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Faire l'école primaire à l'extérieur : comment se vit la transition au secondaire?

Montage photo de Raina-Lynn Sheaves lors de sa graduation de l'école secondaire et, en vignette, une photo d'elle, enfant, en train d'écrire dans un cahier, assise dans la forêt (à gauche).

Raina-Lynn Sheaves a terminé son secondaire à l'école Garibaldi Secondary, après avoir fréquenté l'école environnementale de Maple Ridge, de la 4e à la 7e année.

Photo : Raina-Lynn Sheaves

À Maple Ridge, dans la banlieue de Vancouver, une école publique permet aux élèves de passer tout leur primaire dans une école à 100 % à l’extérieur. Comment ces élèves réussissent-ils à s’intégrer dans le système conventionnel? Voici quelques pistes de réponses.

« Je n’ai jamais vraiment réussi à m’habituer à rester assise toute la journée », admet Raina-Lynn Sheaves, qui a obtenu son diplôme à l’école secondaire Garibaldi de Maple Ridge.

L’arrivée à l’école conventionnelle, après avoir passé quatre ans à l’école environnementale, a été difficile pour elle. « J’ai pleuré tous les matins pendant un mois », se souvient celle qui ne comprenait pas comment s’intégrer socialement. Elle n’avait jamais appris les codes sociaux ni ce qui était cool. Petit à petit, elle a cependant réussi à trouver sa place.

Une fille en t-shirt noir, avec des lunettes, qui montre son bras portant un tatouage où il est écrit, en anglais: Vous n'avez aucun pouvoir sur moi.

Aujourd'hui, Raina-Lynn se dit complètement outillée pour faire face à la vie adulte.

Photo : Radio-Canada / Elise Lacombe

Sur le plan scolaire, il a fallu s’adapter aussi, mais elle est fière de dire qu’elle a terminé son secondaire dans les premières de sa classe.

« J'avais des A en mathématique, ce qui m'étonnait moi-même parce que je ne comprenais pas pourquoi », se souvient la finissante, qui avait sa propre façon de trouver les réponses.

Elle a dû discuter avec ses enseignants pour leur faire comprendre qu’elle n’utilisait peut-être pas les mêmes méthodes que les autres élèves, mais que l’important, c'était d’avoir les bonnes réponses.

Mes enseignants se sont habitués à mes façons bizarres de résoudre les problèmes.

Raina-Lynn Sheaves

Malgré la route parfois cahoteuse, jamais Raina-Lynn ne regrettera d’être passée par l’école environnementale. « L’école m’a donné une prise de conscience environnementale et une soif d’apprendre, qui fait que je veux changer le monde et m’y attaquer, un grand pas à la fois », affirme la jeune fille.

Trois enfants devant une table, dont deux qui écrasent des fleurs jaunes entre deux roches.

Ces élèves de l'école environnementale fabriquent de la peinture naturelle à partir de fleurs qu'ils ont fait sécher.

Photo : Radio-Canada / Elise Lacombe

Pas de suivi formel

L’école ne fait pas de suivi officiel auprès des élèves sur leur rendement lors des examens du ministère en dixième année, mais le directeur adjoint, Randy Bates, les rencontre à la fin du secondaire. Il a constaté que leur taux de réussite est le même que celui de la population générale : autour de 90 %.

Ce que je constate, c'est que nos élèves deviennent bons pour apprendre. Ils comprennent comment apprendre et n’ont pas peur devant les nouveaux concepts qu’ils ne connaissent pas encore.

Randy Bates, directeur adjoint de l'école environnementale

L’enseignante de l’école environnementale Michelle Bouchard constate également que ses anciens élèves réussissent bien, peut-être même mieux que les autres.

« C’est parce qu’ils ont la confiance et ils ont de la ténacité. Et, comme nous n’avons pas toutes les réponses ici, c’est vraiment une culture d’apprentissage. Ils ne cherchent pas toujours la réponse d’un adulte, ils peuvent chercher leur réponse eux-mêmes », explique l’enseignante.

Trois fillettes à une table, à l'extérieur, en train de colorier des dessins qu'elles ont préalablement peints.

Les trois filles de l'école environnementale mettent la touche finale à leur oeuvre d'art faite entre autres avec la peinture qu'elles ont fabriquée avec des plantes.

Photo : Radio-Canada / Elise Lacombe

 Premiers arrivés, premiers servis

L’école publique qui a ouvert ses portes il y a huit ans connaît tellement de succès qu’il y a environ 200 élèves sur sa liste d’attente. Il sont choisis selon leur ordre d'arrivée, comme dans les autres écoles de la Commission scolaire de Maple Ridge.

Mère confiante

Le fils de Marnie Wu ne fait que commencer sa première année à l’école environnementale, mais sa mère ne s’inquiète pas pour lui à long terme. « Je suis à l’aise avec toute transition. Ici, ils apprennent par l’expérience, donc ils s’adaptent très bien. »

Elle croit que la majorité des enfants de l’école environnementale choisiront des métiers qui se pratiquent à l’extérieur, connectés avec l’environnement. « Avec la crise climatique, nous aurons besoin d’eux. Ces enfants comprennent la situation actuelle. »

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