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Refusés aux États-Unis, des Canadiens musulmans se tournent vers des avocats

Pancarte annonçant le pont Ambassadeur qui relie Windsor, en Ontario, à Détroit, dans le Michigan.

L'une des personnes s'est fait refuser l'entrée au poste Windsor-Détroit, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Mark Spowart

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au moins six Canadiens musulmans se sont fait refuser l’entrée aux États-Unis au cours des dernières semaines, une pratique qui inquiète des avocats en immigration.

Deux d’entre eux ont fourni un témoignage au réseau CBC.

Imran Ally, un imam d'une mosquée de Toronto, a passé plus de cinq heures au poste frontalier de Peace Bridge, près de Fort Erie, en Ontario. M. Ally, sa femme et leurs trois enfants se sont fait questionner pendant trois rondes d’interrogatoires.

L’imam, qui est originaire de la Guyane, s’est fait photographier et ses empreintes digitales ont été consignées par les agents frontaliers, avant de se faire refuser l’entrée aux États-Unis.

Son nom correspondait à celui d’un criminel, lui aurait déclaré un agent américain.

M. Ally, qui devait se rendre à New York pour le mariage de la fille de son meilleur ami, s’est senti comme un criminel.

Je savais que mon premier voyage aux États-Unis n’allait pas se dérouler sur un tapis rouge. Nous nous étions préparés pour [un long interrogatoire], mais jamais je n’aurais pensé qu’ils me refuseraient l’entrée à cause de mon nom, a-t-il raconté à CBC.

Les agents américains l’ont d’ailleurs beaucoup interrogé sur ses dons de charité à des organismes qui s’occupent de relocaliser des réfugiés syriens.

Son cellulaire saisi

Une situation similaire a été vécue par le président du groupe de la communauté irakienne turkmène de Toronto, Nejmettin Vali, au poste frontalier de Windsor-Détroit.

M. Vali et sa famille étaient en vacances lors de l'Aïd el-Adha, l’une des fêtes religieuses islamiques.

Alors qu’ils souhaitaient aller magasiner aux États-Unis, ils ont été questionnés par des agents frontaliers pendant plus de quatre heures.

Nejmettin Vali a vu son cellulaire saisi, tout comme celui de sa femme et de ses enfants. Selon lui, son entrée aux États-Unis aurait été refusée sans motif, les agents frontaliers s’inquiétant de ses voyages en Irak, son pays d’origine.

Or, M. Vali s’y est rendu pour soutenir ses trois petits-enfants depuis que son propre fils a été tué par des soldats du groupe armé État islamique.

Je n’ai pas d’antécédent criminel, je n’ai jamais été en prison. Je suis Canadien depuis 20 ans et je n’ai jamais eu de problème, a expliqué M. Vali. Je veux savoir ce qui s’est passé et je veux contester. J’ai l’impression d’avoir un mauvais nom maintenant qu’ils m’ont refusé l’entrée.

L'entière discrétion des agents en poste

Au moins six personnes ayant vécu une situation semblable sont maintenant représentées par la firme torontoise en droit de l’immigration Caruso Guberman Appleby.

Nous constatons beaucoup plus de cas depuis quelques semaines et nous ne savons pas à quoi les attribuer, a indiqué à CBC Daud Ali, un avocat pour la firme. Nous savons que le climat aux États-Unis a changé, mais, en même temps, il devrait y avoir des procédures et des manières de faire, et les personnes devraient avoir la possibilité de contester leur cas.

En 40 ans comme avocat dans le droit de l’immigration, plus rien ne me surprend, mais c’est la première fois que je vois un scénario aussi kafkaïen, a déclaré Joel Guberman, un partenaire de la firme.

Ni la Guyane, d’où est originaire M. Ally, ni l’Irak, pays d’origine de M. Vali, ne font partie des sept pays à majorité musulmane qui composent la liste des pays interdits de visite en vertu d’un décret du président américain Donald Trump.

Sans pouvoir commenter de cas précis en raison des lois sur la confidentialité, un porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a confirmé qu’aucune modification n’avait été apportée à leurs politiques.

Le fardeau de la preuve repose sur les demandeurs d’entrée, a ajouté ce porte-parole. [Ils] doivent prouver qu’ils sont clairement admissibles à entrer aux États-Unis.

Aucun citoyen canadien n’a un droit d’entrer aux États-Unis, précise le porte-parole, l’entrée est à la discrétion des agents frontaliers en poste.

Avec les informations de John Paul Tasker, de CBC News

Avec les informations de CBC

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