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Commotions cérébrales : témoignage d'un hockeyeur dont la vie a basculé

Des photos souvenirs des années de hockey de Simon.

Simon Jodoin a souffert de sept commotions cérébrales.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les commotions cérébrales font des ravages dans le domaine du sport et pour certains, c’est un sujet tabou.

Un ancien hockeyeur a décidé de raconter son histoire afin d’en aider d’autres à surmonter les défis associés à cette blessure.

Il est aujourd’hui âgé de 28 ans et est un homme de carrière œuvrant dans le domaine de la comptabilité. Toutefois, à cause de ses commotions cérébrales, l’ancien hockeyeur ne peut plus fonctionner normalement dans la vie de tous les jours.

Simon Jodoin a été capitaine pour les Wildcats de Moncton. Il a aussi été connu dans la région pour ses années comme joueurs chez les Aigles Bleus de l’Université de Moncton.

Durant sa carrière, il aura subi un total de six commotions cérébrales. C’est en 2016 qu’il décide d'accrocher ses patins.

Des photos accrochées au frigo montrent un Simon en forme, durant ses années de hockey.

Simon Jodoin a été capitaine pour les Wildcats de Moncton. Il s'est retiré du hockey en 2016.

Photo : Radio-Canada

Mais une septième commotion cérébrale, subie sur son lieu de travail, fait tout basculer.

Peu importe qu’est-ce que je fais, j’ai quelque chose qui me rappelle que ça fonctionne juste pas, dit-il.

Aujourd’hui, il qualifie sa vie « de réel cauchemar » et il se pose beaucoup de questions sur cette réalité trop souvent ignorée dans le domaine du sport.

Si j’avais su dans le temps ce que je sais aujourd’hui, sur les commotions cérébrales, j’aurais fait les choses autrement, confie Simon Jodoin.

J’aurais arrêté de jouer, avant six commotions. J’avais décidé que j’allais arrêter de jouer, dit-il.

Il est en arrêt de travail depuis sa dernière commotion, il y a déjà deux ans. Il aimerait que sa vie redevienne ce qu’elle était avant ces incidents qui ont tout fait basculer.

Simon est assis dans son salon et regarde au loin.

Aujourd’hui, il qualifie sa vie de réel cauchemar et il se pose beaucoup de questions sur cette réalité trop souvent ignorée dans le domaine du sport.

Photo : Radio-Canada

Il a essayé plusieurs traitements pour tenter de reprendre le contrôle de sa vie. Il a même lancé une campagne de sociofinancement pour tenter une approche expérimentale qui coûte 30 000 $.

T’es tout le temps fatigué, t’es jamais bien, tu ne fais rien que t’aimes. Tu viens que tu t’isoles, c’est vraiment un cercle vicieux.

Il se sent chanceux d’avoir une personnalité résiliente et croit que sa force de caractère l’aide à passer au travers de ces moments difficiles.

Une affiche où Simon a écrit : «Je suis plus fort et plus résilient que tout.»

Le jeune homme tente de rester fort durant ces moments difficiles.

Photo : Radio-Canada

Un traitement expérimental

Il attendait depuis un an que son dossier soit approuvé par Santé Canada. Quand il a appris que le traitement allait lui coûter 30 000 dollars, ça lui a semblé impossible à payer.

Ç’a été difficile pour moi de m’ouvrir et de demander de l’aide à mon entourage, dit-il.

Il décide toutefois de tenter sa chance et de se créer une campagne de sociofinancement en ligne. Surprise pour l’ancien hockeyeur: en moins de 24 heures, il avait déjà amassé les fonds nécessaires.

C’est à la mi-mars qu’il prend la route pour Montréal, où il pourra commencer son traitement à partir du 18 mars. Il se sent confiant. Il espère revenir à la maison avec un nouveau vent d’espoir.

Dans la salle clinique.

Le traitement PoNS n'est offert qu'à Montréal. Leur demande pour accéder au marché américain a été refusé en avril.

Photo : Radio-Canada

Le traitement de PoNS et vise à aider les personnes qui souffrent de symptômes post-commotionnels.

C’est un programme de 14 semaines et c’est une nouvelle approche, concentrée sur chaque partie du corps, explique le physiothérapeute responsable de Simon, Marcos Rodrigues.

La langue par exemple, il y a beaucoup de nerfs qui sont connectés au front cérébral, indique le spécialiste.

Une série d’exercices est prescrite au jeune homme, sous l’oeil vigilant de l’équipe de Montréal.

Le physiothérapeute responsable de Simon, Marcos Rodrigues.

Le physiothérapeute responsable de Simon, Marcos Rodrigues.

Photo : Radio-Canada

« Simon est le premier athlète de haut niveau qui essaie ce traitement, avec le PoNS et on est la première clinique au monde à faire ce travail », dit M Rodrigues.

Garder espoir

À son évaluation de mi-parcours, rien n’avait changé dans le quotidien de Simon Jodoin. Il a même avoué que l'entraînement le fatiguait beaucoup.

C’est comme si tes sens ne sont pas normaux. Le son qui joue, je sais que je l’entends comme je devrais le perçoir, dit-il.

Je me sens juste vraiment fatigué. Je ne suis pas rendu exactement où j’aurais aimé être.

Après une partie du traitement complété, l’ancien hockeyeur se décourage un peu. Il ne sait plus s’il a bien fait de dépenser autant pour ce traitement dont les bienfaits se font toujours attendre.

Le 12 avril, les États-Unis rejettent la demande de licence du traitement de PoNS. Simon Jodoin s’inquiète.

Plus tard au printemps, il retourne à la clinique pour recevoir son évaluation finale.

Simon, les mains jointes, regarde au loin.

Simon Jodoin était déçu de voir que le traitement n'a pas fonctionné.

Photo : Radio-Canada

Je n’avais pas besoin de recevoir mon évaluation des thérapeutes pour savoir que ça n’avait pas fonctionné

Simon Jodoin

Trouver d’autres solutions

Il essaie donc d’autres options, comme l'oxygénothérapie hyperbare. Il continue en même temps de pratiquer sa méditation ces autres techniques qui l’aidaient déjà au quotidien.

C’est mieux, mais ce n’est pas fini. On est loin d’avoir le scénario rêvé d’à 28 ans, partage-t-il.

Guérir de commotions cérébrales n’est pas un jeu d’enfant pour personne. La Société canadienne de neurochirurgie a mis sur pied un comité d’étude afin de mieux comprendre ce problème de santé.

On devient meilleur pour les diagnostiquer, mais malheureusement, pour les traitements, on est encore dans une phase très embryonnaire, explique Danny Charret, neurochirurgien à l’Hôpital de Moncton et directeur du comité d’étude.

Simon avec un casque médical sur la tête.

Simon Jodoin a essayé plusieurs traitements pour reprendre sa vie en main, mais en vain.

Photo : Radio-Canada

La philosophie a changé, dit-il, en expliquant qu’il y a dix ou quinze ans, on enfermait les gens dans une chambre noire pour plusieurs jours.

Le neurochirurgien de Moncton a entendu parler de la thérapie de PoNS et selon lui, il était difficile en regardant de programme de comprendre comment cela pourrait aider ceux qui souffrent de problèmes post-commotionnels.

C’est un traitement qui n’est pas dangereux et à cause de ça ils ont eu une certaine latitude, soutient le neurochirurgien.

Présentement, Simon Jodoin prend du repos et habite chez ses parents. Il a dû cesser les traitements d'oxygénothérapie hyperbare. Il espère que les avancées sur le sujet lui permettront de retrouver sa vie, dans un avenir pas trop loin. 

Nouveau-Brunswick

Hockey