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Le nouveau test de maths pourrait empirer la pénurie d'enseignants francophones

Une enseignante écrit au tableau

À partir de l'an prochain, les étudiants en enseignement devront passer un test de maths pour obtenir leur diplôme en Ontario.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le test de mathématiques que les nouveaux enseignants devront passer pour obtenir leur diplôme en Ontario pourrait accroître davantage le manque d'enseignants francophones dans la province.

Le nouveau test de maths sera obligatoire pour tous les étudiants qui s'inscrivent en enseignement à compter du 31 mars 2020.

Nous croyons qu’il est essentiel que tous les enseignants ontariens aient ces qualifications, a affirmé le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, soulignant que le taux de réussite des élèves en maths est en baisse.

Il n'a pas voulu confirmer pour l'instant que la note de passage au test pour les enseignants serait de 70 %.

Toutefois, selon la professeure Mary Reid de l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario, ce genre de test obligatoire pour les enseignants n'a pas fait augmenter les résultats des élèves aux États-Unis.

Elle s'interroge sur la raison d'être de la mesure. Je ne vois pas comment avoir à résoudre des équations quadratiques va aider un enseignant d'art dramatique, lance-t-elle.

D'autant plus, ajoute-t-elle, que ce test risque de dissuader des jeunes de faire carrière en enseignement, particulièrement parmi les minorités visibles si l'on se fie aux données recueillies aux États-Unis pour les candidats noirs et latino-américains.

Le problème pourrait être particulièrement criant pour ce qui est des enseignants de langue française. Ça va exacerber la pénurie [actuelle], selon la professeure Reid.

Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Stephen Lecce, reconnait le manque d'enseignants francophones et dit qu'il travaillera avec les conseils scolaires et les représentants de la communauté francophone pour s'assurer de ne pas exacerber ce problème, en particulier dans les régions rurales.

Les francophones plus performants en mathématiques

Selon les données de l'Office de la qualité et de la responsabilité en éducation de l'Ontario pour l'année scolaire 2018-2019, la moyenne des élèves francophones en mathématiques est de loin supérieure à celle des élèves anglophones.

Tableau présentant les taux de réussite en mathématiques des élèves de l'Ontario pour l'année scolaire 2018-2019.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Taux de réussite en mathématiques des élèves de l'Ontario pour l'année scolaire 2018-2019

Photo : Radio-Canada

Une performance soulignée par le ministre de l'Éducation, qui dit vouloir s'inspirer des façons de faire des commissions scolaires francophones, ajoutant que ce test fait partie d'une nouvelle stratégie globale sur les mathématiques, pour laquelle l'Ontario investira 200 millions $ sur quatre ans.

Le président de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, invite entre autres le ministre à se pencher sur l'importance de la communication en mathématiques, qui explique selon lui le succès des élèves francophones dans le domaine de la mise en pratique des mathématiques.

Une solution simpliste pour l'AEFO

Le président de l'AEFO estime qu'imposer des tests de mathématique est une solution simpliste.

Les enseignants se lance dans un domaine ou un autre, et lorsqu'on parle d'élémentaire, on parle maternelle, jardin, on parle du cycle primaire également et on ne croit pas qu'un test sur les compétences de 11e année en mathématique est important, a déclaré Rémi Sabourin, qui craint que ce test vienne décourager les enseignants.

Un homme dans un studio parle à la caméra.

Le président de l'AEFO, Rémi Sabourin, a qualifié cette mesure de «solution simpliste».

Photo : Radio-Canada

C'est un peu de la rhétorique politique de mettre ça sur le dos des enseignants.

Rémi Sabourin, président de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens

On a une pénurie. La profession a perdu un peu ses lettres de noblesse. Donc, on veut s’assurer de pouvoir attirer les meilleurs candidats et d’ajouter un test à la sortie, on ne pense pas que ça va rendre la profession encore plus alléchante. On a d’excellents pédagogues en Ontario, comme le démontrent nos résultats. Je pense que c’est important que l’on continue dans cette veine-là. Il y a encore beaucoup à faire, mais ça doit se faire basé sur la recherche et non sur une rhétorique politique.

Des parents en faveur

Le regroupement Parents Engaged in Education croit, au contraire, que le gouvernement se devait d'agir face aux piètres résultats des élèves ontariens en mathématiques.

Pour la directrice du groupe de parents, Theresa Pasquale, il est vrai qu'un enseignant de la maternelle n'a peut-être pas besoin de connaissances approfondies en maths, mais ce dernier ne restera pas nécessairement en maternelle durant l'ensemble de sa carrière.

Nous voulons que tous nos enseignants soient munis des aptitudes nécessaires pour guider nos enfants, dit-elle.

Mme Pasquale pense toutefois qu'il pourrait y avoir un test pour les enseignants du primaire et un autre, pour ceux du secondaire, compte tenu des différences dans les compétences nécessaires.

Pour sa part, la députée néo-démocrate Marit Stiles affirme que le gouvernement Ford fait fausse route s'il pense aider les élèves à avoir de meilleurs résultats en maths, tout en éliminant des centaines de postes d'enseignants.

Les enfants qui ont de la difficulté en maths ont besoin de plus d'appui en classe, pas moins, dit-elle.

Avec les informations de CBC News

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