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Pourquoi les odeurs d’automne nous rendent-elles nostalgiques?

Des feuilles mortes baignent dans l'eau.

Les odeurs sont plus nombreuses en été, mais plus difficiles à discerner qu'à l'automne justement en raison de leur abondance, explique Rachel Hertz, neuroscientifique à l'Université Brown.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Chaque fois qu'il traîne ses bottes dans les feuilles d'automne et qu’il respire leur douce odeur, Egan Davis se souvient de son père travaillant dans le jardin de la maison familiale, située près d’un ravin boisé, à North Vancouver.

Pourquoi les odeurs d'automne le rendent-elles, comme bien d'autres personnes, aussi nostalgique?

Selon Rachel Herz, une neuroscientifique de l'Université Brown, une confluence de chimie, de biologie et de psychologie explique le déclenchement de différentes émotions comme l’anxiété, la tristesse ou l’excitation, en fonction de notre personnalité et d’une série de souvenirs associés à cette période de l'année.

Comment fonctionne l'odeur

Les odeurs surviennent lorsque les récepteurs du nez captent des molécules aromatiques dans l'air, dit Rachel Herz. Ces molécules s'échappent d'objets et d'organismes vivants dans l'environnement qui nous entourent.

Des feuilles qui ont changé de couleur avec le froid d'automne, des courges et de fleurs le long d'un trottoir qui mène à des escaliers.

Notre réaction émotionnelle aux odeurs vient aussi du changement de température, dit la neuroscientifique Rachel Herz.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Nous sentons plus de molécules aromatiques pendant l'été, car l'air chaud et lourd en contient davantage et leur permet de se déplacer plus rapidement dans l'atmosphère. L'inverse se produit lorsqu'il fait plus frais à l'automne. Les molécules d'air se contractent et laissent moins d'espace aux molécules d'odeurs, explique-t-elle.

« L'été, nous sommes bombardés d'odeurs, mais l'automne, nous sommes en mesure de mieux cerner des odeurs spécifiques et de les associer à cette saison.  »

— Une citation de  Rachel Herz, neuroscientifique, Université Brown

Les odeurs terreuses qui dominent à l'automne sont en grande partie le produit de plantes et des feuilles tombées qui commencent à se décomposer, laissant s'échapper l'odeur musquée de leurs sucres et de leurs composés organiques.

Viennent d'abord les émotions

Notre réaction émotionnelle à ces odeurs provient de la signification personnelle que nous avons attribuée aux moments où nous les avons sentis. Ces moments sont généralement imprimés sur notre cerveau dès l'enfance.

Plan moyen de fleurs colorées sur fond flou de fleurs des champs.

Il arrive que nous ressentions l'émotion liée à une odeur, sans jamais parvenir à nous rappeler le souvenir qui y est associé, dit la neuroscientifique Rachel Herz.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

La rencontre de la molécule et de la mémoire se produit lorsque vous sentez quelque chose de familier, ce qui déclenche en une fraction de seconde une réponse viscérale dans l'amygdale et les sections de l'hippocampe du cerveau, ces zones dans lesquelles la mémoire émotionnelle est stockée.

« Avec l'odorat, c'est d'abord l'émotion, puis nous essayons de comprendre : pourquoi est-ce que je me sens comme ça? Pourquoi suis-je nostalgique ou content? »

— Une citation de  Rachel Herz, neuroscientifique, Université Brown

De nouvelles odeurs, de nouveaux souvenirs

La définition des odeurs de l'automne s'est élargie au fil des ans pour Egan Davis, avec, notamment, aujourd’hui la douce odeur de caramel des arbres de Katsura qu’il a découverte pour la première fois alors qu'il était étudiant à l'Université de la Colombie-Britannique.

Chaque automne, au début des cours, ce professeur d'horticulture invite ses étudiants à sentir des feuilles de Katsura. Quand je les sens maintenant, je reviens au moment excitant où je les ai senties, moi aussi, pour la première fois , dit-il.

Avec les informations de Rhianna Schmunk

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