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L'épidémie d'Ebola en RDC a fait 2000 morts

Des infirmiers transportent un cercueil derrière un homme qui tient une croix en bois.

Des travailleurs de la santé transportent le cercueil d'une victime du virus Ebola, le 16 mai 2019, à Butembo.

Photo : Getty Images / AFP/JOHN WESSELS

Agence France-Presse

Plus de 2000 décès pour 3000 cas, une nouvelle mort en Ouganda voisin : l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) résiste depuis plus d'un an aux « ripostes » sur le terrain, où le secrétaire général de l'ONU est attendu dimanche.

Le cumul des cas est de 3004, dont 2899 confirmés et 105 probables. Au total, il y a eu 2006 décès, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires congolaises en donnant un dernier bilan de l'épidémie déclarée le 1er août 2018.

Plus de 200 000 personnes ont été vaccinées au fil de cette dixième épidémie sur le sol congolais, de loin la plus grave. Elle est la deuxième épidémie la plus mortelle, après celle qui a ravagé l'Afrique de l'Ouest en 2014 (Guinée, Liberia, Sierra Leone, 11 000 morts).

Un quatrième décès dans l'Ouganda voisin ravive la crainte d'une propagation de la MVE (maladie à virus Ebola) au-delà de la province congolaise du Nord-Kivu, où la majorité des cas ont été enregistrés.

Jusque-là, les épicentres se sont déplacés dans cette province entre les villes de Mangina, Beni et Butembo depuis la déclaration de l'épidémie.

Guterres sur le terrain

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est attendu dimanche en RDC.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

C'est à Beni et à Mangina que le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres est attendu dimanche au deuxième jour de sa visite en RDC qui commence samedi à Goma.

M. Guterres veut apporter son soutien aux équipes engagées dans la riposte Ebola, indiquent les Nations unies, pour qui il s'agit d'une priorité, devant les autres aspects de ce déplacement officiel (sécurité, politique).

À Beni vendredi, la ville offrait son visage industrieux habituel, avec ses nombreux commerces autour de son boulevard principal, son ballet de motos-taxis et de camions pris d'assaut par des passagers clandestins.

Sur le terrain de la riposte, sous la tutelle des autorités congolaises, les grandes ONG se rendent utiles là où elles le peuvent pour se justifier auprès de leurs bailleurs.

Une agente de santé congolaise administre le vaccin anti-Ebola à un enfant au Centre de santé Himbi à Goma, République démocratique du Congo, le 17 juillet 2019.

L’OMS a déclaré l'épidémie d'Ebola une urgence sanitaire mondiale le 17 juillet après la découverte d'un cas mortel dans la deuxième ville de la RDC, Goma.

Photo : Reuters / Olivia Acland

Ces derniers mois, beaucoup ont investi dans la sensibilisation et l'engagement communautaire : il s'agit de faire participer les Congolais ordinaires aux actions de prévention anti-Ebola.

Il s'agit surtout d'avoir raison des résistances d'une partie de la population qui nie la maladie, rejette la vaccination, refuse l'hospitalisation d'un proche présentant des symptômes suspects.

Une partie de la population a tendance à considérer le Centre de traitement d'Ebola (CTE) davantage comme un mouroir que comme un lieu de soins, observe le maire de Beni, Jean-Edmond Bwanakawa Masumbuko.

Pour l'instant, la situation est bonne par rapport aux semaines passées. Mais dans certaines zones de santé, il y a beaucoup de cas de réticences communautaires. Ce sont ces zones qui notifient le plus de cas confirmés, avance un responsable d'Oxfam, Robert Bahidika Nasekwa.

Conséquence : les "contacts" des cas confirmés ne sont pas suivis, déplore-t-il, ce qui constitue un risque supplémentaire de propagation en chaîne.

Sur 18 aires de santé que compte la ville de Beni, il n'y en a que 4 qui continuent à nous poser problème, reprend le maire de Beni, Jean-Edmond Bwanakawa Masumbuko.

À la sortie sud de Beni, le quartier de Mabolio fait partie de ces zones de résistance.

La liste des victimes s'allonge

Ce vendredi, le chef de quartier et les membres du comité de santé parlent de la mort de papa Gilles, 60 ans, décédé la veille au soir.

Est-il mort d'Ebola? Les prélèvements médicaux le diront. Une chose est sûre : pendant sa maladie, sa famille a résisté aux équipes de lutte contre Ebola qui voulaient en savoir plus dans ce quartier à risques.

Nous sommes passés à maintes reprises. La famille ne voulait pas que l'on puisse accéder au malade, avance le chef adjoint de quartier Justin Kasereka.

À Mabolio, six personnes se sont présentées ce vendredi avec des signes apparentés à la MVE, avance un membre du comité de santé, Volcan Kambale. Un seul cas est parti au Centre de traitement.

La fièvre hémorragique d'Ebola, hautement contagieuse, provoque la mort d'entre 25 et 90 % des malades, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il n'existe ni traitement ni vaccin commercialisés, mais plusieurs pistes sont à l'essai.

Elle se transmet par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles (sueur, selles, etc.), par voie sexuelle et par la manipulation sans précaution de cadavres contaminés.

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