•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les surdoses continuent de faire des milliers de victimes à travers le pays

Le reportage de Kim Vermette

Photo : iStock / Darwin Brandis

Radio-Canada

Plus d'un millier de Québécois se retrouvent chaque mois aux urgences pour une surdose de drogue. La plupart d'entre eux ne sont ni secourus ni traités. Afin de sensibiliser la population aux risques de ces intoxications, des organismes se réunissent samedi au Parc Émilie-Gamelin, à Montréal, afin de souligner la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses.

L'événement, qui a commencé en début d'après-midi en musique, avec des kiosques d'information et des ateliers de création, prévoit un « tintamarre pour réveiller les morts », des discours, des témoignages ainsi que des prestations artistiques. Un repas sera également servi aux participants pour clore le rassemblement, en début de soirée.

Des spécialistes de Médecins du monde seront également sur place pour dépister le VHC et des tests pourront également être réalisés pour dépister le fentanyl dans la drogue.

Les organisateurs profiteront de cette occasion pour commémorer les récents décès de plusieurs victimes de surdoses.

D'après les données de l'Institut national de santé publique du Québec, 119 personnes ont perdu la vie au cours des trois premiers mois de l’année en raison d'une surdose liée aux drogues. Ce bilan est en forte hausse par rapport au premier trimestre de 2018, qui comptabilisait 82 morts.

C’est sûr qu’on n’a pas les mêmes chiffres de surdoses qu’en Colombie-Britannique, mais c’est quand même une crise parce qu’on n’a jamais eu autant de morts de surdoses au Québec, explique Naoual Laaroussi de l'Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues.

Ce rassemblement n'a pas pour but d'encourager les consommateurs à cesser de consommer, mais plutôt à être prudents.

Si la personne arrive à gérer sa consommation, on va seulement l'aider à ne pas contracter d'ITSS, à ce qu'elle ne partage pas son matériel, à ce qu'il n'y ait pas d'autres méfaits et que sa santé se porte bien, décrit celle qui parle d'intervention sociale et humanitaire plutôt que contraignante. Restreindre les gens, la police s'occupe déjà de ça, ajoute-t-elle.

Mme Laaroussi indique que des formations pour l'administration de Naloxone, un médicament servant à inverser temporairement les effets d'une surdose d'opiacé, seront données au courant de la journée.

« Cercle vicieux »

Justement, en ce qui concerne les visites aux urgences pour des intoxications liées aux opioïdes, le mois de mars 2019 a été le pire depuis septembre 2017 avec 98 admissions recensées. Une hausse qui demeure toutefois habituelle puisqu’elle coïncide avec l'arrivée du printemps.

Au total, 1073 intoxications ont été recensées, soit sensiblement le même nombre de cas qu'en mars 2018, et légèrement moins qu'en mars 2017.

Rencontrée par La Presse canadienne à la Place Émilie-Gamelin, Emmanuelle Labelle-Sylvestre est rédactrice au journal L'injecteur, une publication par et pour les personnes qui utilisent des drogues au Québec, produite par l'AQPSUD.

La jeune femme confie avoir perdu de nombreux amis au fil des ans et même avoir retrouvé mort, dans son propre lit, un homme qu'elle fréquentait. Elle-même dit avoir survécu à plusieurs surdoses. Six ou sept fois, lance-t-elle alors que l'on comprend que ce n'est pas le genre de souvenir auquel on veut s'accrocher.

On ne sait pas ce qu'il y a après la mort, mais ce sont tous ceux qui restent qui souffrent, partage-t-elle en tenant son chien à ses pieds. Et quand tu souffres et que tu consommes, tout ce que tu penses à faire c'est de te geler plus pour oublier. C'est un cercle vicieux.

Emmanuelle Labelle-Sylvestre affirme avoir modifié son mode de consommation pour se tourner vers des médicaments sous ordonnance, dont principalement de la morphine. Un moyen d'être rassurée sur la qualité du produit et sur la dose précise des capsules.

Avec les informations de Kim Vermette et de La Presse canadienne

Drogues et stupéfiants

Santé