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Université de l'Ontario français : la province veut un engagement d'Ottawa d'ici mardi

Un homme en train de parler à un micro derrière un podium.

Ross Romano, ministre ontarien de la Formation, des Collèges et des Universités.

Photo : CBC/Erik White

Rozenn Nicolle

Dans un échange par lettres, les gouvernements fédéral et provincial se sont renvoyés la balle, samedi, concernant les prochaines étapes à suivre dans le financement de l'Université de l'Ontario français (UOF). Si Mélanie Joly a tiré la première, dénonçant le manque de sérieux de la province, le ministre ontarien Ross Romano a tenu à dire son dernier mot. Il demande désormais à Ottawa de s'engager officiellement d'ici les prochaines 48 heures.

Le ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano, a posé un ultimatum au gouvernement fédéral samedi soir. Dans une lettre publiée sur son compte Twitter et adressée à la ministre fédérale Mélanie Joly, il a réitéré l’engagement de la province pour aller de l’avant à condition que le gouvernement fédéral fasse de même, écrit-il, remettant en cause l’engagement d'Ottawa.

Il semble, toutefois, que le gouvernement fédéral n'est plus aussi ferme quant à son offre en vue de conclure une entente de partage des coûts.

Ross Romano, ministre ontarien de la Formation et des Collèges et Universités

Dans sa lettre, le ministre Romano presse le gouvernement de Justin Trudeau de confirmer son engagement financier d’ici mardi.

Je vous incite donc à mettre en place les ressources nécessaires pour que votre gouvernement s'engage à un financement équivalent pour ce projet. J'apprécierais recevoir avant la fin de la journée le 3 septembre votre réponse quant à votre engagement à offrir le même engagement financier que l'Ontario, conclut-il.

Un peu plus tôt samedi, la ministre de la Francophonie Mélanie Joly dénonçait le manque de sérieux de la proposition faite par le gouvernement ontarien pour le financement de l’institution dans une lettre adressée à la direction de l'UOF.

La ministre Mélanie Joly parle à la camera

Mélanie Joly, la ministre des Langues officielles et de la Francophonie.

Photo : Associated Press / Fred Chartrand

Selon la lettre, le ministère de la Formation et des Collèges et Universités de l'Ontario aurait envoyé au cabinet de Mme Joly l’ensemble des documents requis par Ottawa afin de débloquer les fonds permettant de financer le démarrage de l’UOF.

Dans son courriel, le gouvernement ontarien qualifie la documentation d’ébauche. Il précise aussi que ces informations sont sujet à changement, selon une source fédérale proche du dossier avec qui Radio-Canada s’est entretenue.

Le ministère ontarien précise qu'il n'a pas complété sa propre évaluation du projet et l'analyse rigoureuse de l'information que l'équipe [de Dyane Adam] lui a soumise, peut-on lire dans la lettre de Mme Joly à Dyane Adam, présidente du conseil des gouverneurs de l’UOF.

Je ne peux tout simplement pas débloquer des fonds pour un projet que le gouvernement de l'Ontario qualifie lui-même « d'ébauche », sans que ce dernier ait confirmé officiellement la hauteur de son propre investissement.

Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie

Ce nouveau coup de pression de la part du fédéral survient quelques jours seulement après que le gouvernement Ford a annoncé vouloir une entente avant le déclenchement des élections.

On est toujours loin d’une proposition concrète et chiffrée de la part de la province avait alors répondu Ottawa. Aujourd’hui, la proposition est là, mais n’est pas recevable selon le cabinet de Mme Joly.

Assurance et confiance du côté de l'UOF

De son côté, la présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam, est certaine de l'engagement de l'Ontario, mais estime qu'une entente de principe, portant notamment sur les montants engagés par les deux ordres de gouvernement, doit être conclue le plus rapidement possible.

Mme Joly exprime une certaine inquiétude, mais pour moi, je peux dire que j'ai l'assurance et la confiance que la province est désormais pleinement engagée à réaliser ce projet. [...] Mon attente, c'est qu'on puisse conclure ceci vraiment urgemment, a-t-elle déclaré à Radio-Canada.

Dyane Adam, présidente de conseil des gouverneurs de l’Université de l'Ontario français, lors de l'annonce du premier programme qui sera offert par son institution.

Dyane Adam, présidente de conseil des gouverneurs de l’Université de l'Ontario français, lors de l'annonce du premier programme qui sera offert par son institution.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Dans une réponse adressée samedi à la ministre Joly, Dyane Adam réclame une entente de principe entre les deux gouvernements. Celle-ci devrait porter sur le coût total du démarrage de l’UOF au cours des huit prochaines années [qui] sera de l’ordre de 126 millions de dollars, partagé moitié-moitié par les deux gouvernements, la part du gouvernement fédéral se réalisant au cours des quatre premières années, suivie de celle de l’Ontario.

Mme Adam estime que l'entente permettra à l'UOF de confirmer l’établissement de leur site temporaire, de démarrer leur campagne de financement et enclencher la pleine mise en œuvre de l’Université.

L'université prévoit accueillir sa première cohorte d’étudiants francophones en 2021, soit un an plus tard que la date prévue à l'origine.

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