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Affaire Patrik Mathews : un expert dénonce le manque de transparence de l'armée

Un homme devant une maison.

Patrik Mathews, soupçonné d'être lié à un groupe haineux, a été vu devant sa maison de Beauséjour mardi. La GRC a perquisitionné dans cette maison et y a saisi des armes lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Pierre Verrière

La disparition d'un membre présumé d'un groupe haineux prônant la suprématie blanche qui a fait partie de l'armée canadienne soulève de plus en plus de questions selon un expert des groupes haineux. L'ex-réserviste des Forces armées canadiennes Patrik Mathews, récemment démis de ses fonctions pour des liens présumés avec un groupe néonazi, est porté disparu.

Mercredi, la GRC a confirmé que le soldat réserviste Patrik Mathews manquait à l’appel depuis le début de la semaine. L’homme originaire du Manitoba est soupçonné de recruter des membres pour le groupe raciste prônant la suprématie blanche, The Base. L’armée a depuis annoncé que l’homme de 26 ans a depuis été relevé de ses fonctions, une mesure « jugée nécessaire, considérant la gravité des allégations et le risque pour le moral et la cohésion de l’unité ».

Selon Bernie Farber, membre du Réseau canadien anti-haine, basé à Toronto, l'organisme The Base est un des derniers groupes haineux à s'être s’est implanté au Canada, il y a près d’un an.

C’est une organisation soeur de la Division Atomwaffen qui est déjà reconnue comme une organisation terroriste au Canada et les deux sont des organisations ultra-violentes d’extrême droite qui croit en la guerre raciale, prévient Bernie Farber. C’est possiblement l’une des organisations suprémacistes blanches les plus violentes sur le continent et le fait qu’ils soient présents maintenant au Canada est très inquiétant.

Aucune accusation

Bien que la GRC et l'armée enquêtent chacune afin de faire la lumière sur les liens entre le caporal-chef Mathews et The Base, aucun mandat d'arrêt n'a été lancé et aucune accusation n'a été portée contre Patrik Mathews.

Je suis partagé sur cette affaire, car il n’a été accusé de rien, c’est un adulte et il est libre et en même temps il fait l’objet d’une enquête de la GRC. Ce n’est pas très clair comment une personne avec son profil a pu échapper au regard de la GRC, estime Bernie Farber.

C’est un homme qui a reçu un entraînement au maniement des explosifs et au maniement des armes, dit-il, et dont l’armée reconnaît ses liens avec une organisation raciste alors bien sûr que nous devrions être inquiets.

Selon un rapport récent du programme de renseignements criminels de la police militaire qui a suivi les incidents liés au racisme et à la suprématie blanche au sein des Forces canadiennes de 2013 à 2018, des comportements inappropriés ont été constatés chez moins de 1 % des membres des Forces armées canadiennes.

53 membres des Forces dans des groupes haineux

Dans ce rapport publié en novembre 2018, les Forces canadiennes disent avoir identifié 53 de ses membres comme étant membres de groupes haineux ou qui ont tenu des propos ou posé des actes pouvant être perçus comme discriminatoires ou racistes entre janvier 2013 et novembre 2018.

Sur ces 53 membres, 30 étaient encore en service au moment de la publication du rapport. Est-ce que l’un d’entre eux était le caporal-chef Mathews? C’est possible, mais qu’en est-il des 30 autres? , se demande M. Farber.

Selon lui, les Forces canadiennes doivent être plus transparentes avec les informations qu’elles détiennent.

Où sont-ils? Qu'ont-ils été formés à faire? Nous ne savons rien. Personne n'a été transparent à ce sujet. Tout le monde est resté silencieux et l'armée canadienne semble aux abonnés absente à ce sujet, estime-t-il.

Radio-Canada a tenté de joindre sans succès la GRC pour connaître l’ampleur des efforts mis pour retrouver Patrik Mathews.

Il est demandé à toute personne détenant des renseignements sur l’endroit où pourrait se trouver Patrik Mathews de contacter le détachement Beauséjour, au 204 268-1234, ou Échec au crime, au 1 800 222-8477.

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Manitoba

Crime haineux