition avenir Québec (CAQ) repose essentiellement sur trois piliers – laïcité, langue française et culture –, le premier ministre du Québec a déclaré en conférence de presse, mercredi, qu'il tombe sous le sens de réunir sous la gouverne d'un même ministre les responsabilités de la langue française et de l'immigration.

Le jeune ministre hérite également du dossier de la réforme parlementaire. Il conserve par ailleurs ses fonctions de leader parlementaire du gouvernement qu'il occupe depuis son assermentation, l'automne dernier.

Ce rapprochement de la langue et de l'immigration sous un seul chapeau s'inspire directement, souligne M. Legault, des conclusions du rapport qu'avait présenté la députée caquiste Claire Samson en 2016 sur la promotion de la langue française et la francisation des immigrants.

On pense que ces ajustements au Conseil des ministres vont permettre d’avoir un gouvernement qui est plus fort, plus cohérent, pour travailler sur ces deux grandes priorités pour un gouvernement nationaliste, c’est-à-dire la langue française et la culture.

François Legault, premier ministre du Québec

Le ministre Jolin-Barrette s'est quant à lui dit motivé par ce nouveau défi, dans la mesure où la langue française occupe une place vitale pour l’avenir de la nation québécoise.

C’est ce qui est cœur de notre réalité et de notre identité, a-t-il ajouté.

Sonia LeBel à la réforme électorale

François Legault a également profité de ces « ajustements » au sein de son cabinet pour confier à la ministre Sonia LeBel la responsabilité des institutions démocratiques, de la réforme électorale et de l’accès à l’information qui s’ajoutent à ses fonctions actuelles de ministre de la Justice et de ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Quant à Nathalie Roy, elle était depuis quelque temps la cible de critiques pour sa gestion du dossier linguistique.

Mercredi, François Legault lui a réaffirmé sa confiance en expliquant qu'elle pourrait désormais se consacrer pleinement à son rôle de ministre de la Culture et des Communications. Un domaine où beaucoup de travail est à faire, a-t-il rappelé, notamment face à la crise qui secoue les médias québécois actuellement.

On a des défis immenses à relever pour la culture qui est confrontée au nouveau monde numérique, et on a vu à quel point ce phénomène crée des défis importants, notamment pour les médias québécois.

Nathalie Roy, ministre de la Culture du Québec

La décision du premier ministre de délester Mme Roy du dossier de langue survient quelques jours à peine après qu'il eut rencontré l'ancienne première ministre péquiste Pauline Marois, qui lui a fait part de ses préoccupations quant à l'état de la langue française.

L'opposition réclame des actions

Des préoccupations que partage le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, pour qui le gouvernement Legault est loin d'avoir fait ses preuves en matière linguistique.

Ce qui serait surtout une bonne idée, c’est de poser des gestes concrets en matière linguistique, a-t-il déclaré aux journalistes en réaction aux nouvelles fonctions du ministre Simon Jolin-Barrette.

Ce sont les résultats qui comptent. Que le gouvernement réalise que la titulaire du ministère responsable de la langue n’est pas la bonne personne, ça fait partie de la régie interne du gouvernement. Nous, on va se pencher sur les résultats, a expliqué le chef péquiste par intérim.

Est-ce qu’ils ont proposé quelque chose [en matière linguistique]? Rien. C’est du marketing, a-t-il poursuivi.

Mme Roy n’était manifestement pas capable d’assumer les fonctions de responsable de l’application de la Charte de la langue française et la promotion de la langue française, a commenté Christine St-Pierre, porte-parole du Parti libéral pour la protection de la langue française.

Mme St-Pierre n’a pas manqué de décocher une flèche en direction du premier ministre caquiste.

On voit aussi que M. Legault est beaucoup plus rapide pour rétrograder des femmes au Conseil des ministres que rétrograder des hommes.

Christine St-Pierre, porte-parole du PLQ pour la protection de la langue française

De son côté, Québec solidaire souligne que ce sont beaucoup de responsabilités pour un seul homme.

Renforcer la loi 101

Maxime Laporte, président du Mouvement Québec français, estime que l’élément majeur est l’idée voulant que la réouverture de la loi 101 ne soit plus exclue.

Il ajoute que la position de Mme Roy était intenable par rapport aux engagements de sa propre formation politique, des experts en la matière et tous les acteurs et de la société civile qui martèlent depuis si longtemps la nécessité de renforcer la loi 101.

Parmi les changements qu'apporte le premier ministre Legault à son gouvernement, notons aussi l'assermentation du whip du parti, Éric Lefebvre, et du président du caucus, Mario Laframboise, qui assisteront désormais aux réunions du Conseil des ministres.

Cette tradition avait été abandonnée par la CAQ lors de son accession au pouvoir en 2018.

Des besoins criants en francisation

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