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Remplacement des avions de chasse canadiens : Airbus jette l'éponge

Une image de militaires observant le cockpit d'un avion Typhoon de la compagnie Airbus dans le cadre du salon d'équipements militaires CANSEC à Ottawa.

Un mois à peine après le lancement de l'appel d'offres, Airbus renonce à tenter de vendre ses chasseurs Typhoon à l'armée canadienne.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

Marc Godbout

L’un des deux joueurs européens qui voulaient obtenir le contrat de 19 milliards de dollars pour le remplacement des chasseurs de l'armée canadienne se retire de la course. Airbus et le gouvernement britannique viennent d’en faire l’annonce. Il s'agit là d'un signe du mécontentement provoqué par les récents changements apportés au processus d’appel d’offres par le gouvernement Trudeau.

Un mois à peine après le signal de départ, Airbus déclare forfait. L’avionneur européen vient d’en faire l’annonce par voie de communiqué. « La décision est le résultat d'un examen approfondi de l’appel d’offres », indique Airbus.

Le géant de l’aéronautique qui proposait le Typhoon était l’un des quatre concurrents souhaitant décrocher le contrat de construction des 88 avions de combat canadiens. Cette décision ne laisse que trois entreprises dans la course. Lockheed Martin avec son F-35, Boeing et son Super Hornet, ainsi que SAAB, qui propose son chasseur Gripen.

Une image de l'intérieur du cockpit d'un avion de chasse Typhoon d'Airbus.

Le cockpit d'un avion de chasse Typhoon d'Airbus

Photo : Radio-Canada

Airbus a décidé de se retirer après avoir examiné les exigences de sécurité du NORAD et de leur coût. Mais une phrase du communiqué donne une idée du mécontentement d’Airbus concernant les critères de l’appel d’offres: 

Les importantes révisions récemment apportées aux exigences de retombées industrielles et technologiques ne valorisaient pas suffisamment les engagements fermes compris dans l’offre de Typhoon Canada, alors qu’il s’agissait d’un point majeur.

Extrait du communiqué d'Airbus

Ce retrait d’Airbus pourrait ne pas être le dernier compte tenu du processus controversé entourant cette compétition. 

Le retour du F-35

À la suite de plaintes de l'administration Trump, le gouvernement libéral a révisé la partie de l'appel d'offres consacrée aux avantages industriels pour moins pénaliser Lockheed Martin.

Le programme du F-35, dont le Canada est l’un des neuf pays partenaires, a une structure qui diffère de celle de ses concurrents. Les entreprises canadiennes ont le droit de soumissionner pour des contrats mondiaux liés à la chaîne d’approvisionnement.

Les neuf pays partenaires ne peuvent, par contre, exiger des avantages économiques comme condition préalable à l’achat de l’appareil.

Le F-35 Lightning II vu de face.

Le F-35 est toujours sur les rangs pour équiper l'armée canadienne.

Photo : CBC / Mike Hillman

La récente révision obtenue par Washington a permis à Lockheed Martin et à son avion de ne pas être écartés de la compétition, quoique l'entreprise serait pénalisée si elle choisissait un système différent de celui proposé traditionnellement.

Après des années d’attente, de dérapages et d’interminables débats, un appel d’offres du gouvernement fédéral a finalement été lancé en juillet.

Mais les modifications apportées au processus d'évaluation ont agacé certains concurrents.

« Il ne serait pas étonnant de voir des joueurs se retirer dès le départ ou en cours de route. Ils sont furieux », avait confié à Radio-Canada une source très proche du dossier, au mois de juin.

Lors de la dernière campagne électorale en 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient voulu se dissocier du plan conservateur d’acquérir les coûteux F-35 en promettant d’acheter un autre appareil pour remplacer la flotte vieillissante des F-18.

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