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Un parc éolien marin inédit au Canada bientôt dans les eaux de Haida Gwaii?

Des éoliennes dans l'eau photographiées en contre-jour sous un ciel nuageux couleur sépia

Un parc d'éolien marin d'une trentaine de turbines pourrait voir le jour dans le détroit d'Hécate de l'archipel de Haida Gwaii.

Photo : The Canadian Press / Heribert Proeppe

Maud Cucchi

Un projet d’éoliennes en mer attend la signature d’un accord final pour ériger ses premières turbines dans le détroit d'Hécate, entre Haida Gwaii et Prince-Rupert. Ce secteur de la Colombie-Britannique propice aux vents forts et constants offre les conditions météorologiques idéales au développement de cette énergie marine.

Les gouvernements provinciaux et fédéraux ont déjà donné leur approbation pour la construction d’un parc qui produirait près de 400 MW à partir d’une trentaine de turbines dès la première phase du projet.

Ce parc pourrait alimenter en électricité près de 200 000 foyers de la province.

C’est la première fois qu’un projet d’énergie éolienne verrait le jour en mer, au Canada, alors que l’Europe exploite cette énergie dans ses eaux littorales depuis plus de 25 ans.

Un rapport de l’Office national de l’énergie datant de 2018 dénonce le fait que plusieurs technologies renouvelables n’ont toujours pas réussi à percer le marché au Canada alors qu’elles se sont imposées ailleurs et ont le potentiel de jouer un rôle beaucoup plus important dans le portefeuille énergétique du Canada.

Le projet de l’entreprise NaiKun, établie à Vancouver, a été lancé il y a plus d’une décennie sans toutefois parvenir à se concrétiser. La technologie n’était pas au rendez-vous, mais aujourd’hui elle l’est, justifie le président et PDG de NaiKun, Mike O’Connor.

Ce dernier vante les nombreux atouts environnementaux et économiques de l’éolien marin présenté comme une solution alternative aux énergies fossiles.

Des arbres longent une plage et des vagues du détroit d'Hécate.

Le détroit d'Hécate, en Colombie-Britannique, pourrait être la toute première région à accueillir l'énergie éolienne marine au Canada.

Photo : Radio-Canada / Justin McElroy

Il met également en avant la compétitivité économique de l’éolien marin dont les prix ont presque baissé de moitié en une décennie. Il estime que le prix actuel serait inférieur à 100 $ du mégawattheure (MWh).

On est compétitif par rapport à tout ce qui se fait, sauf peut-être le gaz naturel, mais je pense qu’au cours des prochaines années, le prix du gaz naturel va augmenter et on deviendra compétitif dans le cadre d’un contrat d’achat à long terme.

Mike O’Connor, président et PDG de NaiKun.

La construction du projet dans le détroit d’Hécate pourrait être finalisée en deux mois, avance-t-il.

Mike O’Connor mise sur l’avenir prometteur de l’énergie électrique. Il l'imagine nécessaire pour les voitures, en passant par les énergies plus vertes des habitations et les industries appelées à se détourner des énergies fossiles.

La nation haida réticente au projet

L’ancien chef de la nation haida, Roy Jones Jr., se souvient des premiers échanges avec NaiKun, plutôt froids : Beaucoup de pêcheurs aînés n’ont pas apprécié quand ça a été abordé au début, dit-il. Les chefs héréditaires sont complètement contre.

Ils ont envoyé une délégation de la nation haida en Angleterre (où se situait le siège de la compagnie intéressée), il y avait des conseillers, des citoyens préoccupés, des chefs héréditaires. Ils sont revenus tout enchantés et quand ils ont rencontré la communauté, elle a dit non, se souvient-il.

Beaucoup de gens ont voté contre, car nous avons beaucoup de biens dans l’océan.

Roy Jones Jr., ex-chef de la nation haida entre 2001 et 2003.

Il y a 10 ans, nous n’avons pas bien agi avec la nation haida, reconnaît Mike O’Connor. Nous pensons qu’avec notre nouveau partenaire, qui comprend très bien les choses, la façon dont la nation haida participe au projet est cruciale pour avancer.

Cette fois, les arguments de séduction pour courtiser l’aval de la nation haida ne manquent pas : une participation à la propriété, des redevances, les possibilités d’emplois, énumère le PDG de NaiKun.

Les représentants actuels de la nation haida n'ont pas répondu favorablement à une demande d'entrevue de Radio-Canada.

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