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Amazonie : Bolsonaro s'en prend à l'Europe et se rapproche des États-Unis

Une parcelle de terres incendiées en Amazonie, au Brésil.

Les nombreux incendies qui dévastent actuellement l'Amazonie sont souvent déclenchés par des agriculteurs et des éleveurs.

Photo : Reuters / Ricardo Moraes

Agence France-Presse

Le président Jair Bolsonaro a estimé vendredi que l'Europe « n'avait pas de leçon à donner » au Brésil sur l'Amazonie, tandis que son ministre des Affaires étrangères se réjouissait que son pays et les États-Unis soient « sur la même longueur d'onde », après une entrevue avec Donald Trump.

Le chef de la diplomatie brésilienne, Ernesto Araujo, et Eduardo Bolsonaro, député, fils du président et possible futur ambassadeur à Washington, se sont rendus vendredi à la Maison-Blanche, à la recherche de soutien alors que le Brésil est depuis une semaine sous une intense pression internationale.

Les deux hommes se sont entretenus une trentaine de minutes avec le président américain.

Les gouvernements sont sur la même longueur d'onde, a assuré ensuite à la presse M. Araujo, se félicitant que pour la première fois le président américain reçoive des officiels n'ayant pas le rang de président ou de chef d'État.

Selon le ministre brésilien, les gouvernements partagent le point de vue selon lequel les pays sont souverains sur leur territoire et que les feux dans la plus vaste forêt tropicale du monde ne doivent pas être un prétexte pour promouvoir l'idée d'un comité international pour gérer l'Amazonie.

Le président américain avait félicité mardi Jair Bolsonaro, estimant qu'il travaillait très dur dans la lutte contre les incendies en Amazonie, prenant l'exact contrepied des autres membres du G7. Il avait exprimé le soutien sans réserve des États-Unis au Brésil.

Eduardo Bolsonaro, le fils du président du Brésil, après avoir rencontré le président Trump à la Maison-Blanche.

Eduardo Bolsonaro, le fils du président du Brésil, pourrait bien devenir ambassadeur de Brasilia à Washington.

Photo : Reuters / Yuri Gripas

Les feux continuent de progresser

Sur le terrain, les feux continuaient de progresser, malgré une interdiction temporaire des brûlis et la mobilisation depuis le week-end dernier de 18 avions et 3900 hommes en Amazonie.

Quelque 2300 nouveaux départs de feu ont ainsi été enregistrés au Brésil par l'Institut national de recherche spatiale (INPE), dont près de 1500 dans les neuf États de l'Amazonie.

Au total, plus de 87 000 incendies ont été enregistrés dans le pays depuis janvier, le nombre le plus élevé depuis 2010, où on en avait recensé plus de 132 000 pendant le même laps de temps.

Le Para est l'État le plus touché, avec 587 nouveaux feux en 24 heures (+67 %). Dans le Rondônia, où l'armée a concentré ses efforts, 67 nouveaux foyers ont été répertoriés, trois fois plus que la veille.

Il n'est pas vrai que la forêt amazonienne soit en feu, avait affirmé jeudi soir M. Bolsonaro sur Facebook, tout en assurant que les incendies cette année sont inférieurs à la moyenne de ces dernières années.

Les médias blâmés

Le président d'extrême droite a accusé la presse brésilienne de « nourrir » l'inquiétude internationale à ce sujet.

Vendredi, il s'en est pris à l'Europe. Il a estimé qu'elle n'avait pas de leçon à donner au Brésil sur l'environnement.

M. Bolsonaro a annoncé à des journalistes à Brasilia qu'il devait s'entretenir au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel. Il a ajouté avoir perçu chez elle un désir de retour à la normalité, après des échanges tendus lorsque l'Allemagne a suspendu au début d'août une partie de ses subventions à la préservation de l'Amazonie.

Jair Bolsonaro avait conseillé à la chancelière de reboiser l'Allemagne.

Il a répondu au journaliste qui l'interrogeait sur ces derniers propos : Ce n'est pas seulement l'Allemagne, mais toute l'Europe qui n'a pas de leçon à nous donner sur l'environnement.

Merkel et Macron dans le collimateur

Le président brésilien a ajouté être prêt à parler avec un pays ou un autre, sauf [avec] notre cher Macron, tant qu'il ne se sera pas rétracté au sujet de la souveraineté [du Brésil] sur l'Amazonie.

Jair Bolsonaro demande depuis trois jours que le président français Emmanuel Macron, qui avait estimé que la question de la souveraineté sur l'Amazonie était ouverte, retire ses insultes. Le Brésil abrite 60 % de la forêt amazonienne.

Vendredi soir, Jair Bolsonaro a affirmé qu'il allait cesser d'utiliser les stylos Bic, une marque française, pour signer les documents officiels.

Il n'a pas accepté une aide de 20 millions de dollars du G7 pour l'Amazonie, exigeant comme préalable à toute discussion une rétractation de M. Macron.

À Ariquemes, une ville moyenne à 200 km au sud de Porto Velho, dans l'État de Rondônia, des journalistes de l'AFP ont pu constater l'avancée de l'agriculture et de l'élevage sur la forêt.

De grandes propriétés terriennes parfaitement délimitées comprennent des champs très étendus qui servent de pâturages à des vaches blanches de race Nelore. Sur la route qui arrive à Ariquemes, on trouve de nombreuses boutiques de tracteurs et autre équipement agricole, ainsi que des annonces de vente de bétail ou de services vétérinaires.

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