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C'est fini pour la série de livres Millénium

Claire Foy regarde sur le côté tout en marchant ans la neige.

L'actrice Claire Foy dans une scène du film « Millénium : ce qui ne me tue pas », adapté de la série de livres Millénium.

Photo : Sony Pictures

Radio-Canada

La publication du roman La fille qui doit mourir met un point final à la populaire série criminelle suédoise Millénium, créée par Stieg Larsson et vendue à 100 millions d'exemplaires dans le monde.

Après ce sixième volet, pour moi, c'est fini, a assuré à l'AFP l'auteur David Lagercrantz. Sur son site, l'éditeur suédois Nordstedts l'affirme : ce tome 6 est l'ultime volet de la série Millénium.

Mettant notamment en scène le personnage de la pirate informatique Lisbeth Salander, la série de romans policiers Millénium constitue une passionnante critique sociale de la Suède contemporaine, de la menace du progrès technologique pour les libertés et des violences faites aux femmes.

Stieg Larsson puis David Lagercrantz à l'écriture

La saga Millénium a été imaginée par Stieg Larsson, un journaliste d'investigation spécialiste des mouvements d'extrême droite, mort d'une crise cardiaque en 2004 juste après avoir rendu les trois premiers manuscrits.

Photo de la couverture du livre, qui est noire avec le titre écrit en rouge vif.

« La fille qui devait mourir » est le sixième tome de la saga Millénium.

Photo : Facebook/Actes Sud

Larsson ne connaîtra ni l'immense succès de librairie de ses polars nordiques, ni leurs adaptations au cinéma et en bande dessinée, ni la bataille juridique entre ses ayants droit et sa compagne.

Les trois premiers tomes – Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, et La reine dans le palais des courants d'air – ont été publiés en 2005, 2006 et 2007.

Ensuite, c'est l'auteur à succès David Lagercrantz qui a repris la plume avec la bénédiction du frère et du père de Larsson.

Ce qui ne me tue pas (2015) et La fille qui rendait coup pour coup (2017) se vendront à 14 millions d'exemplaires.

Lisbeth Salander, une antihéroïne

Millénium, c'est d'abord Lisbeth Salander, pirate de génie, antihéroïne punk, enfant martyr victime de violences conjugales, asociale et bisexuelle, qui rend une justice de l'ombre, expéditive et définitive.

Son double masculin est le journaliste d'investigation Mikael Blomkvist, animateur de la revue Millenium, auquel Stieg Larsson a prêté ses obsessions, son goût pour les archives et les nomenclatures, son aversion envers le matérialisme et l'abus de pouvoir.

Je suis convaincu que Lisbeth est immortelle et qu'elle va continuer à vivre d'une manière ou d'une autre à la télé, au cinéma ou dans d'autres livres.

David Lagercrantz, écrivain

Pas de regret pour David Lagercrantz

La compagne de Stieg Larsson, Eva Gabrielsson, s'était insurgée quand Lagercrantz, fils d'un intellectuel des beaux quartiers, avait repris la série imaginée par un journaliste militant d'origine provinciale très engagé à gauche et qui dédaignait les mondanités.

Exclue de sa succession, car ils n'étaient pas mariés, elle n'avait pas obtenu gain de cause.

David Lagercrantz, lui, n'a aucun regret.

Avec le recul, j'ai bien fait de continuer [l'œuvre de Stieg Larsson], cela a mis en lumière [ses] livres et [son] action politique.

David Lagercrantz

Le quinquagénaire compte utiliser sa tournée de promotion pour évoquer les menaces contre la démocratie.

Portrait de David Lagercrantz, vêtu d'un manteau dans les tons de gris.

L'écrivain David Lagercrantz à Stockholm, en Suède, en 2017

Photo : Reuters / Ilze Filks

Larsson, qui écrivait pour le magazine antiraciste suédois Expo et vivait sous la menace constante des groupuscules néonazis, avait compris avant tout le monde les dangers de l'extrême droite, souligne-t-il.

Biographe du joueur de soccer Zlatan Ibrahimovic et du mathématicien Alan Turing, David Lagercrantz veut tourner la page Millénium.

Trois livres, c'était juste ce qu'il me fallait, si j'avais continué, cela aurait été plus par habitude, estime le romancier. C'est énorme, et je suis heureux d'avoir pu approfondir le mythe, ajoute-t-il.

Un accueil critique mitigé pour ce dernier opus

Dans La fille qui doit mourir, Lisbeth est à Moscou pour régler les dettes de famille sur fond de fausses informations, de trolls, de manipulations génétiques et de persécution des homosexuels en Tchétchénie.

Le livre, paru la semaine dernière, a fait l'objet d'un accueil critique mitigé.C'est une fin tout à fait acceptable [...], mais maintenant ça suffit, a jugé le quotidien suédois Svenska Dagbladet, tandis que Le Monde estime que l'épilogue boucle parfaitement ce qui doit l'être.

Avec les informations de Agence France-Presse

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