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Pas de baisse du coût du logement en vue dans le Nord

Un édifice en construction avec une grue mécanique.

En 2018, selon les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, 189 mises en chantier de logements collectifs ont été entreprises à Whitehorse.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Radio-Canada

La situation immobilière diffère à plusieurs égards d’un territoire à l’autre, mais la rareté des logements et leurs prix élevés demeurent une réalité partout dans le Nord, selon un rapport sur le logement publié par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

L’analyste de la société d’État Eric Bond affirme que la demande demeure forte pour les logements locatifs, comme pour le marché de la vente, en raison d’une croissance de la population dans les trois capitales. Cette demande contribue à des prix élevés.

De façon générale les trois marchés ont eu une bonne année en 2018, mais il y a toujours des préoccupations dans le Nord en termes de logement, surtout en termes des besoins impérieux en matière de logement, qui demeurent parmi les niveaux les plus élevés au pays.

Eric Bond, analyste, SCHL

Les « besoins impérieux en matière de logement » sont définis comme étant la proportion des ménages dont l’habitation n’est pas en bon état, trop petite ou dont le prix dépasse 30 % du revenu.

Ainsi, des trois territoires, c’est à Iqaluit que les besoins impérieux sont les plus importants, touchant 18,1 % des ménages, suivi de Whitehorse, avec 12,7 %, et Yellowknife, avec 10,7 %, selon les données du recensement de 2016.

Une prise de vue d'Iqaluit, la capitale du Nunavut, depuis une colline, ce qui permet de voir une série d'immeubles.

Entre janvier et juillet 2019, le Nunavut a enregistré 700 emplois de plus que l'année précédente pour la même période, ce qui a un effet sur le nombre de logements disponibles.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Par exemple, le rapport indique qu’à Whitehorse les habitants ayant un revenu annuel de 30 000 $ ou moins ne pouvaient pas louer un logement, ce qui correspond à 20 % des familles. Au Nunavut, cette proportion est de 60 %, le revenu annuel minimum pour pouvoir louer un logement d’une chambre étant de 91 000 $.

Les taux d’inoccupation diffèrent selon les capitales. Whitehorse a connu une baisse nette en 2018, contrairement à Yellowknife, où le ralentissement minier a eu un impact sur le marché de la vente et de la location. Iqaluit, de son côté, affiche le taux d'inoccupation le plus bas du pays, avec 0,9 %.

Tableau de données.

L'accès au logement demeure un défi pour les moins bien nantis des territoires du Nord.

Photo : Société canadienne d'hypothèques et de logement

En plus des coûts de logement, en moyenne, moins élevés que chez ses voisines, Whitehorse se démarque par la présence moins importante de logements subventionnés ou gouvernementaux.

Whitehorse est certainement la ville qui est la plus dynamique, où il y a le plus de choix le plus d’activités, tandis qu’à Iqaluit la plupart des logements (environ 40 %) appartiennent au gouvernement.

Eric Bond, analyste, SCHL

Ces logements, précise M. Bond, « sont fournis à leurs employés, et on remarque que l’aspect marché est quand même assez minime, alors la fourniture de logements dépend surtout des politiques du gouvernement ».

L’enquête annuelle sur le logement de la SCHL permet aux gouvernements d’ajuster leurs politiques en matière de logement. Ainsi, les Territoires du Nord-Ouest ont conclu, l’an dernier, une entente de 10 ans de 140 millions de dollars pour améliorer l’offre de logements sociaux.

Au Yukon, l’entente bilatérale est de 60 millions de dollars sur 10 ans. Plus récemment, au Nunavut, l’entente annoncée atteint 290 millions de dollars sur huit ans. Le nombre de personnes inscrites sur la liste d’attente dans le territoire pour des logements sociaux atteint 4900.

Vue des airs d'une ville près d'un lac.

Yellowknife comptait 1667 appartements en octobre 2018 selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

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