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Université de l'Ontario français : « commencer par le commencement »

Des étudiants dans une salle d'informatique

Un ancien haut fonctionnaire ontarien croit que la formule retenue pour l’Université de l’Ontario français est inadéquate et ne devrait pas être financée.

Photo : Getty Images/iStock/Michael Jung

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des acteurs dans le dossier de l'Université de l'Ontario français répondent aux critiques de l'ancien sous-ministre adjoint Daniel Cayen. Ils estiment que le projet actuel représente une première étape et qu'il n'empêche pas de voir grand à plus long terme.

« Entendons-nous sur une chose : nous voulons tous l’équivalent d’une Université McGill de langue française dans la ville de Toronto », écrit l'ex-recteur par intérim de l’Université de l’Ontario français Normand Labrie, dans une lettre publiée sur Facebook. 

Plus tôt cette semaine, alors que plusieurs se réjouissaient des progrès dans les négociations fédérales-provinciales pour la création de l'Université de l'Ontario français, un observateur de la scène politique a jeté un pavé dans la mare.

Daniel Cayen, ancien sous-ministre adjoint à ce qui s'appelait alors l'Office des affaires francophones de l'Ontario, ne mâchait pas ses mots. Ma position, c'est que le projet, comme conçu, ne devrait pas du tout être financé, soutient l'ancien haut fonctionnaire, à la retraite depuis cinq ans.

Un homme en chemise beige donne une entrevue

Daniel Cayen pense que le concept actuel est voué à l’échec.

Photo : Radio-Canada

Dans une longue lettre publiée sur Facebook, Daniel Cayen pressait les ministres Mélanie Joly, Caroline Mulroney et Ross Romano de ne pas donner un sou à ce projet bidon.

M. Cayen estime que le comité dirigé par Dyane Adam qui a proposé le concept de l'université avait les mains liées. Il ne pouvait, soutient-il, proposer une formule provinciale qui éliminerait les universités bilingues (Ottawa, Laurentienne et Glendon) ni dédoubler ce qui était déjà offert en français dans ces établissements.

À son avis, impossible, dans ce contexte d'avoir un projet viable.

Moi, je crains fortement que ça tue le rêve qu'on a depuis la fin des années 1970 d'une université de langue française en Ontario une fois pour toutes.

Une citation de :Daniel Cayen, ancien sous-ministre adjoint à l'Office des affaires francophones de l'Ontario

Ça laisse des milliers, des dizaines de milliers d'étudiants de langue française en Ontario qui vont devoir continuer d'étudier dans des établissements bilingues, conclut-il. C'est tout à fait inacceptable.

Une approche plus réaliste?

Normand Labrie, qui a été recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français jusqu'au début de l'été, reconnaît que la province a imposé des balises au comité qui a proposé le modèle actuel.

Il considère qu'il aurait été téméraire pour le gouvernement ontarien de révoquer la vocation bilingue de certaines universités, une approche qui aurait généré le chaos, à son avis.

Nous disposons d’institutions bilingues en Ontario, qui toutes imparfaites qu’elles soient du point de vue de l’offre et des services destinés aux francophones, remplissent une mission importante en enseignement, recherche et service à la collectivité.

Une citation de :Normand Labrie, ex-recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français
Normand Labrie, recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français.

Normand Labrie croit que toucher au mandat des universités bilingues n'aurait pas été sage.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Bouchard

M. Labrie convient que les Franco-Ontariens peuvent rêver d'une université équivalente à l'Université McGill. Il rappelle toutefois que cette université a été fondée en 1821 et qu'elle dispose d'un budget d'environ 900 millions de dollars.

Si le Conseil de planification avait conçu l’UOF selon de tels paramètres, conclut-il, elle n’existerait tout simplement pas aujourd’hui. Il nous faut commencer par le commencement.

Conclure une entente

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), qui fait pression pour que le projet actuel soit financé par les gouvernements, se réjouit plutôt qu'il y ait finalement du progrès dans le dossier.

Après un échange de lettres et d'ultimatums qui tenait surtout du jeu politique, Ottawa a fait parvenir au gouvernement ontarien un protocole d'entente pour le financement de l'université.

Ce qui est important, c'est de réussir à avoir une entente entre les deux ordres de gouvernement et qu'on puisse aller de l'avant avec le dossier.

Une citation de :Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario
Un homme en entrevue

Carol Jolin, de l’AFO, croit que la priorité est d’obtenir une entente entre Ottawa et la province.

Photo : Radio-Canada

M. Jolin ajoute qu'il respecte Daniel Cayen, qui a travaillé sous le gouvernement précédent, mais que beaucoup de choses ont bougé depuis.

Il croit que les ententes avec d'autres universités et les programmes permettront de répondre aux besoins du marché.

À son avis, chaque report du projet a des conséquences, parce que c'est une autre cohorte d'élèves du secondaire qui n'a pas l'occasion de poursuivre des études en français dans la région de Toronto.

Des étudiants défendent l'UOF

De son côté, le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) se dit très heureux que la ministre Mélanie Joly ait soumis un protocole d'entente au gouvernement Ford dans le but de financer l'Université de l'Ontario français (UOF).

Maintenant, la balle est vraiment dans la cour du gouvernement provincial, puis on espère qu’il signe à son tour rapidement, a déclaré la coprésidente du RÉFO, Marie-Pierre Héroux.

Concernant les réserves exprimées autour de l'UOF, le RÉFO défend au contraire le projet. On ne croit pas qu'appuyer l’UOF nuit à nos ambitions et notre projet à long terme. Au contraire, nous on a toujours vanté les avantages potentiels d'un rapatriement des programmes, puis on continue d’y croire encore aujourd’hui, a rapporté Marie-Pierre Héroux.

C’est la première étape de quelque chose de plus gros, on ne peut pas dire non à ce projet-là surtout parce que le besoin est vraiment criant dans le sud-ouest.

Une citation de :Marie-Pierre Héroux, coprésidente du RÉFO

Selon Marie-Pierre Héroux, l’UOF permettra de combler des besoins criants pour une éducation universitaire en français dans l'ouest de la province.

L’UOF va pouvoir combler ces besoins-là dans un premier temps tout en gardant une visée provinciale, par le rapatriement de certaines institutions, des programmes conjoints ou par l’ouverture de nouveaux programmes, considère-t-elle.

Avec les informations de Natasha MacDonald-Dupuis

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