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  • 1961 : la commission Parent amorce une révolution tranquille dans l’enseignement au Québec

    Sur une table se trouvent les premiers volumes publiés de la commission Parent.

    Le rapport de la commission Parent a eu un impact considérable sur l'évolution du système d'éducation québécois.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    En 1961, le gouvernement de Jean Lesage crée une Commission royale d’enquête sur l’enseignement pour réformer le système d’éducation de la province. Les journalistes de Radio-Canada ont suivi son évolution et son impact.

    Rattraper le retard du Québec

    Nous voulons faire le point. Nous voulons connaître la situation exacte. Nous voulons découvrir les faits pertinents et découvrir les lacunes. Et, à partir des recommandations des enquêteurs, là le gouvernement sera en mesure d’effectuer ou d’instaurer les réformes nécessaires.

    Extrait d’un discours du premier ministre du Québec Jean Lesage, 1961.

    Discours de Jean Lesage, 1961

    En 1961, le premier ministre du Québec Jean Lesage prononce un discours aux accents nationalistes à l’hôtel Le Reine Elizabeth de Montréal que capte une caméra de Radio-Canada.

    Cette allocution annonce notamment qu’une commission royale d’enquête sur l’état de la situation de l’enseignement au Québec sera créée.

    Sa présidence est confiée au vice-recteur de l’Université Laval, monseigneur Alphonse-Marie Parent.

    Depuis juillet 1960, le gouvernement Lesage avait commencé à adopter des lois favorisant la réforme de l’éducation au Québec. Ces lois sont connues sous le nom de Grande Charte de l’éducation.

    Jean Lesage et son gouvernement ont un objectif très clair.

    Il s’agit de combler le retard des Québécois, particulièrement les francophones, en ce qui concerne la scolarisation.

    À l’aube des années 1960, seulement 13 % des jeunes Québécois francophones terminaient leur 11e année.

    À peine 4% fréquentaient l’université. Ce chiffre était de 11% pour les anglophones du Québec.

    De plus, certaines institutions d’enseignement au Québec sont désuètes.

    On entend beaucoup de critiques, notamment en ce qui concerne les collèges classiques.

    Le gouvernement Lesage souhaite aussi corriger les disparités interrégionales qui hypothèquent l'avancement du Québec.

    C’est donc à un vaste chantier de réformes que s’attellent monseigneur Parent et ses commissaires le 24 mars 1961.

    Une réforme profonde et durable

    Les premiers volumes du rapport de la commission Parent sont publiés en 1963.

    Ses quelque 500 recommandations visent à démocratiser l’éducation dans l'ensemble de la province.

    Voici les éléments clés :

    • École obligatoire gratuite jusqu’à 15 ans et jusqu'à la 11e année
    • Abolition des collèges classiques
    • Création des polyvalentes et des cégeps pour les études préuniversitaires
    • Création du réseau de l’Université du Québec dans l’ensemble du Québec
    • Établissement d’un régime de prêts et bourses pour les étudiants aux niveaux collégial et universitaire
    • Création d’un ministère de l’Éducation

    Le 8 mai  1963, l’animateur Raymond Laplante de l’émission Droit de cité interviewe monseigneur Parent sur ce nouveau ministère de l'Éducation.

    Le prélat rejette tout d’abord une critique souvent entendue sur cette recommandation.

    Droit de cité, 8 mai 1963

    Selon certains, un ministère dédié uniquement à l'éducation favorisa l’ingérence du politique dans l'enseignement.

    Monseigneur Parent ne craint pas cette intervention des politiciens.

    Au contraire, selon lui, il est essentiel que les orientations de l’éducation soient discutées par le cabinet et l’Assemblée législative de même que par les citoyens lors des élections.

    C’est la nature même de la démocratie, croit monseigneur Parent.

    Raymond Laplante interroge ensuite Paul Gérin-Lajoie, qui deviendra le premier ministre de l’Éducation du Québec.

    Celui qui alors était ministre de la Jeunesse dans le cabinet Lesage souligne la nécessité de réformer l’éducation au Québec pour répondre aux besoins du monde moderne.

    Paul Gérin-Lajoie énumère également certains des défis posés par la réforme de l’éducation.

    Trois ans plus tard, le journaliste Claude-Jean Devirieux constate l’ampleur des efforts qu’implique la réforme de l’éducation dans un reportage qu’il présente à Camera 66 le 7 février 1966.

    Caméra 66, 7 février 1966

    Le journaliste détaille notamment l’Opération 55.

    Cette dernière devait son nom aux 55 commissions scolaires qui dorénavant encadreront l’éducation des catholiques au Québec.

    L’Opération 55 d’envergure nationale multiplie les chantiers d’où émergent de nouvelles écoles, des polyvalentes et des cégeps qui remplacent les collèges classiques.

    Le reportage souligne par ailleurs que la réforme provoque une crise de croissance dans le milieu de l’éducation.

    L’obligation d’être scolarisé jusqu’à 15 ans dans toutes les régions du Québec double en quatre ans le nombre d’élèves dans les écoles secondaires publiques.

    Avec l’augmentation normale de la population, il y a 1,6 million d'élèves dans les écoles primaires et secondaires de la province.

    Et ce nombre progresse de 9,8 % par année!

    Aussitôt construites les écoles sont déjà trop petites.

    En 1964, le gouvernement du Québec consacrait 415 millions dans son budget à l'éducation. Québec prévoit consacrer 24 milliards 436 millions de dollars pour l'éducation durant l'année financière 2019-2020.

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