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Radio-Canada appuie l'idée d'une aide aux médias privés

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Photo: Radio-Canada / Ivanoh Demers
Images génériques d’écran de l’application de Radio-Canada, ordinateurs, téléphones, Tablettes, médias. 

Photo prise à Montréal, Québec, Canada.

Sur la photo: (Gauche à droite)

LE 29 AOUT 2019  2014 2019/08/29

Le reportage de Louis-Philippe Ouimet

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mathias Marchal

Radio-Canada appuie l’idée d’une aide gouvernementale de transition pour les médias privés et communautaires, a déclaré en mêlée de presse Michel Bissonnette, vice-président principal des Services français de Radio-Canada, qui était entendu jeudi matin par la commission sur l'avenir des médias.

Radio-Canada est favorable à une éventuelle aide du gouvernement, quelle qu’en soit la forme, dans la mesure où celle-ci respecte l’indépendance journalistique, l’intérêt public et le bien commun, a ensuite déclaré M. Bissonnette lors de son allocution. Il a précisé que son organisation n'était pas candidate à une telle aide.

Invitée à dire où se situait la barre de l'indépendance journalistique nécessaire, Luce Julien, directrice générale de l'information de Radio-Canada a notamment évoqué le respect de normes journalistiques très rigoureuses, la présence d'un mur de Chine entre la direction d'un média et sa salle de presse, voire la présence d'un ombudsman ou l'adhésion au Conseil de presse.

Selon un sondage réalisé il y a quelques années par le professeur en journalisme de l'Université d'Ottawa Marc-François Bernier, 32 % des 397 journalistes interrogés avaient déclaré que les revenus publicitaires influençaient le contenu de leur média.

Comme élu, votre responsabilité est de nous amener vers une plus grande diversité, plutôt que vers une plus grande concentration.

Michel Bissonnette, vice-président principal des Services français de Radio-Canada
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Présentation de Radio-Canada devant la commission parlementaire sur l'avenir des médias à Québec

M. Bissonnette rejoint ainsi la position adoptée cette semaine par les patrons de presse tels que ceux de La Presse, Capitales Médias, Le Devoir, Cogeco et Métro Média. La seule note discordante étant venue du président de Québecor, Pierre Karl Péladeau, qui a comparé mercredi certains éditeurs à des quêteux.

Invité à commenter cette déclaration, le dirigeant de Radio-Canada a souligné que les dirigeants de Québecor ont aussi déclaré que si l’aide était offerte de façon normative, c’est-à-dire à tout le monde, qu’ils souscriraient à cette approche-là.

Même si Radio-Canada dépend du gouvernement fédéral, Michel Bissonnette offre la collaboration de son organisation, que ce soit en termes de partage de contenus sur certains marchés, de partage ponctuel de ressources pour des enquêtes, voire au niveau publicitaire.

Deux solitudes, mêmes combats

Les audiences ont souvent tourné jusqu'ici autour des meilleures façons de soutenir les médias sans fausser la concurrence ou gaspiller des fonds publics, ainsi que sur l’urgence de taxer les géants du web sans attendre Ottawa, et de plafonner les achats publicitaires gouvernementaux sur leurs plateformes.

Du côté anglophone, le constat est le même. Rien que les 12 derniers mois, le quotidien Montreal Gazette a perdu 18 % de ses revenus publicitaires, a souligné Lucinda Chodan, l’éditrice du journal. Fondé en 1779, le quotidien était déjà publié au moment de la mort de Mozart et de la défaite de Napoléon à Waterloo.

Ces dernières années, les changements ont été alarmants, a mentionné Mme Chodan qui a ajouté que les quatre opérations de compression des effectifs vécues depuis 2013 ont fait diminuer de moitié la taille de la salle de rédaction.

Si la tendance se maintient, des mesures encore plus draconiennes s'avéreront nécessaires, a souligné l’éditrice du plus vieux journal au Québec. Elle recommande d’avancer de façon unie au Canada pour demander la taxation des géants du web et d’offrir un taux de déduction plus élevé pour les entreprises ou les organisations qui décident de diffuser leur publicité dans un média québécois.

La direction de Montreal Gazette s’est déclarée en faveur de l’instauration de crédits d’impôt sur la masse salariale et pour la diminution ou la suppression de la contribution des journaux au recyclage qui a coûté 320 000 $ au journal en 2018.

Autres idées :

  • Créer l’agence Télé-Québec. Filiale de Télé-Québec, cette plateforme de production et de diffusion d’information locale et régionale viendrait combler les « déserts médiatiques ». Elle offrirait aussi gratuitement son contenu aux autres médias du Québec.
  • Urbania recommande de verser une partie de la TVQ déjà collectée pour les achats de services numériques (abonnements à Internet, à la téléphonie mobile, à Netflix, achat de publicité sur Google et Facebook, etc.) pour financer un fonds des médias du Québec.

Défense du Publisac

Lors de leur passage devant la commission, les dirigeants de TC Transcontinental ont défendu le concept de distribution des hebdos locaux par la voie du Publisac. Ce dernier est sur la sellette dans plusieurs municipalités, notamment pour des raisons environnementales.

Un hypothétique abonnement [au lieu de la distribution automatique], ce serait la fin du Publisac et donc la fin des hebdos.

François Olivier, président et chef de la direction de TC Transcontinental.

M. Olivier a indiqué que ce mode de distribution était trois à cinq fois moins cher qu’avec Postes Canada et qu’un nouveau sac québécois 100 % recyclable et 100 % recyclé serait bientôt sur le marché.

De son côté, le président de TC Média, Pierre Marcoux, a raconté comment un magazine comme Les Affaires arrivait à survivre, malgré la chute des revenus publicitaires, en utilisant sa notoriété pour organiser des conférences payantes. Il a toutefois précisé que cette initiative ne compensera pas la décroissance des revenus. Transcontinental recommande, en outre, un élargissement de l'aide aux médias spécialisés.

Tournée en région

Les audiences de la commission se déroulent jusqu’à vendredi. Parmi les intervenants à l'horaire, on retrouve le Cégep de Jonquière, qui offre un programme de communications dans les médias, l'École des médias de l'Université du Québec à Montréal et Colette Brin, professeure titulaire au Département d'information et de communication de l'Université Laval et directrice du Centre d'études sur les médias.

À la mi-septembre, la commission se déplacera à Matane et à Rouyn-Noranda pour entendre les représentants d’hebdos, de radios et de télévisions communautaires en région.

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Le défi des médias en régions

Les élus membres de la Commission de la culture et de l’éducation souhaitent dresser un portrait complet de la situation des médias et établir des pistes de solutions pour ce qui est du financement des médias, de la valorisation de l’information régionale et de l’émergence de modèles numériques viables.

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