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La fonte des glaciers, aussi inquiétante que celle des calottes polaires, estime l’ONU

En avant-plan, un glacier qui fond. En arrière plan, un cours d'eau avec de gros morceaux de glace.

Il existe environ 200 000 glaciers sur la Terre, et le fait qu'il soient petits en comparaison avec les calottes glaciaires les rend spécialement vulnérables aux températures qui montent.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Agence France-Presse

Le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines a des conséquences dramatiques sur l'ensemble de la cryosphère qui regroupe banquises, glaciers, calottes polaires et pergélisol, affirme l’ONU dans un rapport qui sera publié à la fin septembre, mais dont l’AFP a obtenu les principales conclusions.

D'après le projet de rapport officiel de la prochaine session du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), les calottes du Groenland et de l'Antarctique ont perdu plus de 400 milliards de tonnes de masse par an dans la décennie précédant 2015.

Cela correspond à une hausse du niveau de la mer de près de 1,2 millimètre chaque année.

Mais les glaciers des montagnes ont eux aussi perdu près de 280 milliards de tonnes de glace annuellement à la même période, augmentant le niveau de la mer de 0,77 mm supplémentaire chaque année.

Au cours des 100 dernières années, 35 % de la hausse du niveau de la mer dans le monde était dû à la fonte des glaciers, a affirmé à l'AFP Anders Levermann, professeur de climatologie à l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique.

Il existe environ 200 000 glaciers sur la Terre et le fait qu'il soient petits en comparaison avec les calottes glaciaires les rend spécialement vulnérables aux températures qui montent.

Les glaciers de l'Himalaya sont des sources d'eau cruciales pour 250 millions d'habitants dans les vallées avoisinantes et alimentent les rivières desquelles dépendent 1,6 milliard de personnes supplémentaires pour la nourriture, l'énergie et les revenus.

Une étude évoquée dans le rapport du GIEC prévient que les glaciers des grandes montagnes asiatiques pourraient perdre plus d'un tiers de leur glace, même si les humains font baisser les émissions de gaz à effet de serre et limitent le réchauffement climatique à 1,5 °C.

Une économie mondiale qui continue pendant des décennies d'être axée sur les combustibles fossiles pourrait provoquer une perte de deux tiers de glace.

L'eau potable sera touchée, l'agriculture aussi, soit des millions et des millions de gens.

Harjeet Singh, de l'ONG ActionAid
Le mont Everest.

Au moins le tiers des glaciers aura disparu d'ici la fin du siècle dans l'Himalaya.

Photo : Reuters / Gopal Chitrakar

Le résumé du GIEC précise que des zones du centre et de l'ouest de l'Himalaya font déjà face à une baisse palpable de la quantité d'eau pour l'irrigation.

Le texte prévient aussi que dans les régions dotées d'une faible couverture glaciaire, dont l'Europe centrale, l'Asie du Nord et la Scandinavie, les glaciers seront réduits de 80 % en 2100 d'après les projections.

Une étude menée cette année par des scientifiques en Suisse a mis en garde contre les émissions incontrôlées qui pourraient provoquer la disparition de plus de 90 % des glaciers alpins à la fin du siècle.

D'après Harry Zekollari, de la Delft University of Technology, aux Pays-Bas, la plupart des gens ne sont pas conscients de l'importance de ces structures de glace géantes.

Un glacier est un réservoir. Un glacier en bonne santé fond généralement en été et devient un peu plus grand en hiver. Cela veut dire que lorsque les gens ont le plus besoin d'eau, ils vont la chercher du glacier.

Harry Zekollari, de la Delft University of Technology, aux Pays-Bas

Les habitants de La Paz, capitale administrative de la Bolivie, obtiennent pas moins de 30 % de leur eau des glaciers des Andes durant les mois secs de l'hiver. Mais en 2016, près de 100 quartiers étaient privés totalement d'eau pour plus d'un mois, c'était comme un film d'horreur venu du futur, a indiqué à l'AFP Marcos Andrade, directeur du Laboratoire de physique atmosphérique à l'Université San Andrés. Les gens étaient en train de se battre entre eux pour l'eau.

Le paradoxe est qu'actuellement, on a davantage d'eau des glaciers à cause de leur fonte et les agriculteurs ne se rendent peut-être pas compte de ça, selon M. Andrade. Les choses vont aller pour le mieux pour eux en ce moment. Mais une fois que l'eau deviendra rare, on se battra pour ce bien.

D'après le GIEC, la fonte des glaces continuera probablement d'augmenter à court terme avant de baisser à la fin du siècle, ce qui se traduira par plus de glissements de terrain, d'avalanches et d'eau polluée.

Principales autres conclusions du rapport

  • Les océans ont absorbé environ un quart des émissions de gaz à effet de serre produits par les humains depuis les années 1980. Comme résultat, ils sont plus chauds, plus acides et moins salés.
  • La concentration d'oxygène dans les milieux marins a baissé de 2 % en 60 ans.
  • La fréquence, l'intensité et l'étendue des vagues de chaleur marines comme celles qui ont ravagé la Grande Barrière de corail australienne ont augmenté. Les coraux, dont un demi-milliard de personnes dépendent pour leur nourriture et leur protection, ne devraient pas survivre à un réchauffement de surface de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
  • Un doublement des fréquences de phénomènes El Niño extrêmes — qui déclenchent des feux de forêt, provoquent des maladies et ont des effets sur les cyclones – est attendu si les émissions ne sont pas réduites.
  • Le niveau des océans va croître durant les siècles à venir, quelles que soient les mesures prises. Par rapport à la fin du 20e siècle, le niveau des océans devrait augmenter de 43 cm environ (29-59 cm) d'ici 2100 si le réchauffement global est maintenu à 2 °C. Il augmentera de 84 cm (61-110 cm) si les tendances actuelles se poursuivent, qui pourraient aboutir à un réchauffement global de 3 °C ou 4 °C.
  • Au 22e siècle, le rythme d'élévation du niveau des mers pourrait s'accroître, de 3,6 millimètres par an aujourd'hui, à « plusieurs centimètres ».
  • Les dommages causés par les inondations pourraient augmenter de 100 à 1000 fois d'ici 2100.
  • Les réserves alimentaires dans des eaux tropicales peu profondes pourraient décroître de 40 %, en raison du réchauffement et de l'acidification.
  • La hausse du niveau des mers pourrait déplacer 280 millions de personnes, dans un scénario optimiste d'une hausse de 2 °C de la température mondiale par rapport à l'ère préindustrielle.
  • Avec l'augmentation prévisible de la fréquence des cyclones, de nombreuses mégapoles côtières, mais aussi de petites nations insulaires, seraient frappées d'inondation chaque année à partir de 2050.
  • L'élévation des mers forcera les régions côtières à prendre des mesures d'adaptation, les pays riches étant plus aptes à assurer une protection à leurs mégalopoles que les pays en développement, où les catégories les plus pauvres devraient se replier vers des terres plus en altitude, devenant des réfugiés du climat.
  • Globalement, 20 % à 90 % des zones humides devraient être perdues d'ici 2100, en raison de l'élévation prévue du niveau des mers.
  • Entre un tiers et 99 % du pergélisol, cette couche de sol censé être gelé en permanence, pourrait dégeler d'ici 2100 si le réchauffement climatique continue au rythme actuel, relâchant encore plus de gaz à effet de serre. Dans un scénario optimiste, la zone impactée pourrait être limitée.

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