•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Modèle coopératif : « il faut se débarrasser de nos œillères », selon le patron du Droit

La façade de l'immeuble abritant les bureaux du journal « Le Droit »

Les bureaux du journal « Le Droit », à Ottawa (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au bord du précipice, les employés du Groupe Capitales Médias (GCM) ont voté pour que leur syndicat mette sur pied un plan d’affaires coopératif. Si certains critiquent cette avenue, le patron du quotidien Le Droit croit qu’il faut considérer tous les scénarios pour éviter le pire.

La publicité est disparue à 80 %, c’est donc dire que le modèle d’affaires, il faut en trouver un autre, a reconnu Pierre-Paul Noreau, président-éditeur du quotidien ottavien, en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau, mercredi.

Dans un tel modèle coopératif, les employés pourraient détenir au total de 10 à 15 % des actions du groupe, selon la présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), Pascale St-Onge.

Entrevue avec Pierre-Paul Noreau, président-éditeur du journal Le Droit

Dès [que le gouvernement du Québec] aura annoncé ses mesures de soutien, il faudra que quelqu’un se manifeste ou que les employés eux-mêmes reprennent ça en main, a également noté M. Noreau.

Il faut regarder devant nous avec les œillères très larges. Il faut se débarrasser de nos œillères et ouvrir nos bras à toutes sortes de solutions.

Pierre-Paul Noreau, président-éditeur du journal Le Droit

Une fausse bonne idée?

Malgré l’optimisme dont a fait preuve M. Noreau, mercredi, certains observateurs doutent de la viabilité d’un modèle coopératif pour le Groupe Capitales Médias.

Si on a déjà des difficultés financières dans la situation actuelle, en quoi un modèle de copropriété avec les journalistes avec les employés améliore-t-il le bilan financier? s’est interrogé le professeur au Département de communication de l’Université d’Ottawa Pierre C. Bélanger.

Ce dernier a toutefois reconnu qu'une coopérative pourrait bien être une partie d'une solution plus large.

Une coopérative représente aussi une pression indue sur les salariés, d’après le directeur général de la Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides, Patrick Duguay.

Investir uniquement par les travailleurs, c’est faire reposer sur les épaules de ces employés-là [...] un modèle d’affaires essoufflé, a-t-il noté.

Un modèle coopératif au quotidien Le Droit?

En attendant un changement de propriétaire et de nouvelles mesures d’aide de la province, Le Droit a lancé un appel de soutien à ses lecteurs. Selon M. Noreau, 425 d’entre eux se sont manifestés en 24 heures pour offrir une contribution volontaire au quotidien.

Ce qui est fou, c’est que nos revenus publicitaires ne sont pas là, mais notre lectorat, lui, est là, a observé le président-éditeur du Droit.

Avec les informations de Florence Ngué-No et Mathieu Nadon

Ottawa-Gatineau

Médias