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Le mouvement antivaccination fait de la désinformation selon le ministre Cardy

Un homme dépose sur une table une valise dans une salle bondée de gens.

Le ministre Dominic Cardy a été le premier à témoigner devant le Comité permanent de modification des lois de l’Assemblée législative à Fredericton mardi matin.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, a ouvert trois jours de consultations publiques sur la vaccination obligatoire des élèves en accusant le mouvement antivaccins de brouiller les esprits.

Son gouvernement a déposé le projet de loi 39 qui exigera, s'il est adopté, que les élèves fréquentant une école publique ou une garderie éducative agréée au Nouveau-Brunswick produisent soit une preuve d’immunisation, soit une exemption médicale au moyen d’un formulaire signé par un professionnel de la santé. Il vise aussi à supprimer les exemptions non médicales en matière de vaccination.

Mardi, mercredi et jeudi, le Comité permanent de modification des lois de l’Assemblée législative entendra les arguments des défenseurs et des opposants à la vaccination.

Le ministre Cardy a ouvert le bal en menant une charge à fond de train contre ceux qui prétendent que les effets secondaires des vaccins dépassent leurs bienfaits et qu'on cache de l'information à la population à ce sujet.

Ces gens font circuler de l'information trompeuse, a-t-il dit. Si vous croyez aux décisions basées sur des faits, il faut considérer les faits et ces derniers sont très clairs : il ne fait aucun doute que les vaccins sont sûrs!

M. Cardy a aussi tenu tête, mardi, à des Américains qui se sont déplacés devant le comité pour s'opposer au projet.

C'est les efforts d'un groupe qui est bien fondé. Ils ont beaucoup de ressources et beaucoup d'argent. Ils essaient de pousser leur idée contre les vaccins aux États-Unis et ailleurs. Ils n'ont pas de crédibilité scientifique et ils sont un danger pour le public.

Dominic Cardy, ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick

En avril, le ministre avait fait part de sa frustration envers le mouvement antivaccin. Il avait alors demandé aux parents du Nouveau-Brunswick de faire vacciner leurs enfants.

Lors de son témoignage mardi, il a précisé que selon les dernières données disponibles, 1,6 % des élèves ont bénéficié des exemptions prévues par la politique de vaccination de son ministère. Si le taux d'exemption devait atteindre 2 %, a-t-il précisé, il n'y aurait pas une couverture suffisante de la population pour empêcher la propagation de maladies infectieuses.

De nombreux témoins

Plusieurs organismes reconnus et professionnels de la santé seront entendus lors de ces audiences. Le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, le Dr Serge Melanson, la médecin-hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell, et le défenseur des enfants, des jeunes et des aînés, Normand Bossé, témoigneront au cours de ces consultations.

Des gens assis dans une salle d'audience.

Il y a plus de gens que d'habitude, aux audiences du comité de modification des lois.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Dans une déclaration publiée plus tôt ce mois-ci, la société médicale de la province a affirmé appuyer les changements proposés par le projet de loi 39.

L’immunisation contre les maladies transmissibles est importante pour tout le monde, y compris ceux qui ont une exemption médicale qui les empêche d’obtenir un vaccin. Lorsque de vastes groupes de gens sont vaccinés, ils créent une immunité collective. En d’autres mots, la vaccination contre des maladies comme la rougeole aide à protéger tout le monde, avait déclaré le Dr Melanson par communiqué. Il doit témoigner en début d'après-midi mardi.

Plusieurs organismes et personnes qui s'opposent à la vaccination obligatoire participeront aussi à la consultation publique. C’est le cas de Dena Churchill, une ancienne chiropraticienne de la Nouvelle-Écosse.

Mme Churchill a été accusée par son organisation professionnelle de 15 fautes graves et de conduite indigne d’une chiropraticienne. Les allégations se rapportaient à des théories concernant la vaccination et l’immunisation, deux sujets qui sont hors du champ de compétence de la chiropractie.

Une dame assise à l'avant de plusieurs rangées de chaises où d'autres personnes prennent place.

Dena Churchill (à droite), une ancienne chiropraticienne de la Nouvelle-Écosse, s'oppose à la vaccination obligatoire.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Le Collège des chiropraticiens de la Nouvelle-Écosse l’a condamnée à payer une amende de 100 000 $.

Mme Churchill a par ailleurs fermé sa pratique en plus d’avoir reconnu plus tôt cette année qu’elle était professionnellement incompétente, et que cette incompétence découlait d’une incapacité mentale. Elle compte aussi, d’après sa page Facebook, mener une manifestation durant les audiences.

Elle était présente aux audiences, mardi matin. Sans la nommer, Dominic Cardy a fait allusion à son cas, en rappelant qu'elle avait perdu son permis de pratique.

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Nouveau-Brunswick

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