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Comment réglementer les téléphones cellulaires dans les écoles?

Un groupe d'adolescents.

Photo : iStock

Chloé Dioré de Périgny

Alors que la rentrée scolaire approche, des établissements scolaires remettent en question l'encadrement des téléphones intelligents. Diverses méthodes sont adoptées, dépendamment des écoles, allant du bannissement des appareils électroniques dans les salles de classe à un cas par cas décidé par les enseignants.

Chez nous, on n’arrête pas les élèves dans les couloirs pour l’utilisation d’un cellulaire, déclare Dale Normandeau, directeur du Centre scolaire Léo-Rémillard.

Après avoir travaillé dans des établissements où les appareils électroniques étaient bannis, il doute que cette méthode soit efficace. On passait beaucoup de temps à faire la police des appareils, lance-t-il.

Retirer des appareils sans cesse parce qu’un élève a regardé l’heure ou un texte, ça crée des conflits plus qu’être une bonne résolution, ajoute le directeur.

Depuis cinq ans, l’établissement laisse libre les élèves d’utiliser leurs appareils dans les bibliothèques, les couloirs, etc. Pendant les cours, leur usage est laissé à la discrétion des professeurs.

C’est dangereux parce qu’on ne sait jamais quel enseignant va les enlever, ça change la dynamique dans l'école si tous les enseignants ne sont pas d’accord, rétorque à cela Stéphany Halikas, enseignante au secondaire à l’École Saint-Joachim, où cette méthode à fait l'objet d'un essai.

Depuis près d’un an, l’établissement scolaire où elle travaille a uniformisé le règlement : les téléphones intelligents sont déposés dans un panier au début des cours et récupérés par les élèves à leur sortie.

Les jeunes n’ont pas besoin d’avoir accès à leur téléphone, leurs amis sont avec eux dans la classe, ils peuvent se parler s’ils ont besoin, dit-elle.

Une meilleure concentration?

En 2015, une étude (Nouvelle fenêtre) britannique de la London School of Economics and Political Sciences révélait que les élèves qui ont des difficultés en classe ont de meilleurs résultats aux examens lorsque leur téléphone intelligent est banni des salles de classe.

Stephany Halikas témoigne en effet de la meilleure concentration et de la meilleure participation des élèves de sa classe, depuis que les téléphones sont récupérés au début des cours.

C’est difficile d’avoir leur attention, alors si on est en compétition avec leur téléphone ce n’est pas gagné, dit-elle.

Le directeur du Centre scolaire Léo-Rémillard estime quant à lui que si un élève est distrait, il peut aussi bien l’être par un téléphone que par n’importe quel autre objet.

Thierry Karsenti, professeur à l’Université de Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation, considère de son côté que bannir les téléphones cellulaires dans les écoles est une mauvaise façon de régler le problème.

Cela pourrait même être contre-productif en incitant les élèves à braver les interdits.

Ce n'est pas comme interdire le port d’un vêtement, le problème est beaucoup plus complexe que cela. Les jeunes vivent constamment avec le numérique, ils sont constamment branchés, il faut les aider à développer des habitudes de vie saine.

Thierry Karsenti, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation

Le téléphone portable c’est peut-être plus puissant que ce qui a permis à Neil Armstrong d'atterrir sur la lune il y a 50 ans, on le donne à des enfants sans manuel d’instruction et avec peu de directives et on s’étonne de l’usage qu’ils en font, ajoute le professeur.

Selon lui, le mandat principal des écoles est d’éduquer et non d’interdire. Au lieu de diaboliser les téléphones intelligents, il conseille aux instituteurs de mettre en avant leurs usages éducatifs et de leur montrer comment les utiliser avec parcimonie.

Manitoba

Éducation