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Plus de demande pour des services aux victimes d'exploitation sexuelle

Une femme recroquevillée sur le sol dans une pièce.

L'organisme torontois Covenant House a perçu une hausse de 30% dans la demande pour des services aux victimes d'exploitation sexuelle au cours de la dernière année.

Photo : iStock

Charlotte Mondoux-Fournier
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La demande pour des services d'aide aux personnes victimes d'exploitation sexuelle est plus forte que jamais à Toronto. L'organisme de première ligne Covenant House a perçu une hausse significative de ses activités en la matière au cours de la dernière année. Un constat corroboré par le service de police de Toronto.

L'organisme Covenant House Toronto, qui offre différents services aux jeunes victimes d’exploitation sexuelle, est venu en aide à 120 victimes au cours de l’année 2018-2019. Il s’agit d’un bond de 30 %, par rapport à l'année précédente.

Même s'il est difficile de connaître les causes exactes de cette hausse, la gestionnaire des services de lutte contre la traite des personnes, Julie Neubauer, y voit le signe que la sensibilisation fait ses preuves.

Le public commence à mieux comprendre la traite à des fins d'exploitation sexuelle et développe tout un vocabulaire autour de ce problème, explique-t-elle.

Julie Neubauer, gestionnaire des services de lutte contre la traite des personnes à Covenant House Toronto.

La gestionnaire des services de lutte contre la traite des personnes à Covenant House Toronto, Julie Neubauer, croit que la hausse dans la demande pour les services d'aide aux victimes d'exploitation sexuelle signifie que la sensibilisation est efficace.

Photo : Radio-Canada

Selon Mme Neubauer, les écoles et les familles des victimes sont de plus en plus proactives. Ces dernières sont plus nombreuses que jamais à référer des jeunes à l'organisme.

De plus en plus de ressources sont aussi mises à disposition du public, comme une ligne d’urgence canadienne contre la traite des personnes, ajoute-t-elle.

« Les gens sont mieux outilés pour reconnaitre [ cette réalité ] lorsqu’elle se trouve sous leurs yeux. »

— Une citation de  Julie Neubauer, gestionnaire des services de lutte contre la traite des personnes à Covenant House Toronto
Dans ses bureaux, Covenant House Toronto a un mur dédié aux actions menées pour aider les survivantes de la traite des personnes et de l'exploitation sexuelle.

L'organisme de première ligne Covenant House Toronto offre différents services pour aux personnes qui ont été victimes d'exploitation sexuelle.

Photo : Radio-Canada

Elle espère toutefois que cette hausse dans la demande ne sera que temporaire.

Au fur et à mesure que des messages d'intérêt public et des conversations auront lieu, il y aura de plus en plus de gens qui vont se manifester et dire : “Ça m'arrive à moi... ou à mon enfant.” Et puis, j’espère que ça va passer et que ces chiffres vont commencer à chuter, déclare Mme Neubauer.

Exploitation sexuelle à la hausse ?

Ce bond soudain dans les activités de Covenant House pourrait également cacher une réalité plus sombre, signifiant que l’exploitation sexuelle continue de gagner du terrain à Toronto, considéré comme une plaque tournante en la matière au pays.

Les gens cherchent de nouvelles façons de gagner de l'argent, explique Mme Neubauer. Malheureusement, c'est une façon remarquable pour ces trafiquants et ces prédateurs de s’enrichir.

L'industrie de la traite des personnes est plus lucrative que celle des armes ou de la drogue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Source : Camile Gauthier

Photo : Radio-Canada

De plus, les médias sociaux et les applications de rencontres rendent le recrutement plus facile, renchérit Mme Neubauer.

« Si un trafiquant peut aborder et trouver ses victimes avec créativité, c’est ce qu’il va faire.  »

— Une citation de  Julie Neubauer, gestionnaire des services de lutte contre la traite des personnes à Covenant House Toronto

Elle constate que de plus en plus de victimes se font recruter sur des plateformes comme Facebook et Tinder.

En 2018, la Police de Toronto recensait d’ailleurs son plus haut nombre de cas liés à la traite des personnes, rapportés par différents organismes, associations et renseignements anonymes. Il s’agit d’un bond d’environ 10 % par rapport à 2017.

Entre 2017 et 2018, plus de cas liés à la l'exploitation sexuelle et la traite de personnes ont été rapportés, bien que le nombre de victimes soit resté stagnant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Crédit : Camile Gauthier

Photo : Radio-Canada

Au cours de la dernière année, le nombre de victimes confirmées est toutefois resté stagnant et le nombre de condamnations est à son plus bas.

Interrogée sur la hausse de la demande des services et des cas rapportés à la police, la Ville de Toronto estime que ces données reflètent probablement l'attention accrue vouée à la question et, par conséquent, aux rapports et aux enquêtes, écrit une porte-parole de la Ville par courriel.

Elle ajoute que ces chiffres peuvent aussi être une conséquence d’une hausse dans la disponibilité et l'utilisation de services spécialisés pour les survivants.

En juin 2019, le Conseil municipal de Toronto a adopté un rapport sur les recommandations et les mesures à adopter pour soutenir les survivants de la traite des personnes.

Si vous êtes une victime ou un survivant d'exploitation sexuelle ou de travail forcé, ou croyez que quelqu'un l'est, vous pouvez contacter la ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes : 1-833-900-1010

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