•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

ZAO, l’application chinoise qui crée des deepfakes convaincants en quelques secondes

Une transformation de visage du personnage Jon Snow, de la série Game of Thrones

Il est possible de téléverser un seul égoportrait pour créer une vidéo dans ZAO.

Photo : Capture d'écran Twitter - Allan Xia

Radio-Canada

ZAO, une nouvelle application mobile chinoise qui permet de transposer son visage sur celui d’une personne célèbre dans une vidéo connaît un immense succès depuis son lancement, vendredi dernier. Elle fait énormément parler d’elle autant pour son efficacité impressionnante que pour ses atteintes potentielles à la vie privée.

Le fonctionnement de ZAO est simple. Il suffit de choisir un extrait vidéo dans lequel vous voulez apparaître à partir d’une galerie préétablie et fournir des égoportraits avec différentes expressions faciales qui serviront à transposer votre visage dans les images. Le tour est joué en quelques secondes, et le résultat est assez convaincant.

Il est également possible de téléverser un seul égoportrait pour créer votre vidéo, mais le rendu est alors de moindre qualité. 

L’application, qui fonctionne avec l’intelligence artificielle, a été propulsée au sommet du palmarès des téléchargements de l’App Store chinois en un jour. Elle n’est pas encore offerte dans d’autres pays.

ZAO a attiré son lot de critiques sur le média social chinois Weibo quand plusieurs utilisateurs et utilisatrices se sont attardés à sa politique de confidentialité : pour utiliser ZAO, il fallait céder des droits gratuits, irrévocables, permanents et transférables sur toutes les photos fournies, comme c’était le cas avec FaceApp il y a quelques mois. Les images pouvaient alors être utilisées à des fins de marketing.

Le développeur de l’application, Momo, a rapidement réagi à la controverse en promettant de modifier ses conditions d’utilisation, chose qui a déjà été faite, selon Bloomberg.

Nous comprenons les craintes en matière de vie privée. Nous avons bien reçu les retours des utilisateurs et utilisatrices et allons régler les problèmes que nous n'avions pas pris en considération, ce qui prendra un certain temps, a indiqué l’entreprise dans un communiqué.

La démocratisation de l’hypertrucage

Le plus grand enjeu avec la popularisation de ZAO n’est peut-être pas la potentielle atteinte à la vie privée des utilisateurs et utilisatrices, mais plutôt la démocratisation et la progression rapide de cette technologie.

Il y a un an, des développeurs disaient que ça pouvait prendre jusqu’à 14 heures d’audiovisuel pour recréer une image en deepfake [hypertrucage]. La particularité de l’application ZAO est qu’elle peut le faire avec une seule photo. Ça devient très sophistiqué quant à l’apprentissage et à l’habileté de capter des référencements faciaux, constate la spécialiste des transformations numériques Catalina Briceño.

Selon elle, les décisionnaires devraient davantage se pencher sur la prolifération et la démocratisation de l’hypertrucage, qui peut aussi être utilisé à des fins malicieuses. 

Le gouvernement Legault a annoncé qu’il tiendrait bientôt un forum sur la dépendance aux écrans, mais il devrait élargir le phénomène dont il sera question. La capacité de synthétiser des images vidéo et des voix pour cloner des individus et propager de fausses informations, c’est le genre de chose dont on doit discuter dans ces forums-là, estime Catalina Briceño.

Par exemple, une application baptisée DeepNude, qui avait vu le jour en juillet, permettait de remplacer les vêtements sur une photo par les parties du corps – y compris les parties intimes – qui devaient se trouver en dessous. Face au tollé qu’elle a suscité, son créateur l’a finalement supprimée.

Des vidéos truquées qui transposaient des visages de célébrités sur des corps d’actrices pornos ou qui falsifiaient des discours de personnalités politiques ont également fait couler beaucoup d’encre dans la dernière année.

Avec les informations de AFP, Reuters, CNN, et Wired

Intelligence artificielle

Techno