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  • Envoyé spécial
  • Emmanuel Macron ambitionne d’être au centre du monde

    Emmanuel Macron.

    Le président français Emmanuel Macron était l'hôte du Sommet du G7 qui s'est déroulé de samedi à lundi à Biarritz.

    Photo : Reuters / POOL New

    Yanik Dumont Baron

    Le président français semble avoir réussi son pari. Un Sommet du G7 sous le signe de la collaboration, sans les déchirements qui ont entaché la fin de la dernière rencontre, à La Malbaie, dans Charlevoix. L’unité n’est certes pas parfaite, mais Emmanuel Macron a été capable d’en tirer profit.

    Les Français disent qu’il « tombe la veste ». Il l’enlève. L’air déterminé, Emmanuel Macron a retiré son veston deux matins de suite en descendant l’escalier de marbre d’un ancien casino converti en centre de conférence.

    Un geste probablement calculé pour plaire aux caméras qui l’attendaient. Une image de chef d’État prêt à retrousser ses manches, qui ne ménagera pas les efforts pour s’attaquer aux grands problèmes du monde.

    Le G7 de Biarritz, c’était en quelque sorte LE sommet d’Emmanuel Macron. Une occasion en or de bonifier son image de défenseur du multilatéralisme, d’acteur incontournable sur la scène internationale.

    Il menait les réunions en anglais, la langue des affaires, des transactions. C’est aussi une langue comprise par tous les dirigeants. Un geste pour faciliter les discussions.

    À Biarritz, il a été question du climat, de l’Amazonie, des relations tendues avec la Chine, des inégalités économiques en Afrique et de l’avenir des océans.

    À chaque problème, le président Macron semblait voir une solution, un consensus qui ferait avancer les choses. Une façon de montrer l’utilité de ce G7 qui ne représente plus les sept plus grandes économies de la planète.

    Une façon aussi de tenter de ramener la France au centre du jeu diplomatique international.

    Un jeu d’équilibriste

    Tout au long du sommet, Emmanuel Macron a marché sur un fil de fer. En public, il a fait attention de ne pas froisser son homologue américain. De le flatter dans le sens du poil.

    C’est bien sûr par Donald Trump que plusieurs des grandes crises actuelles sont arrivées. Mais c’est aussi par sa Maison-Blanche que passent les solutions. Interlocuteur incontournable avec qui Emmanuel Macron semble avoir développé un très bon rapport.

    À propos des tensions dans le golfe Persique, de la guerre commerciale avec la Chine, d’une taxe mondiale sur les géants du numérique, le président français a composé avec les positions américaines.

    Emmanuel Macron a trouvé des terrains d’entente avec Donald Trump, ciblé des problèmes communs, comme le besoin de réformer les règles qui encadrent le commerce international.

    Une façon de montrer au président américain qu’il a des alliés dans ce club de dirigeants, d’ordinaire rompus au multilatéralisme.

    Jeu d’équilibriste, parce que Donald Trump a fréquemment dénoncé cette collaboration entre États, s’est souvent présenté comme le défenseur des seuls intérêts américains.

    Une manœuvre pour sortir de l’impasse

    À Biarritz, les dirigeants ont parlé de manière positive des gestes parfois impulsifs de leur homologue américain sans mentionner que Donald Trump était souvent à la base des problèmes qu’ils tentent aujourd'hui de régler.

    À Biarritz, la fermeté américaine devant le régime iranien était affichée comme un atout. Le préalable à des discussions pour apaiser les tensions dans le golfe Persique.

    L’arrivée inattendue du ministre iranien des Affaires étrangères en territoire basque, dimanche, a servi deux objectifs : détourner l’attention des controverses provoquées par les nombreuses déclarations du président américain et ramener l’éclairage sur les efforts diplomatiques français.

    Emmanuel Macron a présenté une rencontre éventuelle entre les présidents iraniens et américains comme un gage de détente entre deux adversaires de longue date.

    Biarritz, assure-t-il, a réuni « les conditions pour cette rencontre » entre Donald Trump et le président iranien Hassan Rohani.

    « Il faut être très humble », rappelle Emmanuel Macron, un avertissement qui vaut aussi pour ce président qui espère se transformer en interlocuteur d’importance pour les grandes crises internationales.

    Relations internationales

    International