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Un ciné-club projeté dans le secteur de Hull

Une image générique d'une ancienne caméra vidéo et de la pellicule.

Du cinéma d'auteur d'ici et d'ailleurs pourrait être projeté plus régulièrement à Gatineau prochainement.

Photo : Radio-Canada

Marie-Ève DuSablon

Pour voir le plus récent long métrage de Geneviève Dulude-De Celles, Une colonie, dans la région, il aura fallu attendre le Festival du film de l’Outaouais, en mars, ou bien se déplacer vers Montréal pour pouvoir le visionner. Ciné Jonction, un nouvel organisme basé à Gatineau, tente de contrer ce type de problème en créant un nouveau ciné-club dans le secteur de Hull.

Les cinéphiles de la région de l’Outaouais pourraient voir un film de répertoire québécois ou étranger toutes les deux semaines à compter de cet automne. Ces derniers seraient présentés dans une salle déjà existante, propice aux projections et pouvant accueillir entre 100 et 250 personnes.

Ça vient d’une nécessité, d’un besoin qui est non comblé : celui de pouvoir voir du cinéma de répertoire, du cinéma québécois sur grand écran, en Outaouais, mentionne Anne-Marie Hodgson, fondatrice et présidente de Ciné Jonction.

J’ai dû moi-même faire le voyage plusieurs fois pour aller voir des films à Montréal, parce que c’était le seul endroit où ces films étaient projetés.

Anne-Marie Hodgson, fondatrice de Ciné Jonction

L’organisme à but non lucratif est composé d’environ 10 personnes passionnées par les arts et le cinéma. Ces dernières aimeraient, pour la première année, projeter de 12 à 16 films en plus de proposer un espace de rencontre et de discussions autour des œuvres présentées.

Des gens regardent un film dans une petite salle de cinéma.

Projection de film dans une petite salle

Photo : iStock

Il y a déjà eu deux ciné-clubs à Hull. L’idée est de voir, avec cette nouvelle version, quel est l’appétit du public en Outaouais et de mieux connaître les goûts des cinéphiles, confie Mme Hodgson.

Répondre à un besoin criant

En 2017, sur les 60 films produits au Québec, seulement 20 ont été présentés en Outaouais, soutient-elle.

C’est triste de voir que, collectivement, on a contribué à la production de ces films et qu’on ne peut pas toujours y avoir accès.

Anne-Marie Hodgson, fondatrice de Ciné Jonction

Or, bien que deux d’entre eux soient indépendants, les trois cinémas de la région sont à la merci des distributeurs américains et doivent s’assurer de remplir leurs salles pour une question de rendement.

Le modèle du ciné-club est-il plus viable?

Selon Anne-Marie Hodgson, le modèle du ciné-club répondrait mieux à cette offre « nichée » comparativement aux cinémas habituels.

C’est plus dur, remplir des salles sept jours sur sept. Je ne sais pas non plus si nous avons les endroits idéaux pour consommer du cinéma québécois ou un cinéma plus lent, indépendant. Je crois qu’il faut trouver des endroits qui correspondent mieux à ces films-là, ajoute-t-elle.

Le ciné-club Cinémaboule s’avère un exemple de réussite dans la région, dont Ciné Jonction aimerait s’inspirer.

N’ayant plus accès à une salle de cinéma dans la Petite-Nation, Céline Forget a fondé Cinémaboule il y a 25 ans. Le club présente désormais une vingtaine de films d’auteur québécois ou internationaux par année au Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau.

On a maintenant 55 salles en parallèle au Québec!

Céline Forget, directrice et fondatrice de Cinémaboule et présidente de l’Association des cinémas parallèles du Québec

Il y a un problème avec le modèle actuel des cinémas. Ce n’est pas une cachette. Dans les salles ordinaires, ils ne savent plus trop quoi inventer. Des fois, c’est plus la cantine qui fait vivre le cinéma que les entrées [...] Ils doivent être rentables, fait-elle valoir.

De l’avis de Mme Forget, les cinémas parallèles ont aidé à promouvoir le cinéma québécois, puisqu’ils ne sont pas soumis aux mêmes exigences qu’un cinéma indépendant ou commercial.

Les distributeurs américains un problème?

Didier Farré sourit à la caméra devant une des salles du cinéma 9.

Didier Farré, fondateur et directeur du Festival du film de l’Outaouais ainsi que propriétaire du Cinéma 9.

Photo : Radio-Canada/Martin Vanasse

Didier Farré, propriétaire du Cinéma 9, à Gatineau, depuis 23 ans, subit la pression constante des distributeurs américains qui monopolisent plusieurs de ses salles. Ce contrôle l’empêche de donner plus de place aux films d’auteur.

En décembre dernier, nous avons eu un film comme Le sens de la fête, qui est un film très porteur, mais qui a fait seulement quelques jours, parce qu’il est sorti en pleine sortie des productions américaines, soutient Didier Farré.

M. Farré est d’avis qu’à l’ère du numérique, l’expérience passe avant tout, et qu’un ciné-club peut répondre à ce besoin de visionner des films de répertoire.

Son Festival du film de l’Outaouais prouve qu’il y a un véritable intérêt pour le cinéma d’auteur. Devenu un incontournable dans la région, il offre en moyenne 70 longs métrages provenant de 20 pays différents sur 8 jours, et accueille près de 25 000 festivaliers.

Le ciné-club permet d’offrir une valeur ajoutée aux projections.

Anne-Marie Hodgson, fondatrice de Ciné Jonction

Céline Forget, de Cinémaboule, abonde dans le même sens : la création d’un espace de discussions entre les membres ou avec l’équipe de production est devenue un incontournable.

Ce qui fait en sorte que nous gardons notre clientèle, c’est qu’on est un club. Il ne faut pas oublier le mot club. C’est vraiment important que les gens puissent échanger. Il y a toujours une présentation avec le film. Les gens se connaissent. On offre aussi des activités avec des réalisateurs, souligne Mme Forget.

Ciné Jonction est présentement appuyé par Culture Outaouais et par l’Association des cinémas parallèles du Québec. L’organisme attend toujours un financement de la part du provincial et espère trouver un local pour mener le projet à terme.

Ottawa-Gatineau

Cinéma