•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La charge raciale et la diversité ethnoculturelle

Un jeune garçon noire assis par terre, le visage caché.

La charge raciale s'exerce sur les personnes de couleur.

Photo : iStock

Francesca Mérentié

La charge raciale est le fait de constamment planifier des solutions pour faire face aux préjugés ou à la discrimination raciale. Il s'agit en fait d’une pression psychologique qui est ressentie chez certaines personnes qui font partie des minorités dites visibles.

Selon le professeur de sociologie à l'Université Laurentienne, Rachid Bagaoui, une personne subissant la stigmatisation, par exemple un immigrant, peut éprouver la charge raciale et se sentir constamment poussée à prouver qu'elle est loyale aux valeurs du pays d’accueil; en travaillant plus fort que les autres; en surveillant constamment ses comportements, son accent, etc.

M. Bagaoui affirme aussi que ces individus sont constamment sur le qui-vive et anticipent les préjugés.

Entre 33 % à 50 % des professionnels Noirs, Est-asiatiques et Sud-asiatiques déclarent être très vigilants pour se protéger contre les préjugés selon une étude sur les effets de la charge émotionnelle chez les personnes de couleur, rapporte-t-il.

Par ailleurs, la charge raciale est un terme qui ne serait pas nouveau selon la spécialiste en diversité et multiculturalisme, Rachel Décoste.

La charge raciale pourrait avoir fait son apparition sous l’appellation anglaise Double Consciousness en 1897 dans un article publié par le sociologue afro-américain W. E. B. Du Bois, explique-t-elle.

Le professeur Rachid Bagaoui ajoute aussi que pour contrer ce sentiment, plusieurs solutions doivent être combinées. Elles doivent être à la fois individuelles et collectives.

Une personne qui, par son origine familiale ou ses expériences, a une bonne compréhension de sa place dans la société, sera probablement plus résiliente que d'autres. Le poids de la charge raciale sera moins lourd, indique Rachid Bagaoui.

Selon lui, les médias et les organisations ont un rôle à jouer en créant des espaces de dialogue ou de discours sur le sujet.

Il faut aussi que les pouvoirs publics développent des politiques pour combattre cette charge... avec un contrôle et une fermeté face à tout discours qui encourage la charge raciale, ajoute le professeur en sociologie.

Rachid Bagaoui souligne aussi le rôle que doivent jouer les groupes ethniques et les associations afin d’enlever les barrières entre les groupes minoritaires et majoritaires pour éviter que les communautés se replient sur elles-mêmes.

Toronto

Minorités culturelles