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Un conseil municipal sous haute tension à Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Deux policiers font leur entrée dans la salle sous l'oeil des caméras.

La police était présente, mardi, pour assurer le bon déroulement de la séance extraordinaire du conseil municipal de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides.

Photo : Radio-Canada / Jaela Bernstein

Jérôme Labbé

Les élus de Sainte-Marthe-sur-le-Lac préviennent les résidents qui s'opposent au rehaussement de la digue dans le lac des Deux Montagnes que des moyens judiciaires seront pris contre eux s'ils empêchent la reprise des travaux mercredi matin.

La mairesse de la municipalité, Sonia Paulus, a annoncé mardi lors d'une séance extraordinaire du conseil municipal qu'une demande d'injonction sera déposée mercredi matin pour assurer la bonne marche du chantier, qui vise à terme à consolider et à relever la digue d'un mètre et demi en vue du printemps prochain.

Cette démarche judiciaire vise d'abord et avant tout à permettre aux employés de la Ville d'accéder à n'importe quel terrain, peu importe la permission des propriétaires, qui ont été nombreux dans les derniers jours à refuser l'accès aux ouvriers, prétextant que la future digue sera inutilement trop haute et qu'elle obstruera la vue aux riverains.

Ces résidents récalcitrants, qui ont mis en demeure la Ville de cesser les travaux, seraient au nombre de 30, selon Serge Racette, l'un des membres les plus visibles du groupe, qui était présent, mardi, lors de la séance spéciale du conseil municipal.

Là où on est en désaccord, c'est avec l'ampleur du projet qu'ils veulent nous imposer, a expliqué M. Racette aux journalistes. Ce n'est pas une digue qu'ils font, c'est un barrage selon la loi des barrages. Si vous voyiez la démesure de ce qui s'en vient, c'est un non-sens.

Sainte-Marthe-sur-le-Lac va être une ville enclavée derrière un mur de six pieds.

Serge Racette, riverain

La réunion s'est déroulée dans un climat tendu sous l’œil vigilant des policiers. Bien que les caméras n'aient pas été admises à l'intérieur, les représentants de Radio-Canada ont constaté les divergences de point de vue entre les citoyens qui s'étaient déplacés en grand nombre pour l'occasion.

Si les uns craignent de voir se dégrader le panorama visible depuis leur résidence, les autres s'impatientent de voir débuter des travaux ambitieux qui devront indubitablement être terminés avant l'hiver.

Il y a une citoyenne qui est venue en assemblée, qui a pris le micro et qui m'a dit : "Mme Paulus, vous me gâchez la vie", raconte la mairesse. Mais moi, si je ne prends pas une action pour rehausser la digue, je gâche la vie de combien de gens en arrière? Ça n'a pas de sens! C'est 6000 personnes à qui je gâche la vie s'ils sont de nouveau inondés, alors la vue du lac, là... À un moment donné, il faut faire la part des choses.

Les débats se sont même transportés à l'extérieur de l'hôtel de ville une fois la séance terminée, des citoyens n'hésitant pas à haranguer Serge Racette en lui reprochant de mettre en péril leur sécurité. Le principal intéressé s'est défendu en rappelant que la digue n'avait pas été submergée le printemps dernier, mais qu'elle s'était plutôt brisée.

Les travaux en question devraient théoriquement reprendre vers 8 h mercredi matin. Les employés de la Ville procéderont, dans un premier temps, à la dévégétalisation de la digue en vue de son rehaussement par la suite.

L'accès au lac est clôturé. Sur une pancarte, on peut lire : « Travaux de renforcement, de rehaussement et d'imperméabilisation de la digue. Danger. Chantier interdit au public. Défense de passer. »

Le chantier de la future digue de Sainte-Marthe est interdit au public.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Par ailleurs, la très grande majorité des maisons inondées qui devaient être détruites à la suite de l'inondation soudaine du mois d'avril ont été démolies. Au moins 52 résidences sur 60 ont été rasées depuis le début de l'opération, il y a trois semaines.

Ces terrains ne resteront toutefois pas inhabités longtemps. Les propriétaires du domaine où sont situées ces maisons modulaires vont relouer leurs terrains. Ils affirment avoir l'autorisation de la Ville pour réinstaller des maisons tout près de la digue, une fois que les travaux de renforcement, estimés à 43 millions de dollars, seront terminés.

Avec les informations de Julie Marceau, Dorothée Giroux et Jaela Bernstein

Grand Montréal

Politique municipale