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L’Alberta trop dépensière, juge un groupe de travail

L'édifice de l'Assemblée législative de l'Alberta, à Edmonton. L'Alberta enregistre un recul de son déficit au troisième trimestre fiscal 2017-2018. Son PIB fait un bond de 4,5 %.

Le groupe de travail dirigée par Janice MacKinnon conclut que l'Alberta pourrait économiser des milliards de dollars en réduisant ses dépenses.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pelletier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe de travail chargé de réduire les dépenses de l'Alberta juge que la province est trop dépensière. Le rapport publié mardi contient 26 recommandations, incluant une hausse des frais de scolarité et un encadrement législatif pour les salaires des fonctionnaires.

Le document, rédigé par l'ancienne ministre des Finances de la Saskatchewan Janice MacKinnon, à la demande du premier ministre albertain, Jason Kenney, avait été remis au gouvernement à la mi-août. Il a été présenté au public mardi.

Selon les auteurs, l’Alberta ferait des économies de 10,4 milliards de dollars par année si la province dépensait de manière comparable aux trois plus grandes provinces canadiennes, soit l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique.

En restreignant les dépenses, l’Alberta aurait un surplus de 3,7 milliards de dollars actuellement, au lieu d’un déficit de 6,7 milliards de dollars, indique le rapport.

Le document note aussi que l’Alberta est la province qui dépense le plus par personne, une situation financière critique qui exige des mesures décisives .

Le groupe d'experts recommande que les salaires des travailleurs du secteur public fassent l'objet d'une loi, que les cliniques privées puissent effectuer des procédures de jour et que le gel sur le coût des études postsecondaires soit levé.

Le comité recommande aussi au gouvernement de revoir tous ses programmes, de transférer certains services vers le secteur privé et d'éliminer certains programmes jugés moins prioritaires.

La santé et l'éducation dans le collimateur

Le rapport conclut que les enseignants, les médecins et les infirmières de l'Alberta sont mieux rémunérés que leurs confrères de la Colombie-Britannique, de l'Ontario et du Québec.

Selon le rapport, le gouvernement devrait également envisager de fermer certains des 26 établissements d'enseignement postsecondaire de l'Alberta. En augmentant les frais de scolarité, le secteur dépendrait moins des subventions gouvernementales, note le document.

Dans le secteur de la santé, le groupe d’experts suggère au gouvernement de renégocier les salaires des médecins. Il propose aussi de recourir davantage au secteur privé et aux organismes à but non lucratif lorsque c’est possible.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Sarah Hoffman, se dit « déçue, mais pas choquée » de la direction prise par le groupe de travail.

Elle accuse le premier ministre de revenir sur sa promesse de maintenir ou d'augmenter les dépenses en santé et en éducation.

« Il a dit qu’il ne s’en prendrait pas aux enseignants et aux infirmières, et c’est exactement ces contrats que ce rapport est en train d’attaquer », s’indigne-t-elle.

La fonction publique révoltée

Le Syndicat des employés provinciaux de l'Alberta (AUPE) s’explique mal que le rapport ne s’intéresse qu’aux dépenses et pas aux sources de revenus de l’État.

« [Le groupe de travail] demande des reculs et des réductions dans les salaires et les avantages sociaux des travailleurs albertains pendant que le gouvernement accorde des milliards de dollars [en réduction d’impôts] aux entreprises. Ce sont des milliards de dollars en revenus qui sont perdus au profit des amis du Parti conservateur uni », affirme le président de l’AUPE, Guy Smith.

En plus de la remise en question du salaire de ses membres, l’Association des enseignants de l’Alberta (ATA) s’inquiète des changements proposés à la formule de financement des établissements scolaires.

Le président de l’ATA, Jason Schilling, estime que le milieu de l’Éducation est déjà fragilisé après plusieurs changements législatifs controversés et une révision du programme scolaire qui ne l’est pas moins.

« Si le gouvernement décide de suivre les recommandations du rapport MackInnon, il va transformer l’incertitude en instabilité. »

— Une citation de  Jason Schilling, président, ATA

Selon lui, il y a de meilleures façons de réduire les dépenses en éducation, soit en se débarrassant des tests normalisés introduits en Alberta dans les dernières années.

Le Conseil d’affaires ravi

De son côté, le Conseil d’affaires de l’Alberta (BCA) applaudit le plan du groupe de travail pour garder les dépenses de la province sous contrôle.

« Si elle ne changeait pas de trajectoire, l’Alberta se dirigerait dans une voie très négative vers des coûts élevés et des résultats moyens », croit le président du BCA, Adam Legge.

Un communiqué envoyé par l’organisme décrit le rapport comme « un message économique fort et positif qui améliorera la confiance des entreprises dans la province ».

L'Alberta reste la seule province qui n'a pas de taxe de vente provinciale. C’est aussi celle dont le produit intérieur brut par habitant est le plus élevé au pays.

Les recommandations du groupe de travail serviront à préparer le budget du gouvernement de Jason Kenney, qui doit être présenté au mois d'octobre.

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