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Oxford réclame une étude exhaustive des risques d'affaissement de la Transcanadienne

Plusieurs trous de grandes dimensions se trouvent de chaque côté de la route.

Cette image prise par un radar optique montre que la Transcanadienne à Oxford a été construite au-dessus d'un réseau de dolines.

Photo : Gouvernement de la Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Les autorités du comté de Cumberland, en Nouvelle-Écosse, veulent que le gouvernement provincial fasse une étude détaillée du risque d’apparition de gouffres sous la Transcanadienne à la hauteur d'Oxford.

Des tests géologiques menés récemment dans le secteur ont révélé un risque important d’apparition de dolines, des trous dans le sol formés par l’action souterraine de l’eau en région calcaire. Une série de cavités souterraines passent sous la route entre Oxford et Springhill.

L’agente principale de l’administration municipale d’Oxford, Rachel Jones, dit craindre que l’autoroute subisse le même sort que le terrain du Club Lions en ville.

Une doline près du Club Lions s’est formée subitement en août 2018. Elle a englouti des arbres et des tables de pique-nique. Le trou s’est progressivement rempli d’eau salée. Sa taille est approximativement équivalente à celle d’une piscine olympique. Les installations de l’organisme sont fermées par précaution.

Le sol de la région se compose notamment de gypse, de sel, de gravier et de grès. Les eaux souterraines peuvent éroder ces matières et créer des cavités. Le risque que d’autres gouffres apparaissent demeure indéterminé.

Un grand trou rempli d'eau occupe une partie du terrain récréatif

La doline qui a entraîné la fermeture des installations du Club Lions à Oxford s'est subitement formée durant l'été 2018.

Photo : CBC/Paul Palmeter

Des images de la surface du sol produites par un radar optique démontrent la présence d’une série de dolines sur une bande de terrain large d’une centaine de mètres et longue de plusieurs kilomètres. Ce réseau forme une boucle qui commence à Oxford, passe sous la Transcanadienne, se rend jusqu’à Springhill et se termine dans un autre secteur d’Oxford.

Le coordonnateur régional de l’Organisation des mesures d’urgence, Mike Johnson, dit que deux faits le tenaillent. D’une part, explique-t-il, des véhicules passent sur la Transcanadienne à cet endroit depuis 40 ans et il n’y a jamais eu de problèmes. D’autre part, ajoute-t-il, la doline en ville a subitement englouti des arbres centenaires.

Un nid-de-poule récurrent

Un nid-de-poule d’environ 1 mètre de diamètre sur la voie de la Transcanadienne en direction ouest et situé à environ 500 mètres de la sortie d’Oxford a déjà dû être réparé plusieurs fois, indique Rachel Jones.

Environ sept mètres plus loin, une section d’un mur de soutènement s’est affaissée d’environ 15 cm. Et 20 mètres plus loin se trouve un étang qui fait partie du réseau de dolines.

Rachel Jones en entrevue près de la route

Une étude exhaustive des risques pour la Transcanadienne s'impose, selon l’agente principale de l’administration municipale d’Oxford, Rachel Jones.

Photo : CBC/Robert Short

La Municipalité d’Oxford s’intéresse à cette section de la Transcanadienne parce que des photographies aériennes prises dans les années 1930 montrent un affaissement de terrain à l’endroit même où la route a été construite par la suite.

Mme Jones dit avoir été abasourdie en comparant ces photographies avec les images prises récemment par le radar optique et en réalisant qu’on avait construit une route au-dessus de l’affaissement.

Plaidoyer pour une étude exhaustive

Le relevé géologique effectué au printemps dans les environs du Club Lions a coûté environ 100 000 $.

Oxford a communiqué avec plusieurs ministères provinciaux au sujet de la possibilité d’étendre l’étude aux environs de la Transcanadienne et de la route 321, mais aucun d’eux n’a démontré d’intérêt pour cela, selon M. Johnson et Mme Jones.

Un trou d'eau à la surface de la route

Ce nid-de-poule sur la Transcanadienne à Oxford a déjà dû être réparé plusieurs fois, selon Rachel Jones.

Photo : CBC/Robert Short

Il n’y a peut-être pas de raison de s’inquiéter, mais il faut au moins faire une vérification, estime Mike Johnson. Il dit avoir déjà demandé au fournisseur d’électricité Nova Scotia Power, au service ambulancier et aux pompiers de préparer un plan au cas où de nouvelles dolines endommageraient la Transcanadienne.

Sans une étude exhaustive, il n’y a aucun moyen d’évaluer les risques pour les prochaines années, ajoute M. Johnson.

Le ministère surveille la situation

Des équipes du ministère des Transports vérifient quotidiennement l’état de la Transcanadienne dans le secteur, assure le ministre Lloyd Hines. Les équipes vérifient aussi la route 321 qui traverse Oxford.

La Municipalité d’Oxford ne veut pas alarmer le public inutilement, mais la population doit savoir ce qu’il en est à la suite de l’effondrement du terrain du Club Lions, estime Rachel Jones.

La situation est plutôt sérieuse, dit-elle, parce qu’il se produit forcément quelque chose qui entraîne la réapparition constante du nid-de-poule sur la Transcanadienne.

D’après un reportage de Jack Julian, de CBC

Nouvelle-Écosse

Géologie