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Du corail de l’Atlantique reproduit en laboratoire pour la première fois

Gros plan sur un corail à colonnes.

Dans la nature, le corail à colonnes est pratiquement éteint.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Radio-Canada

Une espèce de corail de l’Atlantique, qui peuple certaines zones côtières des Caraïbes et de la Floride, a été reproduite artificiellement dans le laboratoire de l’aquarium de Floride d’Apollo Beach, aux États-Unis.

Cette percée, réalisée par la biologiste Keri O'Neill et ses collègues, pourrait permettre la reproduction du corail à colonnes (Dendrogyra cylindricus), et ainsi restaurer les récifs de l’espèce à l’état sauvage qui sont grandement menacés de disparition.

Du corail à colonnes dans un aquarium.

Du corail à colonnes (« Dendrogyra cylindricus ») quelques jours seulement avant que les animaux fraient dans un aquarium pour la première fois.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Les scientifiques ont emprunté les techniques développées par un laboratoire britannique, qui ont déjà permis d’induire le frai de 18 espèces de coraux du Pacifique.

Des œufs s'élèvent près d'un corail « Dendrogyra cylindricus » alors qu'il fraie pour la première fois avec succès dans un aquarium.

Des œufs s'élèvent près d'un corail « Dendrogyra cylindricus » alors qu'il fraie pour la première fois avec succès dans un aquarium.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

L’équipe américaine envisage d’utiliser sa nouvelle expertise pour créer de nouvelles colonies de coraux capables de repeupler un jour le système de récifs de Floride, décimé au cours des dernières décennies par le changement climatique, la pollution et les maladies.

C’est vraiment l’avenir de la restauration des coraux en Floride et dans le monde.

Keri O’Neil, biologiste

Nous pourrons faire cela pour des dizaines d'espèces, et cela ouvrira un monde de nouvelles possibilités, explique la biologiste.

Les coraux cultivés créeront, selon les chercheurs, des populations encore plus fortes que les colonies existantes, car chaque individu sera élevé avec de nouvelles caractéristiques génétiques qui les rendront plus résistantes.

Reproduction difficile

Réussir à inciter les coraux à libérer leurs œufs et leur sperme dans des aquariums implique de contrôler minutieusement un environnement artificiel. Il devient ainsi possible de reproduire leur habitat naturel océanique au cours d'un cycle de reproduction d'une durée d'un an.

Le corail à colonnes est inondé de lumière.

Le contrôle de la lumière est important dans la reproduction du corail à colonnes.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Une opération qui nécessite une régulation des changements de température de l’eau selon les saisons et l’utilisation d’un éclairage spécial pour imiter les cycles du lever, du coucher du soleil et même de la lune, qui servent de signaux biologiques au corail pour se préparer à frayer.

La collaboration entre les installations de Floride et de Londres sur le projet a débuté en 2017, alors que l'état des récifs de Floride s’aggravait en raison de la propagation d’une maladie corallienne méconnue (Stony Coral Tissue Loss Disease).

Dans la nature, le corail à colonnes est pratiquement éteint, car les colonies restantes de mâles et de femelles sont trop dispersées pour se reproduire.

La biologiste Keri O'Neill se tient devant un aquarium de coraux à colonnes.

La biologiste Keri O'Neill devant un aquarium de coraux à colonnes

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Les coraux sont un type d'animal marin invertébré vivant généralement dans des colonies de minuscules polypes ressemblant à des poches, qui se nourrissent en filtrant l'eau de mer à travers un ensemble de tentacules entourant l'ouverture de la bouche centrale.

Les polypes sécrètent un exosquelette dur de carbonate de calcium qui se forme au fil des années. Celui-ci forme des récifs coralliens qui servent d'habitat essentiel à la vie marine tropicale et aident à protéger le littoral en absorbant l'énergie des vagues des ouragans et autres tempêtes.

Les coraux sont très sensibles aux changements de la température de l'eau, et le grand récif de Floride, à l'instar d'autres grands récifs du monde, se dégrade depuis des années au fur et à mesure que la mer se réchauffe.

Cependant, la menace accrue posée par cette maladie de la perte de tissu corallien, détectée pour la première fois en 2014, a suscité des modifications de la loi, ce qui a permis aux scientifiques de commencer à collecter des fragments de corail protégé à des fins de recherche en laboratoire.

Les 180 spécimens de l'aquarium de Floride ont été recueillis, grâce à une autorisation du sanctuaire marin national des Florida Keys, par des scientifiques du laboratoire marin de Keys et de la Nova Southeastern University. Trente d’entre eux étaient utilisés dans l’aquarium de frai.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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Faune marine

Science