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L'ex-président soudanais reconnaît avoir accepté l'argent du prince saoudien Ben Salmane

L'accusé, vêtu de blanc de la tête aux pieds, s'adresse au juge à l'aide d'un micro.

Même devant le tribunal, Omar el-Béchir est enfermé dans une cage et entouré de gardiens.

Photo : AFP/Getty Images / Ebrahim Hamid

Radio-Canada

L'ex-président soudanais Omar el-Béchir, qui subit un procès pour corruption et possession illégale de devises étrangères, a reconnu devant le tribunal avoir accepté 25 millions de dollars américains de la part du prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien, ainsi que d’autres montants de sources qui n’ont pas été spécifiées.

L'ex-président soudanais Omar el-Béchir, qui subit un procès pour corruption et possession illégale de devises étrangères, a reconnu devant le tribunal avoir accepté 25 millions de dollars américains de la part du prince Mohammed ben Salmane, l’héritier du trône saoudien, ainsi que d’autres montants de sources qui n’ont pas été spécifiées.

« Mon chef de cabinet [...] a reçu un appel du bureau du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane disant qu'un "message" allait arriver à bord d'un jet privé », a confirmé M. Béchir samedi, ajoutant que le prince saoudien « ne voulait pas que son nom apparaisse et on nous a dit que si les fonds étaient déposés à la banque du Soudan ou au ministère des Finances, leur source devrait être identifiée ».

Il nie cependant les accusations qui pèsent contre lui et jure que cet argent n’a pas été dépensé pour servir ses intérêts personnels.

Les autorités « ont saisi 6,9 millions d'euros, 351 770 dollars américains et 5,7 millions de livres soudanaises au domicile de M. Béchir, illégalement entrés en sa possession et utilisés », a par ailleurs précisé le juge Al-Sadiq Abdelrahman.

Omar el-Béchir est dans une cage noire et présente sa version des faits.

Le procès de l'ex-président soudanais se déroule devant les caméras des médias.

Photo : AFP/Getty Images / Ebrahim Hamid

Le magistrat a fait savoir que l’ex-président risquait jusqu'à 10 ans de prison pour l'acquisition de ces fonds et jusqu'à trois ans pour transactions illégales.

Omar el-Béchir a demandé à être remis en liberté sous caution, ce qui lui a été refusé. Il connaîtra le 7 septembre la durée de son séjour en détention préventive.

Ce ne sont pas les premières accusations déposées contre l’ex-président victime d’un putsch en avril. Une autre procédure avait été enclenchée contre lui en mai pour avoir ordonné la répression meurtrière de manifestations contre son régime en 2018.

Omar el-Béchir, 75 ans, est détenu dans une prison de Khartoum depuis sa destitution forcée le 11 avril dernier. Le coup d’État de l’armée, après quatre mois de contestation populaire, a mis un terme à un règne de près de 30 ans. M. el-Béchir avait lui-même obtenu le pouvoir de la même façon en 1989, alors qu’il était colonel.

Quand il était président, l’ancien militaire se serait aussi rendu coupable de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide au Darfour en 2003, selon le tribunal de La Haye. Il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre de ses actes.

Avec les informations de Reuters, et Agence France Presse

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