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« Bris de confiance » entre les résidents et les promoteurs du secteur Assomption-Sud–Longue-Pointe

Une carte du secteur.

Le secteur Assomption-Sud–Longue-Pointe est situé dans l'est de Montréal.

Photo : OCPM

Jérôme Labbé

Observant une « rupture de confiance » entre la population locale et les acteurs économiques du secteur Assomption-Sud–Longue-Pointe, l'Office de consultation publique de la Ville de Montréal (OCPM) recommande à l'administration Plante d'agir sans plus tarder pour réduire les nuisances associées aux activités industrielles, comme le bruit, la pollution atmosphérique et les îlots de chaleur.

Appelé à se pencher sur l'avenir du secteur, l'OCPM n'a pu que constater « l’existence d’une crise de confiance chez plusieurs citoyens qui se sont exprimés lors de la consultation », à laquelle ont participé plus de 1000 personnes le printemps dernier.

Dans une lettre accompagnant le rapport, la présidente de l'organisme, Dominique Ollivier, écrit à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, « qu’il y a un bris de confiance entre les porteurs de projets et les populations locales qui disent avoir vu se multiplier les nuisances et se détériorer leurs conditions de vie dans les dernières années, et ce, malgré la mobilisation citoyenne et les nombreux processus de consultation où les participants se sont engagés de bonne foi ».

Mme Olivier fait référence aux consultations qui se sont succédé depuis le dévoilement du projet de Cité de la logistique, dévoilé en 2015, que Projet Montréal a rebaptisé « Écoparc industriel de la Grande Prairie » après son arrivée au pouvoir. Elle note d'ailleurs que la « crise de confiance semble perdurer malgré le changement de projet proposé par la nouvelle administration montréalaise ».

« Afin d’améliorer la qualité de vie des résidents et riverains du secteur et de regagner leur confiance », l'OCPM conseille donc « d’agir dès maintenant pour réduire les nuisances actuelles, avant même la mise en place du projet d’Écoparc industriel ». Il en fait même sa recommandation numéro un.

Pour corriger cette situation, l'Office suggère notamment de corriger la chaussée de la rue Notre-Dame, qui décuple le bruit des camions; de procéder à de fréquents nettoyages des voies de circulation pour diminuer la présence de poussière; et d'interdire le camionnage sur la rue Haig.

Un projet à peaufiner

En ce qui a trait au projet de l'administration actuelle de transformer le secteur pour en faire un écoparc industriel, la commission « accueille favorablement la vision de développement économique et les aménagements proposés, mais elle recommande également plusieurs actions pour les bonifier ».

En matière de transport collectif, par exemple, l'OCPM propose d’aller de l’avant avec le projet de desserte structurante longeant la rue Notre-Dame – autrement dit, le tramway tant attendu dans l'est de Montréal. Les commissaires préconisent en outre d'implanter « un service de minibus électriques télépilotés » afin de relier les secteurs résidentiels et les principales entreprises du futur écoparc.

Carte du secteur Assomption-Sud-Longue-Pointe montrant l'emplacement du prolongement l'Assomption-Souligny.

La Ville de Montréal, l'Administration portuaire et le ministère des Transports veulent prolonger le boulevard de l'Assomption et l'avenue Souligny pour faciliter l'accès des camions au port. Une boucle de ce tracé passerait dans le boisé Steinberg.

Photo : Ville de Montréal

En ce qui concerne le prolongement vers le sud du boulevard de l'Assomption, l'Office suggère de revoir le concept d'échangeur en forme de boucle qui permettrait aux automobilistes et aux camionneurs de se rendre sur l'avenue Souligny, et vice-versa. Il propose un tunnel en courbe plutôt qu’une boucle en surface, ce qui permettrait notamment « d'étouffer le bruit des camions ».

L'OCPM recommande aussi à la Ville et à l’Administration portuaire d'avancer avec l’avant-projet du viaduc qui enjambe la rue Notre-Dame – une structure qui permettrait aux camions de sortir beaucoup plus facilement du port de Montréal –, à la condition que ce projet soit jumelé à la fermeture de l’accès Viau.

Un secteur boisé aussi rare que vulnérable

Enfin, l'Office suggère la possibilité de former un corridor écologique le long de l'ancien ruisseau Molson – une proposition largement détaillée dans un mémoire déposé par les AmiEs du parc-nature Ruisseau-de-la-Grande-Prairie.

Ce corridor passerait notamment par le boisé Steinberg, menacé par le projet de prolongement du boulevard de l’Assomption et par la boucle qui permettrait de le relier à l'avenue Souligny. Hydro-Québec souhaiterait également y installer un poste de transformation.

« Il serait souhaitable d’en préserver au moins une partie », écrit l'OCPM, qui évoque aussi dans son rapport la possibilité que la Ville de Montréal puisse acquérir des terrains pour réaliser des aménagements publics ou pour créer des sentiers végétalisés.

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